« The Fury of Firestorm » fait partie de la deuxième phase du « All In® » de DC Comics™, la bien nommée « Next Level » — à savoir : relancer des personnages sous-utilisés, voire de seconde zone, et leur offrir les services de quelques gros calibres de l'industrie de la BD U.S..
Firestorm se voit donc placé sous l'égide de Jeff LEMIRE, Rafael de LATORRE et Marcelo MAIOLO.
L'idée est toujours que ces nouvelles séries ouvrent leur porte à de nouveaux lecteurs. Or s'il ne s'agit ni de reboot, ni de relaunch et que la Continuité™ n'est pas effacée — l'argument de vente est d'être hautement reader-friendly !
Visiblement, après les 6 premiers numéros que j'ai lus, LEMIRE a pour objectif de traiter le personnage créé en 1978 sous l'angle de l'horreur. Et, nous précise en substance le scénariste, sous celui de la tragédie divine également : « La question que l'on pose dès le premier numéro est : que se passe-t-il quand Dieu n'a pas de conscience, pas d'humanité ? ».
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Dans la petite ville de Bedford (Colorado), Ronnie Raymond, alias Firestorm, devient incontrôlable et transforme les bâtiments et les habitants en verre, obligeant les autorités à faire appel à Lorraine Reilly alias Firehawk pour l'arrêter.
Dès le numéro 2 de la série (qui a vu son terme reculer jusqu'au n°15), le récit remonte dans le passé de Ronnie pour comprendre comment il est devenu Firestorm. Le numéro suivant m'a évoqué l'un des ressorts dramatiques qu'a utilisé Grant MORRISON pour sa Doom Patrol, et qui trouve son origine, pour Firestorm, dans la maxi-série intitulée Doomsday Clock.
Les lecteurs font ensuite connaissance avec la Matrix. Firehawk en apprend aussi beaucoup plus sur sa propre origine nucléaire. Et le professeur Martin Stein & Lorraine Reilly affrontent Firestorm.
La dernière page du sixième numéro, doublement évocatrice pour les aficionados, ne laissera pas non plus insensible les nouveaux venus (ou les moins avertis des lecteurs).
Dans sa newsletter Jeff LEMIRE a déclaré que le Firestorm de Gerry CONWAY & Pat BRODERICK était l'une de ses lectures favorites des eighties. Et qu'il voulait résoudre une contradiction de la Continuité™ du personnage, apparue lors de Doomsday Clock.
Lettre d'amour au passé du personnage donc, créé visuellement par Al MILGROM, mais aussi — comme de bien entendu, déconstruction dudit personnage.
De l'aveu même du scénariste, son premier numéro est un pilot ; il s'agit pour les nouveaux lecteurs de pouvoir entrer directement et sans fioritures dans la série — et de donner aux connaisseurs les références, clins d’œil et autres éléments que nous attendons.
Et c'est réussi !
Pour donner du poids à ses propos, le Canadien précise qu'il a apporté le projet à DC Comics™ (et non l'inverse). Et visiblement LEMIRE a fait ses devoirs, mais son histoire laisse transpirer quelque chose de plus : son amour du personnage.
Rafael de LATORRE au dessin et Marcelo MAIOLO à la colorisation font un travail fabuleux ; et rien que pour ça, « The Fury of Firestorm » vaut le coup d’œil.
Les 6 premiers numéros que j'ai lus — plutôt enthousiasmants, n'échappent cependant pas à la malédiction qui a frappé un paquet de scénaristes actuels, dont Jeff LEMIRE : leurs histoires manquent singulièrement de densité.
J'ai par exemple ressenti la même chose avec Deathstroke The Terminator de FLEECS & DI GIANDOMENICO.
L'absence totale de sous-intrigues (subplots) condamne le récit à une linéarité déconcertante. J'ai tourné les pages avec plaisir, sans jamais avoir le sentiment que l'histoire manquait de bonnes intentions ; mais j'aurais tant aimé davantage de matière, de profondeur et de pistes narratives pour enrichir l'ensemble.
L'histoire avance en ligne droite, sans aspérités ni digressions, ce qui rend la lecture extrêmement rapide vraiment trop rapide.
En fin de compte, on se retrouve face à un paradoxe : une bonne histoire, portée par de très bonnes intentions, un concept captivant et un personnage rare bien exploité, mais qui manque de consistance, faute d'avoir des intrigues secondaires pour nourrir et épaissir son univers.
Une lecture agréable donc, mais qui laisse un goût de trop peu.
(À suivre ......)
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