dimanche 5 février 2017

One Week In The Library

Mais mon totem vit la honte ; 
de son autel-pilier descendit, 
Et il me dit dans une vision de nuit : — 
« Il y a neuf et soixante manières dans la tribu de construire des lais, Et chacune d’entre elles est dans la vérité ! » 


À l’ère néolithique*, Rudyard Kipling
Traduction de Daniel Tron

Ô Dieu ! je pourrais être enfermé dans une coquille de noix, et me regarder comme le roi d'un espace infini, si je n'avais pas de mauvais rêves.  


Hamlett*, Shakespeare 
Traduction de François-Victor Hugo
…. À l’heure de la reproduction de masse, la culture est d’abord et avant tout une industrie. Et la bande dessinée n’échappe pas à cette catégorie, et encore moins si j’ose dire la BD étasunienne en tant qu’elle a taylorisé jusqu’à l’os sa propre production. 
Un illustré (comic book, graphic novel, tpb, ..) est (donc) un objet manufacturé comme les autres que seul le « regard » du lecteur fait exister en l’arrachant à sa fonction utilitaire, pour en faire une représentation mentale. Une œuvre singulière.
One Week In The Library est à la fois un exercice de style oulipien et un récit auto-réflexif. 

Autrement dit, l’auteur construit un récit qui en souligne le mode de production, en même temps qu’un labyrinthe dont il se propose de sortir ; en luttant contre la nature contre-productive du dénouement. 

One Week In The Library dévoile également la nature performative de la fiction à l’époque de sa reproductibilité technique : ce qu’on y dit a de fait moins d’importance (car on le sait déjà), que le fait de le dire. 
Et la manière de la faire. 

Loin de limiter l’imagination du lecteur en réifiant celle du scénariste, le « pool artistique » l’exhauste avec un beau savoir-faire.

*Citations en exergue (& en anglais) de l’album original. 
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Scénario : 8,96 /10 
Dessin : 9, 67 /10 

Appréciation globale : (Auteur.e.s) À suivre …………

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