Accéder au contenu principal

Tomb raider [2018]

•••• C'est en regardant cette nouvelle aventure de Lara Croft, que j'ai mis le doigt sur ce qui coinçait avec son prestigieux prédécesseur, inventé au siècle dernier. Bien qu'ayant vu tous les films qui lui ont été consacrés, les aventures toutes aussi trépidantes d'Indiana Jones ne m'ont jamais totalement satisfait. 
Et c'est Tomb Raider qui m'a fait découvrir pourquoi.

Harrison Ford campe un personnage bien trop conscient de ce qu'il est, à la limite de franchir le Quatrième mur™, et Indiana Jones hérite ainsi d'une sorte de désinvolture et d'une confiance en soi dont le résultat et de rendre l'adversité et les obstacles qu'il rencontre, absolument inoffensifs. Rien ne semble vouloir entamer son aura de héros, pour la simple et bonne raison qu'il sait que les scénaristes ne lui veulent pas de mal (contrairement à moi, soit dit en passant, qui lui en veut d'avoir chipé le rôle à Tom Selleck).

      Tout le contraire de Lara Croft, personnage qui ici (je ne connais ni le jeu, ni les deux précédents films) respire la sincérité. Rien de moins qu'une gageure lorsqu'on assiste à ce à quoi elle sera confrontée. Alicia Vikander, dont l'énergie déborde de l'écran, n'est pas la dernière à y croire. Si j'imagine assez aisément que les situations les plus spectaculaires sont le fruit d'une mise en scène devant un fond vert, ça ne m'a jamais traversé l'esprit lorsque j'étais plongé dans le film. Tant l'implication de l'actrice nous faire croire totalement à ce que son personnage vit, et ressent. Beau numéro d'une actrice qui, paradoxalement, nous fait oublier qu'elle en est une !
Très distrayant, le long-métrage de Roar Uthaug n'échappe pas à l'inflation qui semble frapper tous les blockbusters, Tomb Raider dure bien trop longtemps.
Walter Hill (Les Guerriers de la nuit, Sans retour, Aliens, etc.) a pourtant une théorie intéressante sur la durée parfaite d'un film.

Selon lui elle est d'une heure trente, « elle permet de poser l'intrigue, de développer des personnages. Le spectateur peut se préparer à la projection. Il n'a pas besoin de manger et après, il peut aller dîner, partager un verre de vin et parler du film. » Cette durée dit-il, inscrit le film dans le divertissement et le rite social. « Aujourd'hui vous devez prendre la journée entière pour aller au cinéma. ». Difficile de lui donner tort, mais lorsque le film en question est une surenchère de situations de plus en plus spectaculaires, au sein même de son intrigue certes, mais plus encore -semble-t-il- vis à vis des autres films qui pataugent dans le même couloir de nage, et se disputent le leadership du box-office, ça devient vite nauséeux et un poil barbant. 
Reste que ce défaut d'habitude rédhibitoire, est mieux passé ce coup-ci.

•••• Personnage très attachant, l'exposition du personnage à Londres dans son métier de coursier n'y est pas pour rien, Lara Croft mériterait largement de revenir dans un second film. À condition que ce soit Alicia Vikander qui endosse encore une fois le marcel. 

Ce qui me fait penser que je verrais bien McT à la réalisation.
[À suivre ....?    

Commentaires

  1. Bien d'accord avec toi ! Et en plus, elle est toute mimi Alicia (un poil trop musclée pour chipoter un peu^^) !

    RépondreSupprimer
  2. Je n'ai pas encore vu cette version de Lara Croft (mais c'est prévu car je nourris de tendres sentiments pour Alicia Vikander - heureux homme que Michael Fassbender, le compagnon de cette divine jeune femme).

    Pour en revenir à la durée des films, je trouve, moi aussi, qu'aujourd'hui souvent leur durée est trop longue. A se demander si les monteurs ont encore leur mot à dire, ou s'il s'agit d'une tendance des cinéastes à vouloir faire long comme si la durée donnait une sorte d'ambition supplémentaire à leur film, à moins que tout ça ne soit le fait des producteurs. Ce serait presque drôle si on ne se rappelait pas que jadis à Hollywood les moguls des studios noyaient les réalisateurs de mémos pour co-diriger les films et leur imposer des montages plus serrés afin de ne pas ennuyer le public...

