Accéder au contenu principal

L'Éducation de Stony Mayhall [Daryl Gregory]

Couverture du toujours aussi talentueux Aurélien Police, traduction de Laurent Philibert-Caillat
.... Difficile à croire c'est sûr, Jack Gore n'y croyait qu'à moitié d'ailleurs, un bébé miracle, rien que ça.
Cela dit, le souffleux avait de la ressource, il en fallait pour réussir à séduire avec une histoire de zombies, pardon, de morts-vivants. Vu que ce n'était pas ce qui manquait en ce moment.

Mais Daryl Gregory maniait le motif de l’ennemi intérieur comme personne. Faut dire que les États-Unis d'Amérique ont toujours eu maille à partir avec une « cinquième colonne ». D'abord les Indiens, puis les Anglais (contre d'autres Anglais devenus Américains) et enfin guerre de Sécession autrement appelée Civil War, pour ne citer que ces affrontements-là. 
Aucun mystère à ce que les zombies s'épanouissent au pays du Colonel Sanders.

En tout cas, en tant que bildungsroman L'Éducation de Stony Mayhall se posait là. À croire que le romancier avait été élevé par une famille de zombies, ce qui restait peu probable depuis l'instauration des enclaves. 
Cette sincérité contaminait même ses personnages, pour lesquels on ne pouvait qu'éprouver de l'empathie. Le passepartout indispensable pour une immersion réussie, comme Gore pouvait en juger par lui-même.

Et puis il n'y avait pas à dire, Gregory était le genre de type avec qui Jack Gore aurait aimé bosser du temps où il était flic. Le genre à se poser des questions sur ce qui se passait après. Quid des survivants ? comment surmonter un traumatisme ? Une tournure d'esprit capable de faire du neuf avec du vieux, et de mouliner de la diégèse en veux-tu en voilà. 
Encore fallait-il avoir l'imagination qui va avec. Et de ce côté-là, il ne semblait pas y avoir de pénurie.

Reste qu'utiliser le nom de Deadtown, sa ville, pour en faire ce qu'il en avait fait, donnait au détective un peu mauvaise conscience d'avoir aimé ce livre. Mais on ne pouvait rien contre la fatalité, Jack Gore venait de toucher le tiercé dans l'ordre : Nous allons tous très bien, merci, Afterparty et maintenant celui-ci ; il n'y avait décidément rien à jeter chez cet auteur. 

Et Jack n'avait plus qu'une hâte : trouver à qui appartenait le cerveau humain qu'avait volé Delia, et un nouveau roman de Daryl Gregory à se mettre sous la rétine. Vaste programme !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes, relaunchs, reboots, voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ».
En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock, un personnage créé par Rich Buckler & Doug Moench pour Marvel [Pour en savoir +], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à Charlie Huston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight, qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. Huston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et particulièrement pour les u…

Blues pour Irontown [John Varley / Patrick Marcel]

Ça commençait plutôt mal. 
L'idée d'un détective privé du futur, fondu de ses lointains confrères des années 1930, avait tout d'un Polaroid™ bien trop souvent photocopié. Mais peut-être que cet amour des privés made in Underwood© allait-il être de la trempe du fusil de Tchekhov ?
Si la présence, dès les premières pages, d'une « femme fatale », semble donner le ton. Si l'ombre porté du Faucon maltais ne fera que se renforcer. La profession de détective privé semble aussi utile à l'intrigue du roman qu'un cataplasme à la moutarde sur une jambe de bois. 

       Une intrigue qui, nonobstant le titre du roman, tient plus de la berceuse que du blues.   

Fort heureusement, John Varley gratifie son roman d'une très belle idée ; au travers du personnage nommé Sherlock. Rien qui ne rattrape totalement l'ennui profond d'une enquête poussive, et  au final, sans grand intérêt. Mais les chapitres racontés par ledit Sherlock sont les plus intéressants, les plus ém…