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The American Way (Ridley/Jeanty) WildStorm

…. Manière de s’approprier un genre dont la surexploitation rend assez difficile d’y cultiver une voie/voix singulière, et par la même occasion d’asseoir les bases de son propre récit, The American Way pose deux raisons d’être à l’avènement des super-héros dans la société où ils prennent place, déconnectée de tout autres univers connus où ils existent déjà. 

L’une s’inscrit dans l’époque durant laquelle se déroule les 8 numéros de la série de manière évidente, sans être totalement originale, et justifie - astucieusement - la seconde idée qui elle, donne un ton nouveau au phénomène né en 1938 et relancé péniblement mais avec beaucoup de succès, en 1956 [Showcase #4].
The American Way n'est pas avare de citations
Toutes aussi intéressantes que soient ces deux idées, elles n’occupent toutefois que l’arrière-plan (très productif en terme de diégèse cependant) de la série, dont le vrai sujet est la place qu’occupaient les Africains-Américains dans la société américaine des sixties.

Et par ricochet si je puis dire, dans celle d’aujourd’hui, celle du 21ème siècle.

Si le sujet n’a rien de réjouissant, George Jeanty, Karl Story et Randy Mayor (pour ne citer que les principaux intervenants) qui s’occupent de la partie artistique proprement dite de la série (publiée par l'éditeur WildStorm en 2006) lui donnent a contrario un côté lumineux, presque naïf. 
Cet aspect solaire et le sujet plutôt sombre rendent néanmoins un panorama très juste (me semble-t-il) de cette l’époque où tous les rêves étaient semblaient possibles alors même la « réalité » démentait ces aspirations idylliques et utopiques (Guerre froide, assassinat de JFK, guerre dite du « Vietnam », etc.). Cela dit, c’est le propre de toutes les « époques » que d’avoir un spectre plus nuancé que l'idée qu'on peut s'en faire de manière superficielle, a posteriori.
Ridley dit avoir eu l'idée de sa série après avoir lu une anecdote sur le projet spatial Mercury
…. The American Way aussi réussie soit-elle, n’est toutefois pas totalement aboutie. 
Elle contient si j’ose dire, les faiblesses de ses qualités. Autrement dit John Ridley (également scénariste oscarisé, et auteur de The Authority : Humains malgré tout, entre autres) laisse en friche (par manque de place) pas mal des idées qui lui ont permis de construire le contexte de cette aventure. 

Rien qui ne soit pour autant déterminant, mais qui laisse un goût de trop peu. 

Heureusement (?), depuis le mois de juillet de cette année il a remis le couvert pour six nouveau numéros, cette fois-ci dans la collection Vertigo de DC Comics (éditeur propriétaire des univers WildStorm depuis quelques années). 

(À suivre …….)

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