Accéder au contenu principal

RISING STARS

En 1969, une boule de feu s'écrase sur la petite ville américaine de Pederson dans l'Illinois. Quelques années plus tard 113 enfants conçus cette nuit-là manifestent des pouvoirs surnaturelles ...
Ils sont depuis connus sous le nom de "Spéciaux".

... Lors de mes billets visant à révéler les origines discrètes de Flex Mentallo j'avais démontré la très grande similitude de situation entre la cause de l'apparition des Spéciaux dans la série Rising Stars de Joe Michael Straczynski, et celle de la naissance de la famille dite de Wold Newton du nom de cette bourgade du Yorkshire qui a vu en 1795 un aérolithe s'écraser et contaminer les passagers d'une diligence qui passait à proximité. Des passagers dont la descendance est devenue également "spéciale" puisqu'elle compte parmi elle : Sherlock Holmes, Tarzan, Doc savage etc. .... 
All-Star Superman #9
Que ce soit la météorite de Pederson ou l'aérolithe de Wold Newton, ces deux artéfacts tombés du fin fond de l'univers sont bien sûr, mais vous l'aviez déjà deviné, deux extrapolations de l’atterrissage prés de Smallville (ou Picoville) d'une fusée venue des Indes spatiales.   
Picoville [-_ô]
Un atterrissage qui a modifié à tout jamais le paysage de la bande dessinée étasunienne ; puisque l'arrivée de Superman dans ce microcosme d'encre et de papier a donné naissance à une multitude de super-héros à l'instar des bolides cités supra, créant ainsi un genre à part entière qui domine par ailleurs toute la production d'outre-Atlantique.    

Le mème est à la civilisation ce que le gène est à l'évolution. 
C'est un élément de code culturel ; cognitif, symbolique ou pratique, soumis à la sélection naturelle. 
Si le gène flotte dans la soupe protoplasmique, le mème lui flotte dans une mer de cerveaux : la culture.
Les mèmes sont des idées structurées en superorganismes (le catholicisme par exemple), auto-réplicants qui passent d'humain en humain d'une manière virale pourrait-on dire.
Le mème en tant que superorganisme (ou méméplexe) permet donc à la fois la cohésion et la modification d'une civilisation. Sa valeur de survie résulte de son attrait psychologique ; il donne  une réponse plausible à des questions profondes sur l'existence.
Ainsi les mèmes se disputent-ils - d'une manière négative ou positive - des ressources et des territoires culturels.
Le mème pour les méméticiens les plus orthodoxes serait une idée qui à l'instar de l'œuf de Samuel Butler, qui utilise la poule pour se dupliquer, se sert de nous pour se reproduire. 

1938, c'est l'An I du super-héros, un nouveau type de personnage dont je vous propose le mémotype :


• Être né après Superman (puisqu'il est le premier super-héros).
• Avoir un costume.
• Avoir une identité secrète (et donc un alter ego).
• Avoir un pouvoir extraordinaire.
• Avoir vécu un hapax existentiel : c'est-à-dire quelque chose qui n'a lieu qu'une seule fois et qui structure à jamais la vie de celui qui vit ce moment : c'est l'explosion de la planète Krypton pour Superman, c'est le meurtre des parents de Bruce Wayne, ou encore la désinvolture de Spider-Man face au criminel qui tuera son oncle. On remarquera que la publication de la première aventure de Superman est aussi un hapax dans l'histoire de la bande dessinée.
• Être lié à une cité : héritage de Gilgamesh héros (voir infra) fondateur de la ville d'Uruk autour de laquelle il a élevé d'imposants remparts. 
Le super-héros est toujours (?) lié à une ville, à tel point que l'éditeur DC Comics n'a pas hésité à en créer pour ses propres personnages : Metropolis, Gotham ou encore Opal City par exemple. 
Se non è vero, è bene trovato !

... Si la particularité du super-héros réside en grande partie dans son préfixe, on ne peut me semble-t-il faire l'économie d'un peu d'étymologie à partir du mot "héros".
Ainsi certaines sources (Christopher Knowles par exemple) proposent-elles qu'il dérive d'Horus "Le dieu de l'Azur, des espaces célestes. Fils posthume d'Osiris et d'Isis, il se présente sous deux formes celles d'un enfant suçant son pouce [..] ou celle du puissant dieu faucon [..] modèle à la fonction royale"
Si ce n'est pas vrai, c'est du moins bien trouvé !


En tout état de cause le super-héros apparaît bien comme le résultat d'un inflation dramatique (Cf. Brian Stableford) dont le héros serait le point de départ.


(À suivre ...)



Commentaires

  1. génial ton analyse, en plus je suis fan de J M S et du wold newton ( j' ai passé des heures sur le site officiel alors que je parle pas anglais )

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Doctor Strange Legacy [Cates / Hernández Walta / Duclos]

La curiosité m'avait poussé, il y a 4 ou 5 ans, à m'intéresser au travail d'un nouveau venu du nom de Donny Cates. Depuis il a fait son petit bonhomme de chemin et est devenu un scénariste en vue de la Maison des idées™.
Et c'est tout à fait mérité.

Donny Cates n'est pas le genre à vouloir réinventer la poudre, pour finalement accoucher d'un pétard mouillé (qui a dit Tom King ?). Son domaine c'est le divertissement, l'évasion, et très souvent un excellent moment de lecture. 

Cette reprise de la série « Doctor Strange », 5 numéros mensuels compilés dans ce premier tome, en est la carte de visite idéale. 

Si l'adaptation cinématographique du personnage, créé par Stan Lee & Steve Ditko en 1963, lui a permis de retrouver les têtes de gondole des comics shop, on est toutefois passé par un petit lifting façon Jason Aaron & Chris Bachalo [Pour en savoir +] pour la version bande dessinée.

Mais rassurez-vous, ne rien connaître du personnages et de ses pré…

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Immortal Hulk [Al Ewing / Joe Bennett / Thomas Davier]

Certainement mal luné, j'avais calé sur le premier numéro de cette relance du géant de jade. Néanmoins, mon intérêt pour le travail du scénariste Al Ewing m'a convaincu de laisser une seconde chance à cette série.
Sans toutefois oublier qu'un scénaristes travaillant pour des entreprises telles que Marvel ou DC Comics, lesquelles sont les propriétaires des personnages (et des histoires) qu'elles publient, c'est un peu comme d'être un jockey. 
Tout aussi prometteur qu'il soit, ce dernier est au service du cheval, et au ordres du propriétaire via l'entraîneur. Chaque Grand prix est surtout l'occasion de retenir le nom du cheval.
Ceci étant dit quid de ce nouveau départ ? 

Pour ce nouveau run, Hulk renoue donc avec ses origines sixties, et s'inspire de l'errance qu'avait popularisée la série télévisée des années 1970 avec Bill Bixby et Lou Ferrigno.
Ce parti pris d'un personnage en cavale est aussi surtout une forme de réflexe atavique très é…