Accéder au contenu principal

The Twelve \ J. M. Straczynski, Chris Weston & Gary Leach


The Twelve, la série de l’éditeur Marvel écrite par J.M. Straczynski (Rising Stars ici et )et dessinée par Chris Weston (The Filth)  et Gary Leach (Miracleman) à l’encrage, est l’occasion de ramener, comme le titre l’indique, 12 personnages nés dans les années 40, sur le devant de la scène. 
En avril 1945, les forces alliées pénètrent dans Berlin, accompagnées par des super-héros et des justiciers américains, Captain America en tête. Douze d’entre eux vont tomber dans un piège et être mis en animation suspendue, plus de 60 ans plus tard, et à l’instar de Captain America justement, ramené à la vie par les Vengeurs,  ils vont être découverts par hasard et eux aussi ramenés à la vie. 
C’est dans un premier temps l’occasion pour le scénariste d’explorer les réactions des uns et des autres face à cette situation pour le moins inédite, en tout cas pour eux. Faire vivre 12 personnages n’est pas une chose facile, mais J. Michael Straczynski réussit à faire que l’on s’intéresse à chaque personnage. Il est brillamment épaulé par Chris Weston un dessinateur au style classique et très détaillé. Chaque personnage est facilement identifiable grâce aux traits de son visage ou grâce à son costume. Les décors, la minutie qu’apportent Weston et Leach aux expressions des visages, au langage corporel donnent une mine d’informations au lecteur ; des information dont peut faire l'économie Straczynski au niveau du texte.  
Ce qui donne un découpage et un storytelling d’une efficacité redoutable. 

Tout en brossant le portrait de ces hommes et de cette femme déracinés ainsi que celui de leur entourage, du moins les parents ou les amis encore vivants (ce qui donne lieu à des scènes très émouvantes et très réussies), J.M. Straczynski va corser son intrigue en développant une enquête policière dans la grande tradition du whodunit britannique. 
Cette enquête est aussi l’occasion d’approfondir la personnalité de ces douze personnages que Straczynski ne perd pas de vue, tout en proposant une énigme solide qui sera révélatrice de bien des secrets et de non-dits. 
À l’issue des douze numéros de cette maxi-série (proposés par Panini dans deux recueils), un dernier numéro (lui aussi présent dans l’édition française) propose de découvrir ce qui s’est passé juste avant que les Douze ne se retrouvent piégés. 
Et cet épisode est particulièrement savoureux compte tenu de ce que sait le lecteur, mais également grâce à un personnage capable de prévoir l’avenir (dans des conditions que je vous laisse découvrir) : Master Mind Excello (mon personnage favori pour le coup). 

The Twelve est une excellente série, qui a connu lors de sa publication mensuelle aux U.S.A un hiatus assez long, mais elle est désormais disponible dans son intégralité. 
Une petite précision, la lecture de cette aventure ne nécessite pas de savoir que ces personnages ont été publiés dans les années 40 chez Timely Comics, ni de connaitre leurs aventures antérieures à ce retour ; un retour fort brillamment orchestré et captivant de bout en bout.

Commentaires

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spirou de 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par P hilippe M anœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant . Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82. Bonne lecture.

À bout portant [Gilles Lellouche / Roschdy Zem / Fred Cavayé]

« C’est du cinéma, on est donc dans la réalité + 1 ou + 2 »  F red C avayé  L’épuisement d’histoires originales, et la production exponentielle de fictions nécessitent d’élaborer des stratégies de mises en récit attractives pour captiver le public.              Plonger directement les spectateurs d’un film « au cœur des choses » est toujours payant. Surtout si en plus, comme dans le cas du film réalisé par F red C avayé, les personnages et le contexte, en un mot l’histoire, bénéficie de l’effet IKEA ® .  L'effet en question est un biais cognitif documenté par M ichael N orton, dans lequel les consommateurs accordent une plus-value aux produits qu'ils ont partiellement créés (les meubles de l'enseigne bien connue).  Ici, la chronologie (chamboulée par l'ouverture du film in medias res ), les tenants et les aboutissants du scénario (dévoilés au compte-goutte) nécessitent que le spectateur participe activement au storytelling du film qu'il regarde.  L'effet IKEA ®