samedi 3 septembre 2016

Conspiracy (Dan Abnett/Igor Kordey) Marvel

.... En 1994 la mini-série Marvels proposait de voir l’univers de l’éditeur (presque éponyme) Marvel à « hauteur d’homme », au travers de l’objectif du reporter-photographe Phil Sheldon
Ou du moins une partie de son histoire, ce que l’on appelle communément « l’âge de l’innocence », celui qui débute avec l’apparition de la Torche humaine (en 1939), et se termine avec la mort de Gwen Stacy (dans les années 1970). 
Une histoire elle aussi - forcément - empreinte d’innocence, de candeur et de naïveté.

Mais, et si cette innocence n’avait jamais existé ailleurs que dans le regard de Phil Sheldon ?
…. Quatre ans plus tard, Dan Abnett & Igor Kordey empruntaient la même voie que Kurt Busiek & Alex Ross en leur temps, pour une histoire publiée en deux numéros d’une trentaine de pages chacun, entièrement peints eux aussi. 

 …. Mark Ewing, journaliste au célèbre Daily Bugle, découvre par hasard une enveloppe dont le contenu va chambouler sa vie, et l’amener à voir l’émergence des super-héros – ceux de l’univers Marvel tout du moins – d’un autre œil.
Thriller paranoïaque à l’ambiance complotiste prononcée, Conspiracy est aussi une magnifique bande dessinée, entièrement peinte par Igor Kordey. 

L’artiste propose certainement, avec ces deux numéros, sa plus belle œuvre étasunienne. 
Des cases très détaillées, une palette de couleurs tout simplement époustouflante, des doubles-pages saisissantes ; une maestria entièrement au service de l’histoire. 
Les personnages en disent autant avec les mots de Dan Abnett qu’avec les expressions et le langage corporel que dessine Igor Kordey. 
La tension est tout autant le résultat visible des situations qui découlent du scénario que des couleurs peintes par l’artiste.
Dan Abnett livre aussi de mon point de vue son meilleur travail. 

Les fourches caudines de la théorie du complot sont impitoyables, et le ridicule est souvent la peine minimum pour qui s’y risque. Mais Abnett, avec un art consommé de la manipulation, utilise les paradoxes inhérents au genre pour faire de cette histoire un point de vue qui peut s’insérer sans problème dans la « sacro-sainte » continuité quelque soit le bout par lequel on la prend.
…. Réussite esthétique, scénario très ingénieux, Conspiracy est un récit qui mériterait amplement de sortir du relatif anonymat où il repose.
Une histoire qui sera une source d'inspiration pour Alex Ross (comme il le déclarera) & Jim Kruger pour leur propre série Earth X

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