Accéder au contenu principal

River [BBC One] Skarsgård/Walker

•••• La série policière est certainement le type de divertissement le plus diffusé sur le petit écran.
Si la qualité des intrigues reste primordiale (mais pas si souvent à la hauteur que ce qu'elle devrait), la singularité du ou des enquêteurs, est souvent ce qui les distingue les unes des autres. Et la série RIVER est de celles qui en jouent.

À dire vrai, elle pourrait même être un cas d'école dans ce que le psychologue Julian Jaynes a appelé « l'homme bicaméral ».  
La théorie de Jaynes* est celle-ci (résumée de manière grossière cela dit) : la subjectivité, la faculté que nous avons de regarder au fond de nous-même en nous disant : « Qu'est-ce que je pense de tout ça ? », n'existe que depuis 1000 ans avant J-C (environ).

Avant, l'esprit de l'homme était bicaméral. Autrement dit, divisé en deux compartiments distincts. Jayne suppose ainsi que l’audition de voix dans le cerveau, parfois accompagnée d’hallucinations, était un phénomène humain naturel. Quand un « homme bicaméral » ne savait pas quoi faire devant une situation inédite, la prise de décision s'organisait sans l'aide de la conscience dans l'hémisphère droit, et était ensuite transmise au « cerveau gauche » par l'intermédiaire d'une voix. Symptômes que subira River (alias Stellan Skarsgård) tout au long des six épisodes que lui consacre sa série éponyme. 
Outre cette particularité, la série se distingue aussi par une intrigue très dense, et par une mise en scène très travaillée. Les premières minutes du premier épisode sont d'ailleurs bluffantes ; tout en étant l'incipit de la série. En effet, ces quelques minutes sont l'étalon à partir duquel l'identité de RIVER est posée.
    •••• Cette série est certainement l'une des meilleures qu'il ma été donné de regarder. 

Tout y est : un personnage inédit, mais qui n'écrase pas le reste de la distribution, toute aussi phénoménale que Stellan Skarsgård. Une enquête qui garde ses mystères jusqu'au bout, un regard sur certaines questions qui agitent plus ou moins nos sociétés occidentales.
Et surtout une finesse d'écriture et de jeu (d'acteur.e.s), qui donne au tout l'impression qu'elle joue hors catégorie.

Typiquement le genre de séries dont on aimerait voir une seconde saison, tout en sachant d'avance, qu'il y a peu de chance qu'elle soit à la hauteur de la première.
______________
*  La naissance de la conscience dans l'effondrement de l'esprit, PUF, 1994

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

David Galula et la théorie de la contre-insurrection [Driss Ghali]

D avid G alula (1919-1967) est un stratégiste français, passé par Saint-Cyr , qui a participé à la seconde Guerre Mondiale, et à la guerre d'Algérie.             Attaché d'ambassade en C hine auprès du colonel J acques G uillermaz à partir de 1945, puis membre de la commission spéciale des Nations Unies dans les Balkans , il a l'occasion d'observer de très près la guerilla qu'y livre M ao T sè- T oung, ainsi que la guerre civile grecque. De 1951 à 1956 il est attaché militaire à H ong-Kong où il rencontre notamment des spécialistes américains et anglais de la contre-insurrection. Laquelle deviendra son champ d'expertise, fort de ce qu'il a appris en Chine et en Grèce .             De 1956 à 1958, il mettra en pratique ses théories en Algérie où il est affecté, et plus précisément dans le djebel Mimoun , en Grande Kabylie .          ...

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Interdit en Allemagne , ce qui lui a fait profiter de l’Effet Streisand™ (du moins sur X ® ) Citizen Vigilante est donc le dernier film en date du réalisateur allemand U we B oll - « le pire des meilleurs réalisateurs ou le meilleur des pires réalisateurs », a-t-on pu dire de lui.              L’argument du film est celui-ci : un riche Américain, Sanders ( A rmie H ammer, impeccable comme le reste de la distribution), ex-militaire, décide de palier l’incurie du système judiciaire d’un pays d’ Europe en appliquant une justice expéditive en dehors de tout cadre légal ( vigilantism ).              Compte tenu du courage politique d’ U we B oll, son film ne fera pas parler de lui. À l’instar cela dit, de ce qu'il montre.  Car B oll s’attaque à une « vache sacrée » des démocraties occidentales : la surreprésentation de l’immigration de masse dans les crimes et délits. Mais aussi et surtout, la protection dont bénéf...