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Articles

L'Homme qui rit [Brubaker / Mahnke / Touboul]

« L'Homme qui rit » la bande dessinée d' E d B rubaker et D oug M ahnke est une lecture qui s'apprécie d'autant plus que l'on a lu, avant, «  Batman : Année Un », de F rank M iller & D avid M azzucchelli. Le scénariste,   E d B rubaker  a souvent déclaré, au travers de son travail, un intérêt manifeste pour les « romans noirs »   ou les films de la même espèce.  « L'Homme qui rit », récit de 64 pages, n'y échappe pas.        Ainsi a-t-il décidé d'utiliser une voix hors champ pour deux de ses protagonistes principaux : Batman et Jim Gordon .   En effet, dès qu'entre en scène Bruce Wayne la voix off fait subtilement le distinguo entre le vigilante gothamite et le riche capitaine d'industrie. Voir le premier récitatif infra, qui prend fait et cause pour la personnalité dominante : La voix hors champ donc, plus communément appelée voix off , qui permet une focalisation interne, est un des marqueurs les plus ...

L'Ensorceleuse [Elizabeth Hand / Brigitte Mariot]

« Pour moi, le constat à faire, c’est que l’imaginaire a infecté durablement la littérature générale, qu’il est devenu la culture dominante ... » disait encore récemment G illes D umay, auteur réputé et directeur littéraire du département Albin Michel Imaginaire™. Un constat que l'on peut prendre au pied de la lettre puisque L'Ensorceleuse ( Mortal Love ) a paru chez Denoël , en dehors de toute collection de genre.  Traduit en 2007 par B rigitte M ariot, ce roman sera d'ailleurs réédité, deux ans plus tard, dans la collection Folio SF™.        Si E lizabeth H and est une autrice rare en France , elle l'est aussi par son talent. Et L'Ensorceleuse en est encore une belle preuve. Une sorte de roman en anamorphose, si je puis dire, qui révèle donc une perspective secrète ; mais dont la nature ne peut pas nous échapper. Pour ne pas trop en dévoiler, je dirais que L'Ensorceleuse est l'histoire d'une Muse, dont le récit est gauchi par une quasi i...

Autorité [Jeff VanderMeer / Gilles Goullet]

Deuxième volet de la trilogie dite du « Rempart sud », Autorité - traduit par G illes G oullet - est bien, comme l'affirmait son auteur, J eff V anderMeer, tout à fait compréhensible sans avoir lu son prédécesseur. Délaissant, dans ce deuxième opus, la  « Zone X » à proprement dit [ Pour en savoir + ]. Laquelle est, je le rappelle « un espace naturel immaculé, siège de phénomènes étranges qui purifient l'environnement. Tout en causant des ravages terrifiants sur les êtres humains ». Autorité est néanmoins aussi une expédition, mais à l'intérieur de l'agence gouvernementale, appelée « Rempart sud » ; visiblement privée de Prime directive © . Ce roman, de presque 400 pages, quasi autonome, correspond presque mot pour mot à la définition que donnait T homas N arcejac du roman d'espionnage, lequel se « situe au carrefour du roman-problème, du roman noir, du suspense et de la science-fiction. Il unit toutes les formes de la peur et de la curiosité. » . Vous voi...

Les Sauvages [Rebecca Zlotowski / Sabri Louatah]

J'ai regardé le premier épisode de cette toute nouvelle série, laquelle braconne du côté de la politique fiction et de la fresque familiale. « Politiquement incorrect » cet épisode, sur les six de la saison, pose plusieurs enjeux d'envergure grâce à une distribution de toute beauté.  R oschdy Z em, celui pour qui j'ai tenté l'aventure, est pour le coup un peu en retrait. Il incarne un candidat à une présidentielle anticipée. M arina F oïs s'occupe de sa sécurité rapprochée, et est impériale. Et si le reste du casting m'est quasi inconnu, chacun joue sa partition avec beaucoup de brio et d'énergie. Aidé en cela par la réalisatrice, R ebecca Z lotowski, qui donne dans cet épisode une très belle leçon de suspense. En plus de prendre un sacré risque du point de vue de la « bien-pensance » actuelle. Très courageux. Entre toutes ces belles idées, celle d'organiser une partie de l'intrigue en province, à Saint-Étienne , fief du scénariste et aut...

Abimagique [Lucius Shepard / Jean-Daniel Brèque / Aurélien Police]

Si la brève postface de l'ouvrage, rédigée par l'auteur lui-même d' Abimagique , vaut à elle seule l'achat de ce nouveau volume de la collection Une Heure-Lumière™, le récit qui s'intéresse au personnage éponyme n'est pas pour autant à négliger. Au contraire. Traduit par J ean- D aniel B rèque, dont je crois savoir qu'il est un amateur passionné de L ucius S hepard, Abimagique est un texte, qui selon moi, relève du « thriller métaphysique », selon la définition qu'en donnent P atricia M erivales & S uzanne E lizabeth S weeney. Mâtiné ici d'une contrainte quasi oulipienne : une narration à la deuxième personne du singulier (dont ceux qui liront la postface en question, connaîtront l'importance dans le processus créatif dudit texte).        Le narrateur, sorte de  « détective malgré lui », fait de son récit une forme postmoderne du récit policier classique (une des définition possible du « thriller métaphysique » ), lequel questionne...

Un chœur d'enfants maudits [Tom Piccirilli / Michelle Charrier]

Proposé sous la forme d'un inédit, dans la collection « Folio SF », Un chœur d'enfants maudits ne ressortit pourtant pas de cette catégorie. Le roman de T om P iccirilli (1965-2015), si je devais le classer, prendrait place dans ce qu'on appelle plus communément le « réalisme magique ». Autrement dit, un récit où le surgissement de l'irrationnel, ou de l'extraordinaire, n'y est pas appréhendé sous le mode du conflit frontal entre la réalité habituellement admise et quelque chose qui la nie.  En d'autres termes, le « réalisme magique » propose une vision du réel élargie à des aspects habituellement récusés par la raison.  Sans pour autant être de la fantasy . « En tout cas gamin, t'es plus cinglé qu'trois chats dans une essoreuse, ça c'est sûr. » Mâtiné d'une enquête policière farfelue, mais considérée avec le plus grand sérieux, Un chœur d'enfants maudits est surtout un petit guide touristique de Kingdome Come , une ville du «...