Accéder au contenu principal

Le Doigt de Dieu [Frédéric Rouvillois]

             L'esprit humain étant ce qu'il est, nous avons tous tendance à donner un sens au bruit statistique qui nous entoure, même s'il n'en a aucun. 
Évidemment, dès lors qu'on se plonge dans une fiction, notre esprit y vagabonde autant qu'il y est dirigé. Et assez rapidement, et peut-être encore plus rapidement lorsqu'on se confronte à un (mauvais) genre, on anticipe ce qui advient, puisqu'on en connait les codes par cœur. 
Avec certes, plus ou moins de réussite.
Le savoir-faire de l'auteur, conscient de ce qu'il manipule, peut dès lors déjouer nos pronostiques, ou bien leur donner raisons.
Dans cette seconde hypothèse, l'histoire importe finalement bien plus de son dénouement (prévisible).
Quand bien même un doute raisonnable subsistera jusqu'à la toute fin. 
« Le Doigt de Dieu » appartient à la seconde hypothèse.
            Frédéric Rouvillois y imagine un duo d'enquêteurs, par ailleurs couple à la ville, qui pour sa deuxième enquête sous les auspices de La Nouvelle Librairie™ est dépêché dans le milieu de l'art contemporain.
S'ensuivra une enquête au rythme « old school », menée donc par deux officiers de police judiciaire qui échappent avec bonheur au dernier archétype en date. Lequel modèle voudrait que les enquêteurs soient forcément des criminels qui s'empêchent difficilement, transformant leur enquête en séance de psychanalyse nombriliste, plutôt qu'en roman de consolation (Cf. Eco).
            Une enquête qui ne risque certes pas de surprendre, sinon par le plaisir qu'elle procurera malgré l'absence de toute surprise 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Dirty Harry ; critique d'une analyse politique partiale et idéologique

« Harry est un mal nécessaire, au même titre qu'un avocat ; lequel est prêt à tout pour arriver à ses fins, sans se soucier des conséquences de ses actes. Un avocat fait du droit sans se soucier de justice. Alors qu'Harry sert la justice sans ce soucier du droit. Ainsi son cœur est-il toujours du côté de la victime, alors qu'un avocat ajuste sa sympathie en fonction de ses intérêts. Un avocat peut être répugnant, mais on a besoin de lui. Et l'on peut penser la même chose d'Harry Callahan. ». ( J ohn M ilius.)             Au gré de recherches sur l'Internet © je suis tombé sur une vidéo [ Pour en savoir + ] dont le thème avait tout pour m'intéresser ; une analyse politique du cinéma dont le sujet est le film Dirty Harry 1971 . E astwood, S iegel, M ilius, le cinéma des années 1970, bref que du bon, et en plus dans un format ramassé (19'29").             D'entrée de jeu la vidéo s'attaque à une vieille lune : « À sa sortie en 1971, L’Inspect

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er