Accéder au contenu principal

Une Heure-Lumière, Hors-série 2018 [Le Bélial']

••• Proposé gratuitement dans le cadre d'une opération promotionnelle : pour deux titres achetés entre le 6 septembre 2018 et le 31 octobre de la même année, hors numérique, de la collection « Une Heure-Lumière » de l'éditeur Le Bélial', [Pour en savoir +], ce hors-série met les petits plats dans les grands.

Sous une magnifique couverture d'Aurélien Police, l'artiste qui à mon avis doit garantir une bonne partie des ventes de ladite collection, ce hors-série propose un éditorial d'Olivier Girard, big boss des éditions en question, un entretien avec -justement- Aurélien Police, une nouvelle inédite en français de Ken Liu, et bien entendu le catalogue de la collection. 
Lequel est agrémenté pour presque chacun des 16 titres parus d'un « blurb » venu d'une critique d'un blogueur ou d'une blogueuse, non professionnel. Une plutôt belle idée.
Tout comme cette collection d'ailleurs, qui présente la particularité d'être consacrée à des textes courts, entre disons la nouvelle et le roman, qu'on appelle généralement des novella. Un sujet qui occupe par ailleurs, une grande partie de l'éditorial d'Olivier Girard qui ouvre ce hors-série, en plus de revenir sur la genèse de la collection.

Mené par Erwan Perchoc, l'une des chevilles ouvrière de la maison d'édition, sise à Saint Mammès (77), la rencontre avec Aurélien Police est très intéressante. Et salutaire.

En effet, on n'accorde pas assez d'espace, à mon avis, dans le monde de l'édition, à deux importants acteurs, souvent relégués aux seconds rôles quand ce n'est tout simplement pas à de la figuration : les auteur des couvertures, et les traducteurs. 

Et comme de bien entendu, ce sont les éditions qui en font le plus de ce côté-là qui se distinguent encore et toujours.

Or donc, puisque j'en parle, la traduction du court texte de Ken Liu est de Pierre-Paul Durastanti, lui aussi l'un des piliers du Bélial'. « Sept anniversaires », puisque c'est le titre de ladite nouvelle, tout en me laissant sur ma faim, m'a complétement captivé tout du long. Et ce n'est pas rien de la part d'un écrivain, que de réussir à passionner un lecteur avec un texte qui est aux antipodes de ses attentes. Sans parler de la fin, que je n'ai pas comprise. 
C'est dire le talent de Liu (et de son traducteur).

D'une certaine manière « Sept anniversaires » synthétise ce que je pense de la collection. Sur les 16 volumes parus j'en ai lus pour l'instant huit. Et sur ces 8 histoires seules quatre m'ont vraiment plu. Toutefois je sais que je lirai les autres, et les suivantes, car cette collection est d'abord une excellente idée. En plus de proposer, notamment dans leur version numérique un prix très attractif : 4,99 € (9,90 € pour l'édition papier, souvent agrémenté d'un marque-page).

Tout comme Ken Liu, qui m'a suffisamment marqué avec « L'Homme qui mit fin à l'histoire », sixième titre de la collection, que même la sévère déception de « Le Regard  » (9ème), n'a pas entamé mon intérêt pour cet auteur.    

En d'autres termes les quelques déceptions rencontrées en lisant Ken Liu ou la collection« Une Heure-Lumière » ne sont rien en comparaison des satisfaction que l'une et l'autre m'ont apportées. D'autant que ni les écrits de Liu, ni la collection du Bélial' ne me sont directement adressés. 

••• En dernière instance, je recommande ce hors-série à tous ceux qui connaissent la collection (même si je sais que ce n'est pas nécessaire). Et à ceux qui ne la connaissent pas, je conseille de franchir le pas avec cette offre découverte, qui pour le coup propose un cadeau de bienvenue, qui n'a rien d'un gadget ou d'un fond de tiroir. 

Et si j'avais deux titres à proposer, pour formaliser la commande, rappelez-vous : le hors-série est offert pour l'achat de deux titres ; mon choix se porterait bien évidemment sur les titres que j'ai aimés : « L'Homme qui mit fin à l'histoire » de Ken Liu donc (traduit par Pierre-Paul Durastanti), sur « La ballade de Black Tom » de Victor Lavalle (traduit par Benoît Domis, longtemps rédacteur en chef de la revue Ténèbres [Pour en savoir +]), sur « Dragon » de Thomas Day qu'on ne présente plus [Pour en savoir +] ou l'un des tout derniers, « Les Attracteurs de Rose Street » de Lucius Shepard (traduit par Jean-Daniel Brèque, traducteur multi-capé, dont les efforts pour faire connaître Poul Anderson en France, via notamment Le Bélial', ou sa collection « Baskerville » [Pour en savoir +] placent durablement du bon côté de la Force).   
_________
D'autres avis sur ce hors-série :

L'épaule d'Orion [Pour en savoir +
Apophis [Pour en savoir +]

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

Cherudek [Valerio Evangelisti / Serge Quadruppani / Éric Vial]

  Quatrième tome du cycle que consacre V alerio E vangelisti à Nicolas Eymerich (si on désire comme moi suivre les aventures de l’inquisiteur de manière chronologique), « Cherudek » est clairement une étape décisive en termes de complexité ; doublée d’une belle réussite.              Comme de coutume plusieurs époques ( ?) forment la trame de l’histoire, mais seule l’année 1360 est clairement identifiée comme telle.  Les deux autres points de vue apparaissent successivement, et respectivement, dans les chapitres intitulés « Néghentropie » et « Temps zéro », lesquels seront numérotés (I), (II), etc. , voire sous-titrés pour ce qui concerne les seconds.  Au même titre que l’obscur « Cherudek », la signification de « Néghentropie » et de « Temps zéro » sera révélée au comble d'une intrigue trépidante.  « Si certains célèbrent encore des cultes païens, votre devoir d’inquisiteur n’est pas de vous poser de vaines questions, mais de leur faire avouer les noms de leurs complices et

À bout portant [Gilles Lellouche / Roschdy Zem / Fred Cavayé]

« C’est du cinéma, on est donc dans la réalité + 1 ou + 2 »  F red C avayé  L’épuisement d’histoires originales, et la production exponentielle de fictions nécessitent d’élaborer des stratégies de mises en récit attractives pour captiver le public.              Plonger directement les spectateurs d’un film « au cœur des choses » est toujours payant. Surtout si en plus, comme dans le cas du film réalisé par F red C avayé, les personnages et le contexte, en un mot l’histoire, bénéficie de l’effet IKEA ® .  L'effet en question est un biais cognitif documenté par M ichael N orton, dans lequel les consommateurs accordent une plus-value aux produits qu'ils ont partiellement créés (les meubles de l'enseigne bien connue).  Ici, la chronologie (chamboulée par l'ouverture du film in medias res ), les tenants et les aboutissants du scénario (dévoilés au compte-goutte) nécessitent que le spectateur participe activement au storytelling du film qu'il regarde.  L'effet IKEA ®