Accéder au contenu principal

L'Éveil du Léviathan [James S.A. Corey / Thierry Arson]

Interrogé sur son travail, Dashiell Hammett1894-1961 disait que le plus dur n'était pas d'écrire mais de retrancher. Son contemporain, Ernest Hemingway, avait théorisé la technique dite de l'Iceberg™. Où la plupart des détails psychologiques sont sous-entendus ; c'est-à-dire sous la ligne de flottaison, invisibles à la lecture, mais bien présents à l'esprit du lecteur.
Certes tout le monde ne doit pas écrire de la même manière.
            Toutefois, Daniel Abraham et Ty Franck, les deux auteurs que réuni le pseudonyme James S.A. Corey, auraient été bien inspirés d'élaguer les (trop) nombreuses longueurs du premier roman de leur série.
C'est d'autant plus dommage de tirer ainsi à la ligne, que les idées qu'ils assemblent pour leur space opera m'ont beaucoup plus.
           Autre point d'achoppement à mes yeux. 
Alors que leur roman met en scène toute une théorie de personnages, les auteurs n'en choisissent que deux, au travers desquels le roman prend forme, en alternance. 
Outre l'aspect très mécanique du découpage, les 700 pages du roman, laisse une impression de remplissage à force de ressasser. 
La profondeur psychologique des deux personnages étant aussi sommaire que l'intrigue, on tourne assez vite en rond. 
J'ai aimé :  
+ Le moment où l'inspecteur Miller se voit au travers des yeux des ses collègues.
+ Les moments d'épouvante/horreur.
+ Ce que devient Éros.
Je n'ai pas aimé :
- Tout le reste (ou presque)
            En conclusion, cette série commence et s'arrête avec ce premier tome.
On ne peut pas gagner à tous les coups !   

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spirou de 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par P hilippe M anœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant . Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82. Bonne lecture.

À bout portant [Gilles Lellouche / Roschdy Zem / Fred Cavayé]

« C’est du cinéma, on est donc dans la réalité + 1 ou + 2 »  F red C avayé  L’épuisement d’histoires originales, et la production exponentielle de fictions nécessitent d’élaborer des stratégies de mises en récit attractives pour captiver le public.              Plonger directement les spectateurs d’un film « au cœur des choses » est toujours payant. Surtout si en plus, comme dans le cas du film réalisé par F red C avayé, les personnages et le contexte, en un mot l’histoire, bénéficie de l’effet IKEA ® .  L'effet en question est un biais cognitif documenté par M ichael N orton, dans lequel les consommateurs accordent une plus-value aux produits qu'ils ont partiellement créés (les meubles de l'enseigne bien connue).  Ici, la chronologie (chamboulée par l'ouverture du film in medias res ), les tenants et les aboutissants du scénario (dévoilés au compte-goutte) nécessitent que le spectateur participe activement au storytelling du film qu'il regarde.  L'effet IKEA ®