lundi 11 juillet 2011

Naissance d'une Nation (1)



La guerre de Sécession est un événement majeur qui nous définit tous, [...] qui a fait ce que nous sommes devenus, avec nos bons et nos mauvais côtés.
Shelby Foote, historien & écrivain


... Cette polarité de la société américaine que signale Shelby Foote se retrouve également dans l'appréciation du film de W. D. Griffith : d'un côté considéré comme un chef d'œuvre du cinéma, Naissance d'une Nation est aussi (surtout ?) un film  raciste.
Sorti en 1915, d'une durée de 3 heures, muet, Naissance d'une Nation (titre programmatique s'il en est) s'inspire du roman de Thomas Dixon Jr. The Clansman ; mais j'y reviendrai.

Dans un premier temps je vous propose un billet sur la première partie du film, qui lors de sa sortie d'ailleurs était proposé avec un entracte.

Or donc de polarité il en est aussi question dans le film lui-même puisque nous sont présentées deux familles : l'une les Stoneman, vivant au Nord et l'autre, les Cameron famille de planteurs du Sud ; cependant le récit va surtout nous faire découvrir le Sud en compagnie des fils  Stoneman qui viennent rendre visite à leur amis. Nous découvrons ainsi une vieille famille aristocrate, ses plantations de coton, ses esclaves le tout nimbé d'une certaine quiétude .... mais le feu couve comme l'a apprit le spectateur dés le début du film ..


Ainsi lors de cette visite il apparait que cette graine est prés d'éclore ...


Néanmoins tout cela n'empêche pas les Stoneman et les Cameron de se quitter plus que bons amis ; dans un climat de franche camaraderie pour les plus jeunes fils, et de romantisme pour les ainées puisque d'une part le plus âgé des Stoneman est devenu le soupirant de l'ainée des Cameron et que d'autre part, Ben Cameron est tombé amoureux de la sœur de Stoneman par l'intermédiaire d'une photographie qu'il gardera par ailleurs sur lui tout au long du conflit qui s'annonce.
Un conflit qui verra  par ailleurs se concrétiser la promesse de se revoir puisque les deux fils de chacune des familles se retrouveront sur le champ de bataille.




... Le Sud que l'on nous propose est un pays où comme je l'ai dit, il fait bon vivre, un endroit empreint d'un esprit aristocratique voire chevaleresque. Les esclaves semblent heureux de leur sort et cela malgré la dureté de leur travail. Un intertitre nous explique ainsi que leur journée de labeur est de 12 heures, ce qui ne les empêche pas de chanter et de danser lors de la visite des Stoneman et des Cameron.




Si en 1860 1 américain sur 7 est la propriété d'un autre américain, soit 4 millions de personnes, le film de William D. Griffith n'en souffle mot, au contraire dirais-je. Il nous présente l'inévitabiité de la guerre sous l'angle de la "cause perdue" c'est-à-dire le droit à l'indépendance des états et la défense de son économie.
La "cause perdue" c'est le mythe d'un vieux Sud dont le mode de vie est axé sur la Plantation.
En outre, parallèlement à la visite des fils Stoneman on voit leur père, Austin Stoneman un élu parlementaire ayant du caractère manipulé par sa gouvernante, une mulâtresse :


Il n'est pas dit clairement que la guerre de Sécession a pour origine les agissements de cette mulâtresse, mais il plane une ambiguïté qui ne dure guère si l'on se souvient que l'un des premier intertitre du long-métrage annonce que "l'arrivée des Africains en Amériques a semé la première graine de discorde".
Car si l'esclave du Sud sait se tenir, il n'en est pas de même pour le "nègre" du Nord ..


"S'il fallait citer le facteur déclenchant à l'origine de cette guerre ce serait à mon avis le fait que l'esclavage n'ait pas été remis en question lorsque les États-Unis se sont émancipés de la Grande-Bretagne."
Barbara Fields, historienne

Ainsi il est paradoxal que le film de David Wark Griffith qui pourtant s'attache à nous montrer qu'il n'hésite pas à nous restituer les moments historiques au plus proche de ce qu'ils étaient, et en le précisant sur les intertitres :

 
... ne se montre pas plus loquace sur les raisons du conflit.

... Cela étant si la première partie de Naissance d'une Nation se termine sur la mort de Lincoln, événement qui terrifie la famille sudiste des Cameron, et sur un Sud rendu exsangue après la guerre .....


 il reste, semble-t-il, un espoir.





Les interventions audio sont extraites de la série documentaire de Ken Burns The Civil War sur la guerre de Sécession.

4 commentaires:

  1. D'aucuns expliquent que l'esclavage était condamné à partir du moment où, avec l'industrialisation, on a réalisé qu'il était moins onéreux de verser un salaire que d'entretenir une main d’œuvre servile.

    J.-L. Rieupeyrout parle de Naissance d'une nation dans La Grande aventure du Western (1894-1964), éditions Ramsay (1987)

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  2. "Naissance d'un nation" est aussi le nom d'une statue blanche dans un parc de Bruxelles représentant en marbre blanc une famille nue, homme et femme et l'enfant à la naissance. Il faudrait tellement d'indexations entre la perception silencieuse, sa réaction, la dénomination, le raisonnement, les déductions, définir un contexte pour que tel ou tel terme ou expression ne soit jamais confondu avec sa répétition, même dans des circonstances extrêmement similaires...Van Vogt appelait cela le calcul de discriminations jusqu'à 23 décimales...parle cerveau second...et il est mort d'Alzheimer, ce qui n'est pas la trace du surhomme, mais de sa fragilité nerveuse extrême...parmi d'autres caractéristiques...indéfinies par définition...niant toutefois l'infini.

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  3. "Un véritable empire du Sud, créer pour protéger la région."

    De toute façon, je n'aurais pas confiance en ce monsieur Wilson, il maltraite même la règle du participe passé, alors imaginez ce qu'il devait faire subir aux Noirs!

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