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ZERO (Aleš Kot et all.) Image Comics

Michael Walsh
…. Récit d’espionnage mâtiné d’anticipation Zero, bascule, vers son quinzième numéro (sur 18), dans la « Beat-lit » la plus radicale, selon un art de la perspective secrète plutôt bluffant. 

À l’instar d’un Dashiell Hammett se jouant de ses lecteurs en même temps que Sam Spade se joue de Brigid O’Shaughnessy dans Le Faucon Maltais, Aleš Kot avec Zero livre contre toute attente un scénario optimiste où l’enjeu n’est pas une énième aventure d’un simili James Bond très « grim & gritty », mais une réflexion sur la violence et sa propagation (et comment l’enrayer). 

Convoquant William S. Burroughs, la mémétique et une flopée d’artistes talentueux ; usant de la décompression narrative comme d’une arme diégètique à nulle autre pareille, et d’un designer iconoclaste (Tom Mueller), Zero est une maxi-série qui déroutera quiconque aime le confort ferroviaire d’un % important de la BD américaine. Je le sais, puisque j’aime aussi cette bande dessinée-là.
Tom Mueller
Zero n’est pas une histoire que l’on appréhende avec désinvolture, elle nécessite une participation importante de ceux qui la lisent. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne les désarçonnera pas pour autant. 

Zero est une illustration (possible) de l’injonction que fit Jack Kirby – il y a quelques années déjà – à un festival de bande dessinée où, en substance, il exhortait les auteurs à ne pas seulement voir la bande dessinée comme de la BD mais comme du journalisme.
Morgan Jesk
Si vous avez un point de vue sur la drogue, sur la guerre ou sur l’économie disait-il « vous pouvez l’exprimer plus efficacement avec de la bande dessinée qu’avec seulement des mots » mais personne ne le fait ajoutait-il. « La BD c’est du journalisme, mais aujourd’hui elle se limite à faire du mauvais mélo (soap). »
Robert Sammelin
Thème central de son scénario, la filiation (tout autant que l'art d'écrire) s’exprime aussi dans ce passage de relais entre l’un des plus importants créateurs du 9ème Art et l’une des révélations les plus prometteuses de ce début de millénaire. Inch’Allah !

Commentaires

  1. J'ai lu le premier tome de Zero et les autres m'attendent dans ma pile de lecture. Ce que tu en écris exprime parfaitement le souvenir que j'en ai gardé, avec la nécessité d'une lecture active. :)

    Du même auteur, j'avais beaucoup aimé le premier tome de Wolf (beaucoup moins le second qui m'avait semblé superfétatoire), ainsi que le récit complet The Surface. Il me reste également le tome de Material dans ma pile de lecture.

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    1. Oui, j'ai moi en prévision Wolf, The Surface & Material, et une ou 2 autre publications de ce scénariste ; qui est en effet quelqu'un dont les histoires demandent que le lecteur soit sévèrement impliqué.

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Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spiroude 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par Philippe Manœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant. Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82.

Bonne lecture.







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