Accéder au contenu principal

Suburra (Stefano Sollima)

... Au Ier siècle Subure était un quartier de Rome où vivaient les gens de peu et où les lupanars avaient proliféré avec vigueur.
Pour Giancarlo De Cataldo (juge & écrivain italien) Subure "reste la métaphore parfaite de cet endroit où la pègre et les gens "normaux" se croisent et passent des pactes."
Des pactes de type mafieux.
En près de 500 pages Giancarlo De Cataldo et Carlo Bonini (journaliste de La Republica) ont écrit un roman dont les connaisseurs de la vie romaine ou les Romains eux-mêmes ont eu du mal à distinguer ce qui relevait de la fiction et la part de la réalité (Voir à ce sujet, l'excellent hors-série de Marianne 2016 sur le polar).
L'ouverture en novembre 2015 du procès "Mafia Capitale" aurait même tendance à faire oublier que Suburra est un roman.
Suburra le film, est un long-métrage glaçant qui relègue les films dit d'horreur ou réputés tels au rang d'aimables comptines (j'exagère, un peu).
Et ce sentiment ne m'a pas quitté une seule seconde, d'autant que si on se fie à la fiction pour se faire une idée de la "réalité", il apparaît clairement que si les (très) violents protagonistes qui imposent leur loi criminelle sont mis en échec, c'est soit le fait de hasards malencontreux, à cause de leur ego ou d'un subit (et inexplicable) relâchement de la violence qui les habite.
Bref rien qui ne soit orchestré par les "forces du Bien", singulièrement absentes de l'histoire qu'on nous raconte.

... En définitive, Suburra est un film qui m'a scotché tout du long, et qui m'a laissé une sensation d'insécurité et de malaise très forte.
Une belle réussite avec des acteurs "habités" et une mise en scène d'une redoutable efficacité (il y a un côté viscéral indéniable)
Or donc, je me répète mais Suburra est un film formidable.    

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

David Galula et la théorie de la contre-insurrection [Driss Ghali]

D avid G alula (1919-1967) est un stratégiste français, passé par Saint-Cyr , qui a participé à la seconde Guerre Mondiale, et à la guerre d'Algérie.             Attaché d'ambassade en C hine auprès du colonel J acques G uillermaz à partir de 1945, puis membre de la commission spéciale des Nations Unies dans les Balkans , il a l'occasion d'observer de très près la guerilla qu'y livre M ao T sè- T oung, ainsi que la guerre civile grecque. De 1951 à 1956 il est attaché militaire à H ong-Kong où il rencontre notamment des spécialistes américains et anglais de la contre-insurrection. Laquelle deviendra son champ d'expertise, fort de ce qu'il a appris en Chine et en Grèce .             De 1956 à 1958, il mettra en pratique ses théories en Algérie où il est affecté, et plus précisément dans le djebel Mimoun , en Grande Kabylie .          ...

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Interdit en Allemagne , ce qui lui a fait profiter de l’Effet Streisand™ (du moins sur X ® ) Citizen Vigilante est donc le dernier film en date du réalisateur allemand U we B oll - « le pire des meilleurs réalisateurs ou le meilleur des pires réalisateurs », a-t-on pu dire de lui.              L’argument du film est celui-ci : un riche Américain, Sanders ( A rmie H ammer, impeccable comme le reste de la distribution), ex-militaire, décide de palier l’incurie du système judiciaire d’un pays d’ Europe en appliquant une justice expéditive en dehors de tout cadre légal ( vigilantism ).              Compte tenu du courage politique d’ U we B oll, son film ne fera pas parler de lui. À l’instar cela dit, de ce qu'il montre.  Car B oll s’attaque à une « vache sacrée » des démocraties occidentales : la surreprésentation de l’immigration de masse dans les crimes et délits. Mais aussi et surtout, la protection dont bénéf...