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MAGIC [William Goldman/Marianne Véron]

•••• Probablement plus connu pour ses talents de scénariste, deux Oscars (Butch Cassidy et le Kid et Les Hommes du président) ça vous pose quelqu’un dans une société aussi compétitive que la nôtre, William Goldman est aussi une pointure de la littérature. Quand bien même déclara-t-il, que ses livres avaient eu bien plus de succès en format poche, qu'en volumes reliés (souvent d'ailleurs éreintés par la critique). Deux formes d'écriture donc , qui dans certains cas n'en font qu'une ou presque. Puisque plusieurs de ses romans ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Essentiellement par lui-même, d'ailleurs. 

Magic est de ces romans-là. 

Même si la narration ne respecte pas la linéarité généralement voulue par ce type de récit, Magic est résolument une histoire qui brode sur un canevas bien (trop) connu de nos jours –le roman date de 1976-, celui dit du « voyage du héros ». Popularisé par Christopher Vogler à partir des travaux de Joseph Campbell [Pour en savoir +]

La mise en récit éclatée, n’est cependant pas la seule façon qu’a Goldman de nous captiver. S’inspirant ouvertement de la mise en scène commune à n’importe quel tour de magie, où la distraction d'un public pourtant acquis est primordial, le bien nommé Magic invite un certain type de personnage, qui lui donne alors un tour presque fantastique. Ou à tout le moins distille une inquiétante étrangeté ; chacun jugera ! 
Atypique et incommodant, Fast, ainsi qu'il sera nommé, quintessencie des peurs enfantines qui dépassent souvent la date de péremption. 

Là où je crois tout le monde sera d’accord, c’est sur l’ambiance terriblement anxiogène que développe l'auteur dès les premières pages. Avec finalement peu de moyens. Idem sur la facilité avec laquelle il nous immerge dans la vie des uns et des autres, faisant revivre des époques et des lieux inconnus, mais pourtant très émouvants.

Si une escalade dans le grotesque n’évite pas de titiller la plus solide des suspensions volontaires d’incrédulité, la cohérence du tout, empêche un basculement fâcheux. Du grand art ! 

•••• En regard de ce seul roman, William Goldman est devenu un redoutable écrivain, du genre à me faire fouiller dans sa bibliographie, dans l’espoir de passer, de nouveau, un aussi bon moment de lecture que celui-ci !
Les lecteurs qui ont aimé Station : La Chute d'Al Robertson, devraient voir dans le roman de Goldman comme un lointain modèle. [-_ô]

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