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Intelligences [Philippe Pelaez / Hugo de Bénat / Gontran Toussaint]

            Sous-titré « Espionner. Manipuler. Trahir. » cet album au pitch attractif avait tout pour plaire : « Une équipe de la DGSI en charge du contre-espionnage iranien monte une opération conjointe avec le Mossad israélien. Mais dans ce monde fait d’ombres et de manipulations, les apparences sont souvent trompeuses. ». S'y ajoutait l'expérience d'un ancien agent du contre-espionnage sous pseudonyme - Hugo de Bénat - (Brr !!!), et celle du prolifique scénariste Philippe Pelaez ; ainsi que la promesse éditoriale d'une « captivante fiction politique ». 
            Avertissements aux lecteurs « Toutes ressemblance avec ...», précision : 
« Les auteurs de cette bande dessinée précisent qu'ils n'ont pas fait appel à des intelligences Artificielles Génératives dans la création de cette œuvre. », citation de Henry Kissinger, le contre-espionnage comparé au jeu de go (jeu dont parle la citation de Kissinger), définition du dictionnaire, cartes (voir supra), bref un préambule très didactique dans l'ensemble. 
Les auteurs ne sont visiblement pas là par hasard.  
Sans oublier un blurb de l'écrivain DOA : « Intelligences, avec sa lent et subtile construction, ses personnages concrets, loin des clichés habituels du genre, lève partiellement le voile sur cette dimension méconnue du travail des services secrets français de l'Intérieur, avec efficacité et réalisme. Que la partie commence. », dont l'expérience dans le (mauvais) genre n'est plus à faire.
             Une immersion efficace qui avait pour moi déjà commencée avec l'attrayante couverture de Gontran Toussaint, colorisée par Lea Chretien.
Deutsche Qualität !
            Si les deux premières planches nous emmènent en Syrie, à la frontière jordanienne, dans un camp de réfugiés ; la troisième s'intéresse à la rencontre d'un homme et d'une femmes à la terrasse d'un café parisien.
Et là, patatras !
            Je crois que je n'ai jamais lu de dialogues aussi maladroits, aussi peu naturels que ceux-ci (-dessus).
« Je ne pourrais pas rester très longtemps, je reprends mon service dans une heure à l'hôpital Necker. Ah la vie trépidante infirmière ! », ne manquait plus qu'elle dise à son interlocuteur (qui la connaît autant qu'elle le connait) dans quel service elle travaille <sourire>
Mais ça viendra.
Je vous laisse lire, mais je ne résiste pas à « Tout métier à sa routine. Même quand on est chargé d'enquête pour le ministère des Affaires étrangères. ». 
Mais qui parle comme ça ?  
Et je vous passe le « De quelle pathologie souffre-t-il ? ». « Pathologie », sans rire.
            Deux personnes qui se connaissent bien, comme ça semble donc le cas ici, parlent avec plus de relâchement, plus de spontanéité. Ils ne donnent pas autant de précisions. On dit par exemple « Qu'est-ce qu'il a ? ».
Et s'agissant d'un dialogue, on fait confiance au lecteur pour qu'il remplace les blancs : « Je ne pourrais pas rester très (pas) longtemps, je reprends mon service dans une heure à l'hôpital Necker. Ah la vie trépidante infirmière ! ».
Ici on dirait deux acteurs qui ânonnent leur texte. C'est tellement mauvais que je mes suis rappelé que les auteurs nous avaient déclaré ne pas avoir utilisé d'I.A. générative. Ils auraient peut-être dû. <sourire>
            Pour la faire courte, ma lecture c'est terminé avec cette planche.
Si Pelaez et de Bénant étaient à la peine sur un dialogue si simple, je ne donnais pas cher du reste.   

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