Accéder au contenu principal

Santa Muerte [Gabino Iglesias / Pierre Szczeciner]

Gabino Iglesias est un nouveau venu dans la littérature de genre à qui on ne la raconte pas. Surnommé par Jerry Stahl le «Palahniuk du barrio », l'adepte de la fonte venu de Puerto Rico revendique dans ses romans une violence omniprésente, une intrigue fortement colorée de multiculturalisme et la tchache qui va avec. Et dernière condition non négociable ; le récit doit intégrer une dimension mystique, quitte à méchamment flirter avec le fantastique.
Et pour ne pas faire les choses à moitié, Gabino Iglesias s'inscrit dans sa propre veine créative qu'il appelle - forcément - le « barrio noir» !
« Santa Muerte », son premier roman traduit (chez Sonatine™) permettra à quiconque le souhaite de se faire son propre jugement sur ledit genre. 
            Fernando est un immigré illégal mexicain qui survit à Austin au Texas, en vendant de la drogue. Dès le début du court roman d'Iglesias il est kidnappé. Relâché il va devoir délivrer un message à son employeur.
À partir de là rien n'arrivera de surprenant, hormis, justement ce qui fait de mon point de vue l'originalité du récit en question. Un aspect par ailleurs clairement revendiqué par l'auteur (et le créateur du « barrio noir »), la dimension mystique. 
« Ogún oko dara obaniché aguanile ichegún iré »
            Si on devait enlever cet ingrédient on aurait un bon roman, plutôt violent, enlevé, et divertissant. Ce qui est déjà pas mal du tout.
Mais Gabino Iglesias en introduisant une bonne dose de religion et de superstition, livre une histoire tout à fait singulière. 
Singularité renforcée par un sacré sens de l'humour.
Qui ne sera pas de trop vu la violence que les uns et les autres s'infligeront.
            Un premier roman qui passe haut la main l'épreuve du feu, et les premiers pas d'un sous-genre romanesque très prometteur.
Nul doute que son deuxième roman (Les Lamentations du coyote) confirmera l'excellente impression laissée par « Santa Muerte ».
Je ne crois pas avoir besoin de signaler le très beau travail de Rémi Pépin pour la couverture du roman. Sinon pour dire qu'il n'y a pas tromperie sur la marchandise.

Commentaires

  1. Bonjour. Me ferait penser à un auteur mexicain de polars mais faudrait que je le lise.
    C’est quelle langue que tu cites en italique?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sûrement du yoruba.
      Si tu te rappelles l'auteur auquel t'a fait penser celui-ci, je suis preneur.

      Supprimer
  2. J’aurais pensé de prime abord à un roman de Paco Ignacio Il, mais chez lui ça se déroule au Mexique,alors que là c’est plutôt dans un barrio latino du Texas.
    Mais je vais le lire car ça touche au thème du migrant entre autres et ça a l’air bien déjanté. Merci pour l’info.


    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

David Galula et la théorie de la contre-insurrection [Driss Ghali]

D avid G alula (1919-1967) est un stratégiste français, passé par Saint-Cyr , qui a participé à la seconde Guerre Mondiale, et à la guerre d'Algérie.             Attaché d'ambassade en C hine auprès du colonel J acques G uillermaz à partir de 1945, puis membre de la commission spéciale des Nations Unies dans les Balkans , il a l'occasion d'observer de très près la guerilla qu'y livre M ao T sè- T oung, ainsi que la guerre civile grecque. De 1951 à 1956 il est attaché militaire à H ong-Kong où il rencontre notamment des spécialistes américains et anglais de la contre-insurrection. Laquelle deviendra son champ d'expertise, fort de ce qu'il a appris en Chine et en Grèce .             De 1956 à 1958, il mettra en pratique ses théories en Algérie où il est affecté, et plus précisément dans le djebel Mimoun , en Grande Kabylie .          ...

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Interdit en Allemagne , ce qui lui a fait profiter de l’Effet Streisand™ (du moins sur X ® ) Citizen Vigilante est donc le dernier film en date du réalisateur allemand U we B oll - « le pire des meilleurs réalisateurs ou le meilleur des pires réalisateurs », a-t-on pu dire de lui.              L’argument du film est celui-ci : un riche Américain, Sanders ( A rmie H ammer, impeccable comme le reste de la distribution), ex-militaire, décide de palier l’incurie du système judiciaire d’un pays d’ Europe en appliquant une justice expéditive en dehors de tout cadre légal ( vigilantism ).              Compte tenu du courage politique d’ U we B oll, son film ne fera pas parler de lui. À l’instar cela dit, de ce qu'il montre.  Car B oll s’attaque à une « vache sacrée » des démocraties occidentales : la surreprésentation de l’immigration de masse dans les crimes et délits. Mais aussi et surtout, la protection dont bénéf...