mardi 16 février 2016

Le Livre de Fatalis (Brubaker/Raimondi)

... Ed Bubaker a déjà exprimé son intérêt pour la faune bigarrée des pulp magazines des années 1920/1930, où les justiciers masqués côtoient la "scientifiction" et le weird sans aucun complexe : dans la série Iron Fist avec la création d'Orson Randall ou encore avec Incognito.
Avec les origines du docteur Fatalis il récidive.
Fatalis est un personnage hors du commun, et Ed Brubaker ne l'oublie pas ; non seulement il offre une histoire captivante, même si on la connaît déjà plus ou moins, mais en plus il y met la forme.
Ainsi sont récit est-il émaillé d'inserts où des témoins justifient ou renforcent le propre récit de Fatalis.
Spécialiste de la littérature dans sa veine la plus Noire, celle où la vie est un piège et la destinée un guet-apens, Brubaker devait un jour ou l'autre écrire sur Victor von Fatalis.
Cependant il ne se contente pas de dérouler la biographie (même non-autorisée) du célèbre super villain, il y ajoute son "tour de main".
Ces origines ne sont pas une simple resucée mais, à l'instar du nombre d'or, toujours le même mais capable d'engendrer les figures les plus variées en leur conférant une originalité et une personnalité toujours nouvelle, il agit de même avec le concept éculé de "l'origine". 

Et il s'en tire haut la main. 

... Secondé dans son entreprise par Pablo Raimondi, Mike Farmer (principalement) à l'encrage et Brian Rebeur à la colorisation, les six numéros (regroupés dans le Marvel Mega (Panini) n°30 (décembre 2006), proposent un divertissement mainstream entre la machine à standardiser et l'originalité créatrice c'est-à-dire avec la singularité d'un regard et d'un style.
En définitive le meilleur de ce qui peut se lire aujourd'hui dans l'univers des super-héros, quadrant de l'imaginaire sévèrement sinistrés'il en est. [-_ô]

4 commentaires:

  1. Merci pour ce billet, Artie, voilà qui me rappelle d'excellents souvenirs : j'avais beaucoup aimé ce boulot de Brubaker, au final aussi simple qu'astucieux. Il me semble en outre que Brubaker a bien compris (à l'instar d'un Alan Moore sur "Killing Joke") qu'entourer les origines des vilains d'une aura de doute et de semi-vérités collaient bien à la personnalité de ces persos...

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    1. Avec plaisir, et tout à fait d'accord avec ton analyse !

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    2. Moi non plus, mais on doit le trouver assez facilement. [-_ô]

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