Accéder au contenu principal

Tommy Taylor and the ship that sank twice


... Le pitch est assez simple : Il était une fois Alan Milne, le créateur de Winnie l'Ourson, qui disparaît en laissant seul son fils Christopher Milne. Ce fils dont il s'est inspiré pour créer le personnage de Christopher Robin, le jeune héros de ses romans à succès, romans peuplés des propres peluches de son fils.   
Une série de romans au succès phénoménal, qui s'est interrompu au 13ème tome sur un cliffhanger insoutenable.
Depuis, le jeune homme ne fait pas grand-chose d'intéressant de sa vie à part capitaliser sur sa célébrité en faisant des tournées de dédicaces et des interventions lors de conférences dédiées au personnage inventé par son père.
Jusqu'au jour où, lors de l'une de ces conférences, son identité est mise en doute :
Est-il bien celui qu'il dit être ?
Ou se peut-il qu'il soit réellement le personnage des romans, et qu'il se serait échappé des pages des livres ?
"Unwritten est en quelques sorte une méta-fiction, une histoire sur les histoires. Ça nous va. Mais on ne veut pas être mis dans la même catégorie que ces textes où les lois de cause et de conséquence sont jetées par la fenêtre et où finalement rien ne compte car "c'est juste une histoire".

Notre thème est : comment les histoires se forment et ont un impact sur le monde, comment et a quel point la réalité est fragile face à une très bonne narration. Donc beaucoup de nos personnages sont des conteurs, et d'autres se sont retrouvés avec des histoires lancées sur eux." Mike Carey in SCARCE #74   
Les vrais Tigrou, Grand Gourou, Winnie, Bouriquet & Porcinet 
Maintenant, à la place de Christopher Robin mettez un jeune sorcier adolescent avec des lunettes, sosie de Timothy Hunter, et répondant au nom de Tommy Taylor (et à la place de Christopher Milne mettez Tom Taylor son alter ego réel (?)).
Remplacez Alan Milne par Wilson Taylor, ainsi que Winnie, Tigrou, Bouriquet etc.  par la jeune Sue Sparrow, son ami Peter Price et le chat ailé Mingus ; vous aurez alors le point de départ de la série The Unwritten, sous-titrée en français "Entre les lignes". 
Une série créée sous le label Vertigo de l'éditeur DC Comics par Mike Carey & Peter Gross justement dessinateur de The Books of Magic où apparaît Timothy Hunter.

Après cette rencontre avec Lizzie Hexam qui met à mal son identité, Tom Taylor va alors se rendre à la villa Diodati en Suisse, dernier lieu connu où a séjourné son père, et maison qui en 1816 a abrité Lord Byron, Mary Shelley, Percy Shelley et John Polidori. 
C'est lors de ce week-end pluvieux de 1816 que furent rédigés Frankenstein, premier roman de science-fiction et The Vampyre ; incidemment le pire ennemi de Tommy Taylor dans les romans de Wilson Taylor est lui aussi un vampire le comte Ambrosio
Jérémy Manesse qui a traduit en français les deux premiers recueils (n°01 à 05, et 06 à 12) en 2011 pour l'éditeur Panini, a expliqué que The Unwritten faisait probablement référence selon lui, à ce qui n'est pas dit explicitement dans les livres en général, à tout ce qui est sens caché, à tout ce qui est laissé à l'imagination du lecteur : d'où le sous-titre qu'il a choisi Entre les lignes.

Dans cette optique, ce unwritten me fait penser à la théorie de l'iceberg selon Ernest Hemingway (circa 1920).
Hemingway a décidé de prendre le contre-pied de la tradition littéraire d'alors, de la méthode dite naturaliste où, les auteurs, poussés par leur souci d'objectivité à décrire la réalité dans une optique béhavioriste, clinique, accumulaient les détails concrets, extérieurs ; laissant aux lecteurs le soins d'inférer les émotions des personnages et de réagir eux-mêmes à ces stimulis.  
Mais pour Hemingway, qui veut aussi être objectif le tri est nécessaire.
L'omission systématique, la compression des détails sont aussi nécessaires et naturelles à la littérature que la partie cachée de l'iceberg est nécessaire à sa stabilité, et à l'existence même de la partie visible au-dessus de l'eau. 
C'est cet équilibre qui me semble-t-il a été perturbé lorsque Tom Taylor, poussé par les questions de Lizzie Hexam tente d'en savoir plus sur lui.
Ou peut-être tout cela était-il déjà en cours ? 
Depuis fin 2011, aucune traduction de cette série n'a paru et je me demande s'il y en aura une, et quand ?
Après avoir rongé mon frein durant tout ce temps, j'ai sauté le pas et profité de la parution outre-Atlantique du graphic novel (c'est-à-dire l'équivalent d'un album pensé comme tel, et non la compilation de numéros paru initialement par exemple sur un rythme mensuel) Tommy Taylor and the ship that sank twice pour renouer avec la série, mais cette fois-ci en V.O.
160 pages dont j'avais vu quelque part qu'elles étaient un bon point de départ pour un nouveau lecteur, ce que je ne suis pas vraiment, mais j'avais un peu d'appréhension à relire les douze premiers numéros, allez savoir pourquoi !  

Cet album est en quelque sorte une prequel à la série ; elle offre en parallèle une aventure de Tommy Taylor qui rappellera les aventures d'un autre célèbre jeune sorcier et la création par Wilson Taylor de son personnage alors qu'en même temps sa "compagne" est enceinte et va donner naissance à Tom Taylor son fils.
Ce récit mêle avec talent l'humour, les quiproquos, l'horreur, une réflexion sur la création, l’amitié, le courage, bref c'est une histoire tout simplement magnifique.
Une histoire qui ne peut que donner envie de lire la série et/ou de s'y replonger.
Requin Ludovicien

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

The Words

...The Words (Les Mots) est un film qui avait tout pour me séduire : le roman en tant qu'élément principal, des acteurs que j'aime bien ; Dennis Quaid, Jeremy Irons, J. K. Simmons et Bradley Cooper. Éléments supplémentaire l'histoire se révèle être une histoire dans l'hisitoire. Ou plus exactement un roman à propos de l'écriture d'un roman, écrit par un autre ; entre fiction et réalité. 

Je m'explique.

Clay Hammon fait une lecture public de son dernier livre The Words dans lequel un jeune auteur, Rory Jansen, en mal de reconnaissance tente vaille que vaille de placer son roman chez différents éditeurs. Cet homme vit avec une très belle jeune femme et il est entouré d'une famille aimante. Finalement il va se construire une vie somme toute agréable mais loin de ce qu'il envisageait. Au cours de sa lune de miel, à Paris, son épouse va lui offrir une vieille serviette en cuir découverte chez un antiquaire, pour dit-elle qu'il y mette son manuscrit. Ca…

Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spiroude 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par Philippe Manœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant. Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82.

Bonne lecture.







Lisa Lyon

.. Lisa Lyon la sculpturale culturiste des années 80 pose pour vous ....





Quelques photographies supplémentaires ici, réservées à un public majeur.