Accéder au contenu principal

Pourquoi le Dr Manhattan est-il bleu ?

... Évacuons immédiatement une possible filiation avec les Schtroumpfs, un slip trop serré (puisque le Dr Manhattan en porte rarement), ou une cuisson trop légère (quoique de la cuisson à ma théorie il n'y a qu'un clin d'œil) pour nous intéresser à un artiste du  milieu du vingtième siècle, un artiste français de surcroît, peintre de son état.

L'art c'est la santé
 

... Judoka de haut niveau, peintre, sculpteur, performer, mystique, inventeur de l'IKB ( International Klein Blue), artiste avant-gardiste Yves Klein est aussi une influence majeure dans la création du Dr Manhattan.



... le Dr Manhattan est l'un des personnages inventés par Alan Moore, Dave Gibbons & John Higgins pour prendre part à la maxi-série de bande dessinée connue sous le nom de Watchmen (Les Gardiens), inspiré du Captain Atom des Charlton Comics.


Ce que l'on ne savait pas c'est que la couleur du personnage a certainement été inspiré par les monochromes de l'artiste français et sa célèbre invention le "bleu Klein".  

Vous en doutez !?


Pourtant, outre le bleu la maxi-série Watchmen porte la marque de l'artiste.

Ses premiers monochromes datent de 1948, en 1956 il créé l'IKB, en 1958 ce sont les Anthropométries : des réalisation peintes avec des pinceaux vivants (brevet d'invention déposé à l'INPI) :


Puis en 1961 ce sont les premières "peintures de feu" réalisées au centre d'essais de Gaz de France ... (On remarquera que la période de créativité la plus intense du peintre correspond peu ou prou à celle que Jon Osterman passe dans le giron de la physique, pour finalement "renaître" en tant que Dr Manhattan).


Des peintures au résultat saisissant :


On le voit ici l'empreinte, la silhouette, la tache ont une importance capitale pour Yves Klein ; une importance que l'on retrouve dans Watchmen au travers de la silhouette des amants sur le mur non loin du kiosque à journaux qui rappelle bien entendu les traces laissés par les morts d'Hiroshima ou de Nagasaki sur les murs. 

Watchmen page 371
Ou encore le masque changeant de Rorschach ..

Anthropométrie d'Yves Kein

Voire la transformation de Jonathan Osterman en Dr Manhattan ; à droite un extrait de la page 106 de Watchmen de l'édition Delcourt, à gauche une Anthropométrie d'Yves Klein :


... Mais Yves Klein est aussi un sculpteur, et quand il tente le mariage alchimique de la sculpture, de l'IKB et de l'Anthropométrie on ne peut qu'être confondu devant le résultat ...




Étonnifiant, non !?

Pour ceux qui trouvent ma théorie tirée par les cheveux, n'oubliez pas que le Dr Manhattan n'en a pas de cheveux.

Je remercie Alain Jaubert de m'avoir prêté sa voix, et de me faire découvrir l'art sous un jour nouveau grâce à son émission Palettes.

Commentaires

  1. C'était tellement trop beau pour être vrai que j'ai cru que c'était un poisson d'avril précoce. Eh bien, non, vérification faite (homme de peu de foi que je suis), tout est vrai.

    Il est *fort*, Artie.

    RépondreSupprimer
  2. http://i66.servimg.com/u/f66/12/06/03/05/acid_p10.jpg

    Gaz de France ?http://recresouvenirs.free.fr/methanie.html

    Je plaisante,article éminemment interessant.

    RépondreSupprimer
  3. Décidément, avec Watchmen, on en découvre tous les jour...

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Le téléphone de M. Harrigan [Stephen King / Jean Esch]

Première nouvelle sur les quatre que contient le dernier recueil de S tephen K ing commercialisé en France, « Le téléphone de M. Harrigan » est un joli tour de force.             Superficiellement inoffensive, K ing y joue avec un cliché des histoires d'épouvante auquel n'importe quel aficionados du genre a déjà pensé, « Le téléphone de M. Harrigan » vaut surtout pour le portrait très naturaliste d'un enfant et des ses relations proches. Cela dit, les quelques coups de fils que Craig passera à monsieur Harrigan , et le malaise qui s'ensuivra, ne sont en aucun cas des pièces rapportées qui jurent avec le reste. La nouvelle est au contraire un ensemble très homogène, où l'incursion du surnaturelle appuie là où il faut.             Paradoxalement, alors que l'histoire se déroule au XXI ème siècle, l'impression de se retrouver au cœur des années 1950 ne m'a pas quitté durant toute ma lecture. Du moins des fifties idéalisées ; celles d'une société éta

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

VURT [Jeff Noon / Marc Voline]

La réputation est, comme chacun sait, la somme des malentendus qu’on accumule.              Récipiendaire, en 1994, d’un prix Arthur C. Clarke © , pour son premier roman (dont il est ici question) publié l’année précédente chez Ringpull Press™, une maison d’édition mise sur pieds par les employés de la librairie où travaillait J eff N oon. Ce qui en fait de facto un roman Sf. Associé à la génération « Trash » made in I rvine W elsh & J ohn K ing. Comparé à W illiam G ibson le « pape » du cyberpunk™, J eff N oon est peut-être, surtout, un auteur « culte », à l’aune de ce que je sais de sa réception en France .  Du moins dans l’acception qui définit (ici) un romancier passé sous le radar des lecteurs, dont un petit comité entretient néanmoins la permanence dans l’une des plus obscures marges du quadrant de la culture.  Cela dit, pour qu’un auteur « culte » le soit, il faut bien évidemment qu’il ne le soit plus. Qu’il accède à une certaine notoriété, pour que ceux qui ne l’avaient p