    Ainsi un de mes cinéastes contemporains a toujours été Woody Allen, adepte absolu des formats courts (rarement un de ses opus dépasse les 90 minutes), inspiré par les maîtres de la comédie classique (Lubitsch, Hawks, Sturges, Cukor, Wilder).

    Pourtant parfois un long film a une vertu immersive loin d'être désagréable, si tant est qu'elle justifie un style (Leone, Kubrick jouaient beaucoup sur cette dilatation du temps). Mais c'est quelque chose qui semble souvent absent des considérations actuelles...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bah, Tom Selleck s'est consolé avec les Aventuriers du bout du monde, non ? (Et s'il n'a pas pu faire Blade Runner, il aura au moins fait Runaway... hé, c'est un film de Michael Crichton quand même !)

      Bon, pour moi, la durée idéale d'un film, c'est tant que je ne regarde pas ma montre. Pendant Blade Runner 2049, je n'ai pas regardé ma montre... Pendant la Fille de d'Artagnan, on ne risquait pas de me la faucher.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

À toute allure [Duane Swierczynski / Sophie Aslanides]

Jamais un livre n'aura autant mérité son titre.
Second roman de l'auteur, auquel il ne croyait guère, À toute allure est à l'image de ce qu'on attend du moteur d'une voiture qui servirait à s'enfuir après le vol à main armée d'une banque : gonflé à bloc.
Fidèle à Philadelphie, Duane Swierczynski y plante de nouveau l'action de son roman, laquelle se déroule en l'espace de 4 jours, bien remplis.

       Dans un des entretiens qu'il a accordés, et disponible sur la Toile™, l'auteur y déclare être fasciné par les personnages qui doivent affronter les pires journées de leur existence. Rien à dire, À toute allure est exactement ce type de récit. Manière de vaudeville noir, ce roman au style « behavioriste », est principalement écrit sous la forme de courts paragraphes. Lesquels seraient, selon Duane Swierczynski, comme des chips que l'on dévore l'une après l'autre, pour s'apercevoir finalement qu'il est deux heures du matin. Et qu…

L'Alignement des équinoxes [Sébastien Raizer]

Vous l'avez sûrement constaté, Maurice G. Dantec n'a pas publié de livres depuis quelques temps. Fort heureusement, pour les amateurs qui ont pris plaisir à lire Les Racines du Mal ou encore Babylon Babies, Sébastien Raizer vient, avec L'Alignement des équinoxes, à la rescousse des lecteurs en manque.
••• Ce roman, d'abord publié à la Série Noire, sous les auspices d'Aurélien Masson, à qui il est par ailleurs dédié, est le premier d'une trilogie, dont la lecture contentera amplement ceux qui ne voudront toutefois pas poursuive l'aventure des tomes suivants.
Néanmoins, le cœur du réacteur qui le propulse, dans lequel on trouve aussi bien Mishima, Philip K.Dick, William S. Burroughs ou encore Robert Anton Wilson, pour ne citer que les plus évidents ; dispose d'une telle puissance diégétique que je ne doute pas le moins du monde que Sagittarius et Minuit à contre-jour, les deux romans qui suivent respectivement L'Alignement des équinoxes, soient tout au…

Necronauts [Gordon Rennie / Frazer Irving] 2000 AD

C'est en lisant une notule critique à propos d'un roman de SF récemment paru, que cette analogie m'est venue. Son auteur écrivait, en substance ; « Malgré une intrigue qui peine à démarrer et une fin un peu abrupte balabla ... ».
Et j'ai eu une sorte de révélation.
Lorsque l'envie de se divertir occupe une part non négligeable d'un moment de lecture, celui-ci ressemble à un voyage en avion. Les deux moments les plus cruciaux en sont le décollage, et bien sûr l’atterrissage. 
Autrement dit, mal commencer une histoire et en louper la fin, augure mal du sentiment que laissera l'histoire en question. À condition qu'un mauvais début donne envie d'aller plus loin. 
Fort heureusement rien de tel avec Necronauts de Gordon Rennie & Frazer Irving.

Comme la couverture de l'hebdomadaire 2000 AD, qui illustre cette entrée le laisse deviner, les 50 pages de cette aventure ont d'abord trouvé refuge dans les pages du magazine anglais. Normal me direz-vous, l…