Accéder au contenu principal

Jo Walton : Le Syndrome de Stockholm

Le Cercle de Farthing 
Hamlet au paradis
Une demi-couronne

Morwenna

Mes vrais enfants

Commencé avec ce qu’il est convenu d’appeler la série dite du « subtil changement », j’ai ensuite enchaîné sans aucun temps mort, avec le reste des ouvrages de Jo Walton que l’on trouve traduits dans l’Hexagone.
Dire qu’elle écrit des romans est une imposture, Jo Walton réalise des prise d’otages, dont le syndrome de Stockholm n’est pas le moindre des effets.

Le Cercle de Farthing, premier tome d’une trilogie, est une remarquable uchronie qui commence comme un whodunit (kilafé) et se révélera très astucieux.
Les deux autres tomes consolident cet univers autours du personnage principal, tout en s’éloignant ostensiblement de ce qui fait l’originalité du 1ertome, sans pour autant perdre ce qui en faisait l’attrait. Manifestement Jo Walton a quelque chose à dire sur certains sujets, et cette trilogie du « subtile changement » est l’occasion de le faire ; tout en garantissant un divertissement de qualité. Un cocktail très efficace pour le coup.

Les sujets de préoccupation de l’auteure, s’invitent encore dans Morwenna, magnifique roman, qui entretient un merveilleux flou sur la réalité de ce qu’on apprend – au travers de son journal – de la vie de l’héroïne éponyme. Jo Walton n’a pas que des idées, elle a aussi un style et une sensibilité qui ne m’ont pas laissé de marbre. (Grâce soit ici rendue aux traducteur-e-s des 5 romans : Florence Dolisi & Luc Carissimo) 

Après l’uchronie et le fantastique, l’écrivaine s’attaque d’une manière très originale aux univers parallèles. Comme dans ses précédents romans le plus remarquable est peut être la manière qu’elle a de dessiner en creux, par petites touches, ce qui différencie notre réalité de celles qu’elle décrit. Et dans le cas de Mes vrais enfants - qui fait mentir l'adage qui veut que la vie est aussi simple qu'un coup de fil - aucuns des deux univers ne correspond tout à fait au notre. 
Autre points forts, ses personnages ne se contentent pas d’en être de bons, ils acquièrent aussi une véritable individualité. Ce qui leur donne une étonnante présence. 
En outre, la relative brièveté de ses histoires (plus ou moins 350 pages), leur donne une fraîcheur et un allant tel, qu’il est difficile d’en suspendre la lecture. Et quand c’est le cas, elles n’ont de cesse de nous inciter à nous y remettre rapidement. 

…. Lu en une semaine chrono, ces 5 romans ont été un très chouette moment de lecture (c'est peu de la dire), et reste une source d'inspiration & de réflexion. Je n'ai qu'un seul regret, ne pas pouvoir dire tout le bien que j'en pense avec le même talent que l'auteure a mis à les écrire.

Jo Walton est désormais une romancière dont je vais guetter les prochains livres.

Commentaires

  1. Morwenna est le premier a avoir été traduit...j'ai tellement été ennuyé ( j'avais l'impression de lire un catalogue des lectures obligatoires de l'imaginaire) que je n'ai pas tenté les autres.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ses autres romans ne sont pas dans la même veine que celui-là. Tu as toutes les chances d'y trouver ton compte (conte ?).

      [-_ô]

      Supprimer
    2. Le dernier sorti, Mes vrais enfants, a un pitch qui me plaît assez, un peu à la Christopher Priest :)

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

David Galula et la théorie de la contre-insurrection [Driss Ghali]

D avid G alula (1919-1967) est un stratégiste français, passé par Saint-Cyr , qui a participé à la seconde Guerre Mondiale, et à la guerre d'Algérie.             Attaché d'ambassade en C hine auprès du colonel J acques G uillermaz à partir de 1945, puis membre de la commission spéciale des Nations Unies dans les Balkans , il a l'occasion d'observer de très près la guerilla qu'y livre M ao T sè- T oung, ainsi que la guerre civile grecque. De 1951 à 1956 il est attaché militaire à H ong-Kong où il rencontre notamment des spécialistes américains et anglais de la contre-insurrection. Laquelle deviendra son champ d'expertise, fort de ce qu'il a appris en Chine et en Grèce .             De 1956 à 1958, il mettra en pratique ses théories en Algérie où il est affecté, et plus précisément dans le djebel Mimoun , en Grande Kabylie .          ...

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Interdit en Allemagne , ce qui lui a fait profiter de l’Effet Streisand™ (du moins sur X ® ) Citizen Vigilante est donc le dernier film en date du réalisateur allemand U we B oll - « le pire des meilleurs réalisateurs ou le meilleur des pires réalisateurs », a-t-on pu dire de lui.              L’argument du film est celui-ci : un riche Américain, Sanders ( A rmie H ammer, impeccable comme le reste de la distribution), ex-militaire, décide de palier l’incurie du système judiciaire d’un pays d’ Europe en appliquant une justice expéditive en dehors de tout cadre légal ( vigilantism ).              Compte tenu du courage politique d’ U we B oll, son film ne fera pas parler de lui. À l’instar cela dit, de ce qu'il montre.  Car B oll s’attaque à une « vache sacrée » des démocraties occidentales : la surreprésentation de l’immigration de masse dans les crimes et délits. Mais aussi et surtout, la protection dont bénéf...

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...