vendredi 2 novembre 2012

Edison Rex


... Il est clair que comme le dit Chris Roberson Edison Rex est une déclaration d'amour aux pulps et au super-héros ; deux aires culturelles qui entretiennent des liens profonds et solides.
Si en voyant Edison Rex on ne peut s'empêcher de penser à Doc Savage (1933) par exemple : un surhomme doublé d'un inventeur génial.
Il ne faut pas oublier cependant que dés la seconde moitié du XIXème siècle  la figure de l'inventeur prend aux Etats-Unis une dimension quasi surhumaine.
Thomas A. Edison en est la figure parfaite, nous dit Michel Murger dans son essai intitulé Alien Abduction, éditions Encrage.
Surnommé le magicien de Manlo Park par les journalistes de l'époque, l'inventeur étasunien deviendra de son vivant le héros de la suite de La Guerre des mondes (oui celle de Wells); publiée en feuilleton par deux journaux dés 1898 : Edison's conquest of Mars.
Un titre qui ne laisse guère de place aux doutes quant à la volonté du Terrien.
Thomas Edison contribue comme d'autres de ses contemporains, Buffalo Bill me vient immédiatement à l'esprit, à brouiller les frontières entre le réel et l'imaginaire ; entre l'être et le néon. Ainsi l'époque est riche en personnage bien réels qui deviendront des figures légendaires du folklore américain grâce à leur passage dans les pages des dime novels ou des pulps; les auteurs n’hésitant jamais entre écrire la réalité ou la légende. 
Chris Roberson semble avoir un faible pour les salles des trophées
Cette extraordinaire valorisation de la figure de l'inventeur, donnera certes beaucoup plus tard - mais ce baptême tardif tend à accréditer la formidable empreinte que cette époque a laissée sur le disque dur de l'imaginaire étasunien - un sous-genre (qui de toute façon doit exister avant d'être nommé) dans le domaine de la science-fiction : celui d'édisonades ; où il est question, mais vous l'aviez deviné, d'un brillant inventeur qui utilise son ingéniosité pour faire face aux problèmes et sauver la Nation et la belle jeune femme dont il est épris.
On peut placer par exemple les aventures de Tom Swift dans ce registre, ainsi que celles de Tom Strong, et bien entendu celles d'Edison Rex.
Magnifique planche de Dennis Culver & Stephen Downer

... L'idée de départ (sur laquelle je me tairai) est d'une redoutable efficacité, et fort brillante. Ce premier épisode conduira Edison Rex vers un hapax existentiel qui illustrera avec une belle réussite le combat que devra mener le personnage pour être selon la très belle formule sartrienne, ce que nous faisons de ce que les autres ont voulu faire de nous. Certains décident de mourir plutôt que de tenter d'emprunter cette voie, d'autres s'y attellent avec énergie pour notre plus grand plaisir.  
    
Si la série est encore récente et de fait ne propose que quatre numéros au moment où j'écris ces lignes, il n'en demeure pas moins que je retrouve avec Edison Rex le même plaisir que j'ai eu en découvrant Tom Strong la série d'Alan Moore
D'autant que les niveaux de lecture sont tout aussi nombreux sans pour autant présenter un obstacle - comme pour Tom Strong - au plaisir premier de la lecture.
Outre qu'elle est une excellente série pleine d’énergie et d'humour, Edison Rex présente la particularité d'être un webcomics dont on peut se procurer les numéros ici.

Un bon moyen de vous faire une idée à moindre prix.

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