Accéder au contenu principal

Le MONOMYTHE (Joseph Campbell)

"Ok ! Le héros a des problèmes, le héros résout ses problèmes"
Kurt Vonnegut

Mara Thalia
... La théorie de Joseph Campbell est la suivante ; tous les mythes et récits épiques sont liés entre eux dans l'imaginaire humain et sont les manifestations culturelles d'un besoin humain universel d'expliquer les réalités sociales, cosmologiques et spirituelles.
Campbell spécialiste en littérature médiévale a été fasciné par les cultures amérindiennes dés son plus jeune âge, ensuite il a été influencé entre par l'art de Picasso, celui de Matisse, les écrits de Freud et de Jung ainsi que par les romans de Thomas Mann et de James Joyce.
C'est à ce dernier qu'il a emprunté le terme "monomythe".

Paradoxalement alors que c'est certainement le film Star Wars qui l' a fait connaitre du grand public, c'est en résistant "férocement" à l'appropriation de la culture savante par la culture populaire dans deux articles qu'il a commencé à synthétiser ce qui allait devenir le monomythe.
Pour le dire vite, l'un des arguments favoris de Campbell contre Thornton Wilder - qui avait mis en scène une pièce de théâtre s'inspirant fortement de Finnegans Wake et qui avait beaucoup de succès, contrairement au roman de Joyce (ce qui ne plaisait pas à Campbell), l'argument principal de Joseph Campbell donc était que "James Joyce est le premier à avoir compris à quel point les histoires modernes sont des mythes réécrits à chaque époque et communs à toute l'humanité". (Cf. Richard Mèmetau). 
C'est à cette occasion que Joseph Campbell emprunte à l'écrivain irlandais le terme de "monomythe" : "les mythes de toutes les civilisations pourraient au fond ne former qu'une seule et même histoire, et fournir une unique vérité à ressasser à l'ensemble de l'humanité." Richard Mèmeteau : Pop Culture Réflexions sur les industries du rêve et l'invention des identités).

Extrait de Finnegans Wake où apparaît le terme "monomythe" :

Chapitre 16 :

581
    N’importe comment (l’affaire est troubleuse et pénile pour un sou) l’avaient-ils pas appelé à beaucoup à leur meeting d’indignation feinte, vective de vengeance de vehmecs à la volley, inwader et uitlander, les notables, écrachant dans leurs barbes montées de souillivan la diffamation sur lui, leur patriarche juste et renomsable ? […..] Au carryfour avec aulus plaucius, leur happyâne claudiuse ! Et ainsi d’aussi les triviales ! Et leur bivouac ! Et son monomythe ! Ah ho ! N’en dis pas plus ! Je suis désolé. J’ai vu ! Je suis désolé ! Je suis désolé de dire que j’ai vu ![……]


Veillée Pinouilles traduction française d’Hervé Michel de Finnegans Wake de James Joyce

Accessoirement c'est aussi à James Joyce (dans le même roman) que l'on a emprunté le mot "quark". [-_ô]


Commentaires

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

The Words

... The Words ( Les Mots ) est un film qui avait tout pour me séduire : le roman en tant qu'élément principal, des acteurs que j'aime bien ; D ennis Q uaid, J eremy I rons, J . K . S immons et B radley C ooper. Éléments supplémentaire l'histoire se révèle être une histoire dans l'hisitoire. Ou plus exactement un roman à propos de l'écriture d'un roman, écrit par un autre ; entre fiction et réalité.  Je m'explique. Clay Hammon fait une lecture public de son dernier livre The Words dans lequel un jeune auteur, Rory Jansen , en mal de reconnaissance tente vaille que vaille de placer son roman chez différents éditeurs. Cet homme vit avec une très belle jeune femme et il est entouré d'une famille aimante. Finalement il va se construire une vie somme toute agréable mais loin de ce qu'il envisageait. Au cours de sa lune de miel, à Paris , son épouse va lui offrir une vieille serviette en cuir découverte chez un antiquaire, pour dit-elle qu'...

Juste cause [Sean Connery / Laurence Fishburne / Ed Harris / Kate Capshaw]

« Juste Cause 1995 » est un film qui cache admirablement son jeu.             Paul Armstrong , professeur à l'université de Harvard (MA), est abordé par une vieille dame qui lui remet une lettre. Elle vient de la part de son petit-fils, Bobby Earl , accusé du meurtre d'une enfant de 11 ans, et qui attend dans le « couloir de la mort » en Floride . Ce dernier sollicite l'aide du professeur, un farouche opposant à la peine capitale.   Dès le départ, « Juste Cause 1995 » joue sur les contradictions. Ainsi, Tanny Brown , « le pire flic anti-noir des Everglades », dixit la grand-mère de Bobby Earl , à l'origine de l'arrestation, est lui-même un africain-américain. Ceci étant, tout le film jouera à remettre en cause certains a priori , tout en déconstruisant ce que semblait proposer l'incipit du film d' A rne G limcher. La déconstruction en question est ici à entendre en tant que la mise en scène des contradictions de situations ...