samedi 11 février 2017

Jo Walton : Le Syndrome de Stockholm

Le Cercle de Farthing 
Hamlet au paradis
Une demi-couronne

Morwenna

Mes vrais enfants

…. Commencé avec ce qu’il est convenu d’appeler la série dite du « subtil changement », j’ai ensuite enchaîné sans aucun temps mort, avec le reste des ouvrages de Jo Walton que l’on trouve traduits dans l’Hexagone.
Dire qu’elle écrit des romans est une imposture, Jo Walton réalise des prise d’otages, dont le syndrome de Stockholm n’est pas le moindre des effets.

Le Cercle de Farthing, premier tome d’une trilogie, est une remarquable uchronie qui commence comme un whodunit (kilafé) et se révélera très astucieux.
Les deux autres tomes consolident cet univers autours du personnage principal, tout en s’éloignant ostensiblement de ce qui fait l’originalité du 1ertome, sans pour autant perdre ce qui en faisait l’attrait. Manifestement Jo Walton a quelque chose à dire sur certains sujets, et cette trilogie du « subtile changement » est l’occasion de le faire ; tout en garantissant un divertissement de qualité. Un cocktail très efficace pour le coup.

Les sujets de préoccupation de l’auteure, s’invitent encore dans Morwenna, magnifique roman, qui entretient un merveilleux flou sur la réalité de ce qu’on apprend – au travers de son journal – de la vie de l’héroïne éponyme. Jo Walton n’a pas que des idées, elle a aussi un style et une sensibilité qui ne m’ont pas laissé de marbre. (Grâce soit ici rendue aux traducteur-e-s des 5 romans : Florence Dolisi & Luc Carissimo) 

Après l’uchronie et le fantastique, l’écrivaine s’attaque d’une manière très originale aux univers parallèles. Comme dans ses précédents romans le plus remarquable est peut être la manière qu’elle a de dessiner en creux, par petites touches, ce qui différencie notre réalité de celles qu’elle décrit. Et dans le cas de Mes vrais enfants - qui fait mentir l'adage qui veut que la vie est aussi simple qu'un coup de fil - aucuns des deux univers ne correspond tout à fait au notre. 
Autre points forts, ses personnages ne se contentent pas d’en être de bons, ils acquièrent aussi une véritable individualité. Ce qui leur donne une étonnante présence. 
En outre, la relative brièveté de ses histoires (plus ou moins 350 pages), leur donne une fraîcheur et un allant tel, qu’il est difficile d’en suspendre la lecture. Et quand c’est le cas, elles n’ont de cesse de nous inciter à nous y remettre rapidement. 

…. Lu en une semaine chrono, ces 5 romans ont été un très chouette moment de lecture (c'est peu de la dire), et reste une source d'inspiration & de réflexion. Je n'ai qu'un seul regret, ne pas pouvoir dire tout le bien que j'en pense avec le même talent que l'auteure a mis à les écrire.

Jo Walton est désormais une romancière dont je vais guetter les prochains livres.

3 commentaires:

  1. Morwenna est le premier a avoir été traduit...j'ai tellement été ennuyé ( j'avais l'impression de lire un catalogue des lectures obligatoires de l'imaginaire) que je n'ai pas tenté les autres.

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    1. Ses autres romans ne sont pas dans la même veine que celui-là. Tu as toutes les chances d'y trouver ton compte (conte ?).

      [-_ô]

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    2. Le dernier sorti, Mes vrais enfants, a un pitch qui me plaît assez, un peu à la Christopher Priest :)

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