Accéder au contenu principal

Wild Blue Yonder [Glénat Comics]

Le titre fait référence à l'hymne de l'Armée de l'air américaine

.... C'est dans le bleu de toute l'immensité que se joue la survie de ce qui reste de l'humanité.

Si l'intrigue n'est pas inédite, pas plus que le contexte post-apocalyptique dans laquelle elle se développe ; au moins est-elle scénarisée avec ce qu'il faut d'habileté pour nous le faire oublier. Aidé en cela par une poignée de personnages qui, s'ils empruntent tous plus ou moins à des stéréotypes, échappent néanmoins à leur déterminisme originel, grâce à une caractérisation au cordeau. 
Au fil des cases ils s'incarnent, laissant une fois leur aventure terminée bien plus de traces dans notre mémoire que ce à quoi on n'aurait pu s'attendre.

.... Une grande partie de l'immersion et de l'empathie dont Wild Blue Yonder se rend coupable tient au travail que l'équipe artistique traduit à chacune des 150 planches du recueil.
Rien n'est laissé au hasard : hachures, trames, modelés, cadrages, storytelling, colorisation ; toute la panoplie disponible est utilisée pour un impact maximum ; le 9ème art poussé dans ses derniers retranchements dans ce qu'il a de plus spectaculaire & visuel, pour aboutir à une bédé en 3 dimensions :
• Curiosité
• Excitation
• Satisfaction
.... En conclusion, cette mini-série publiée en France par l'éditeur Glénat (qui soit dit en passant donne au fur et à mesure une belle épaisseur qualitative à son catalogue comics) qui fait la part belle aux affrontements aériens, et où on reconnaît de lointains descendants à Satanas & Diabolo, n'aurait pu espérer mieux pour les magnifier. Visuellement donc très abouti, Wild Blue Yonder ne se repose néanmoins pas seulement sur ce seul aspect. Quand bien même aurait-il suffit pour combler n'importe quel.le lecteur.rice avide de sensations fortes & distrayantes.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'Alignement des équinoxes [Sébastien Raizer]

Vous l'avez sûrement constaté, Maurice G. Dantec n'a pas publié de livres depuis quelques temps. Fort heureusement, pour les amateurs qui ont pris plaisir à lire Les Racines du Mal ou encore Babylon Babies, Sébastien Raizer vient, avec L'Alignement des équinoxes, à la rescousse des lecteurs en manque.
••• Ce roman, d'abord publié à la Série Noire, sous les auspices d'Aurélien Masson, à qui il est par ailleurs dédié, est le premier d'une trilogie, dont la lecture contentera amplement ceux qui ne voudront toutefois pas poursuive l'aventure des tomes suivants.
Néanmoins, le cœur du réacteur qui le propulse, dans lequel on trouve aussi bien Mishima, Philip K.Dick, William S. Burroughs ou encore Robert Anton Wilson, pour ne citer que les plus évidents ; dispose d'une telle puissance diégétique que je ne doute pas le moins du monde que Sagittarius et Minuit à contre-jour, les deux romans qui suivent respectivement L'Alignement des équinoxes, soient tout au…

Porté disparu [Lauren Beukes / Luc Kenoufi]

Extrait du cinquième numéro de la revue numérique de science-fiction Angle Mort, je viens de lire Porté disparu une nouvelle de Lauren Beukes, traduite par Luc Kenoufi.
       Tout en ayant déjà entendu parler de cette autrice sud-africaine, c'est en lisant un numéro anniversaire de l'hebdomadaire anglais 2000 AD, où elle y a écrit une courte histoire autour du personnage de Durham Red, que l'idée m'est venue de me pencher plus sérieusement sur son travail.

Et je n'ai pas été déçu. 

Alors même que l'inspiration de Lauren Beukes, pour la nouvelle dont il est question ici, semble reposer sur une infox (fake news), celle dite de « l'expérience de Standford », menée par Philip Zimbardo. 

       Je ne vais pas ici relater ladite expérience (dont on trouve sur l'Internet, moult descriptions), mais pour le dire rapidement, elle a démontré que tout homme, placé dans certaines situations, peut se transformer en monstre. Ou dit autrement par Thibault Le Texier «l’enf…

Survivors' Club [L. Beukes / D. Halvorsen / R. Kelly] Vertigo

Pensée a priori sur le long terme (ongoing serie) Survivors' Club ne connaitra en définitive que 9 numéros. Écrite par Lauren Beukes et Dale Halvorsen, sur une idée de départ de ce dernier, cette série, estampillée Vertigo, peut se résumer à : « Que sont devenus les protagonistes survivants des films d'horreur des années 1980 ? ».
C'est en regardant l'un des films de la série Chucky que Dale Halvorsen a commencé à réfléchir à ce qui deviendra finalement Survivors' Club. Rien d'étonnant à ce qu'un des personnages fasse justement penser à la célèbre marionnette.
En fait, chacun des personnages du Survivors' Club est une transposition d'un archétype de film d'horreur. Réunis sur un thème tout aussi connoté, la série prend tout son ampleur à partir du quatrième numéro, et s'émancipe, pour le meilleur, de son pitch liminaire. Lequel n'était pas honteux non plus.
Non pas en le reniant, mais en y apportant ce qui est à mes yeux la touche d'or…