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Maggy Garrisson t.01 & 02 (L. Trondheim & S. Oiry)

…. Récit très agréablement ficelé aux personnages plus vrais que nature, les deux premiers tomes de Maggy Garrisson séduisent aussi grâce au soin apporté à la mise en couleur et au découpage des planches. 
Stéphane Oiry travaille l’éclairage de chaque case avec beaucoup de précision, soigne le modelé des formes, et utilise une palette de couleurs et de valeurs qui se substitue aux récitatifs d’ambiance avec beaucoup de réussite. 
L’encrage n’est pas en reste, à charge pour lui de donner de la texture, d’ajouter des ombres, ou d’accentuer l’expressivité d’un visage.
L’utilisation, avec une certaine constance, d’un gaufrier de 12 cases évite contre toute attente le sentiment de monotonie que l’on est en droit d’en attendre, pour induire à la place une sensation d’immersion tout à fait stupéfiante. 

Lewis Trondheim fait semble-t-il, pleinement confiance à son dessinateur pour exprimer les sentiments qui traversent les personnages, et à son storytelling pour raconter en image sans ajout de textes explicatifs ce qu’il veut exprimer. 

Cette économie, toutes choses égales par ailleurs, donne encore plus de poids aux dialogues et à la voix off, écrits avec beaucoup d’esprit et un sens de la répartie qui fait mouche. 
Les situations s’enchaînent avec beaucoup de fluidité, et alors que les « heureuses » coïncidences sont plutôt nombreuses, la crédibilité de l’histoire n’en pâtit pas le moins du monde grâce à une tension soutenue. 

Et pourtant aucune conspiration à l’échelle mondiale, ni même départementale ; Maggy Garrisson gagne sa vie en jouant à la plus maligne face à des pieds nickelés, fauche dans les supermarchés ou retrouve des canaris disparus dans un Londres contemporain et pluvieux.
Et c’est peut-être cette absence d’effets spectaculaire qui captive. 
Un joli tour de force en tout cas !

(À suivre dans le troisième tome)

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