mardi 19 octobre 2010

New Gods (3)

Comics Parade n°1
... Les premiers colons comme les émigrés arrivés plus tard de l'Europe se dirigeaient vers l'Amérique comme vers le pays où ils pouvaient renaître, et y recommencer une vie nouvelle analyse Mircea Eliade dans La Nostalgie des Origines. Dans cette "nouveauté" - qui est un désir à structure religieuse (ibid)  - on espère une re-naissance, une vie nouvelle : New England, New York, New Haven, dans un New World peuplé de ....


Ce Nouveau Monde situé dans la Quatrième Partie de la Terre est le lieu fantasmatique des nouveaux commencements pour les colons, comme a pu l'être le Fourth World pour Jack Kirby lors de son arrivée chez son nouvel éditeur : DC Comics.

Chaque enfant recommence le monde
H.D. Thoreau

Vous aurez par ailleurs remarqué une filiation "paternelle" certaine entre les Pilgrim fathers (les Pères pèlerins), les Founding fathers (les Pères fondateurs) et le Highfather (le Haut père) de New Genesis. Une vraie fête des pères cette histoire.

... Dans le billet précédent je proposais que les New Gods étaient une mythologie américaine envisagée souvenez-vous, sous l'angle du "bricolage". L'un des emprunts majeurs est sans nul doute la vision des Puritains qui oppose  d'un côté la wilderness ce lieu où habitent les bêtes sauvages et les indiens, ces forêts sombres où l'on ressent la terreur archaïque ; et de l'autre le settlement (l'enclos) de la Parole sainte, l'enclos civilisé. D'un côté l'Ouest sauvage, de l'autre l'Est cadastré. Un dualisme que l'on retrouve selon moi dans l'opposition entre New Genesis et Apokolips.

Cependant ne soyons pas trop prompte à placer New Genesis du côté du settlement autrement dit la colonie & la civilisation, et Apokolips du côté de la wilderness, la nature à l'état sauvage ; car si l'Amérique est souvent décrite comme un nouvel Éden (à l'époque), imaginons ce qu'a dû être la vision de l'Angleterre en 1616 pour Pocahontas traversant Londres :

Q'Orianka Kilcher / Pocahontas

On imagine la stupeur des Indiens, assourdis par le vacarme de la ville, contemplant les rues bondées et les maisons de cinq ou six étage. [..] Peut-on imaginer les odeurs de la cité, provenant de la suie des cheminées et de la combustion générale du charbon, sans parler de celles du crottin de cheval, du fumier sur les voies et des innombrables fosses d'aisance situées derrière les maisons ? Londres n'est qu'un cloaque.
Le Nouveau Monde autopsie d'un mythe Lauric Guillaud
Une description qui doit rappeler des souvenirs aux lecteurs des New Gods, mais ce n'est pas tout....
Que dire de ce qui se déroule à Jamestown entre septembre 1609 et mai 1610.

"Comble de l'absurdité, les colons (victime de la famine) commencèrent par brûler leurs propres habitations ; ils mangèrent leur cheptel, leurs animaux de compagnie, traquèrent les souris, les rats, retournèrent la terre pour y chercher des racines. Même les morts n'étaient pas en paix. Les colons s'attaquèrent aux corps de leur semblables. Un grand nombre d'Anglais se nourrirent en effet de cadavres. Certains allèrent jusqu'à déterrer le corps d'un indien tué quelques jours plus tôt pour assouvir leur faim."il y en eut même, écrit Percy, qui lapaient le sang qui coulait du corps de leurs semblables affaiblis"."(Ibid)

    
Deux aperçus plutôt apocalyptiques de la civilisation, n'est-il pas !?


     
(À suivre ...)

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