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Wild Children/Aleš Kot/Riley Rossmo/Gregory Wright

"Wild" n'est pas seulement l'équivalent de "sauvage", c'est aussi le participe passé du verbe "to will" (vouloir)

« Ecrire, car c'est toujours récrire » J-L G.

Marcel Duchamp à plus d'un titre
…. Il semble s’agir ici pour le scénariste Aleš Kot de puiser dans l’inépuisable courant postmoderne, celui où la culture est devenue un immense réservoir où piocher. 
Wild Children n’invente donc pas un nouvel alphabet, mais plus sûrement de nouvelles combinaisons de mots anciens. 

Ce graphic novel (i.e. album dont l’histoire paraît en une seule fois, par opposition à la compilation de périodiques) paru en 2012, l’un des tout premiers sinon le premier de ses scénarios publiés, brasse nombre de références implicites ou explicites [Hakim Bey, Marcel Duchamp, Grant Morrison, Warren Ellis, Marshal McLuhan, Jacques Derrida et son concept d’hantologie (qui fait particulièrement sens ici), etc.] dans un environnement particulièrement anxiogène : une prise d’otages dans un lycée.
"Si je les avais en face de moi, j'écouterais ce qu'ils ont à dire, ce que personne n'a fait" Marilyn Manson
Après avoir tourné la dernière page de cet album de 56 planches, et l’avoir relu (plusieurs fois, par plaisir et pour écrire ce commentaire) je suis bien incapable d’en dégager le(s) message(s), hormis que la résolution des questions qu’il pose, ne passe pas, à l’évidence, par la case héroïsme.
Rossmo & Wright ne sont pas pour rien dans l'attrait auquel invite Wild Children
…. Manière d’aggiornamento revendiqué, extrait d'une conversation avec ses aînés,Wild Children, premier chapitre d’une trilogie (dite du suicide) selon Kot, dessine plus un dispositif - décapé au teen spirit - qui s’exprime par la soudure, qu’il ne propose un détournement d’attention.

Si vous avez aimé Shoot de Warren Ellis & Phil Jimenez, Kill your boyfriend de Grant Morrison & Philip Bond, et si vous aimez Aleš Kot.  

Commentaires

  1. Ça doit être quelque chose pour que tu sois bien incapable d’en dégager le(s) message(s) ! Celui-là ne m'attirait pas et je n'ai pas fait l'effort de le chercher. L’œuvre la plus ancienne que j'ai lu de Kot est Change (2012/2013), écrits par Ales Kot, dessinés et encrés par Morgan Jeske. Je n'ai pas été entièrement convaincu.

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    1. Au niveau des "messages" l’impression qui me reste c'est une sorte de "brouillard de guerre" (Cf. Clausewitz), autrement Kot donne des signaux parfois contradictoires, il est très elliptique, et manœuvre sur plusieurs terrains à la fois, etc.

      Mais paradoxalement, j'ai bien aimé.

      [-_ô]

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  2. Je me souviens aussi qu'il m'avait fallu du temps pour réussir à apprécier les dessins de Riley Rossmo dans ses autres créations : Green Wake (scénario de Kurtis J. Wiebe), Drumhellar (avec Alex Link), ou encore Rasputin (avec Alex Grecian).

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