Accéder au contenu principal

L'Anomalie [Michael Rutger / Claire Kreutzberger]

Qui es-tu Michael Marshall Smith ?
             Un brillant nouvelliste et un tout aussi brillant romancier dans les domaines de la Sf et du Fantastique. Deux « Mauvais genres » qu'il transfusera -souvent- d'une bonne dose d'horreur et d'épouvante.
Mais c'est aussi un talentueux auteur de thrillers, sous le nom de Michael Marshall : la trilogie des Hommes de paille.
Et dernièrement, sous celui de Michael Rutger, il signe « L'Anomalie ».
Un roman où, s'il se lance dans un nouveau type de fiction pour lui, le récit d'exploration & d'aventure.
Il n'en oublie pas pour autant ce que ses deux précédents noms de plume avaient en commun : revigorer avec une belle énergie, et parfois un angle très novateur, des thèmes qui en avaient vu d'autre.
            Si à chaque signature correspond grosso modo un domaine romanesque : Sf/Fantastique, thriller et aventure donc, elles partagent (forcément) entre elles des ingrédients communs.
Michael Rutger en est d’ailleurs bien conscient puisqu’il glisse dans les pages de « L'Anomalie » une allusion à la dite trilogie déjà citée.

Aux Frontières de l'Anomalie
             Avec ce premier roman (mais pas le dernier) sous le nom de Michael Rutger, l’auteur orchestre la rencontre de l'esprit Planète, la revue lancée dans le sillage du succès du Matin des magiciens par les mêmes Bergier & Pauwels, et la vogue actuelle des chaînes YouTube™. Rien que la Toile mondiale™ n'ait déjà proposé certes, mais sûrement pas avec une telle imagination.
            Or donc, « Aux Frontières de l'Anomalie » est une émission diffusée sur YouTube™, à laquelle un sponsor propose d'accéder au réseau télévisé.
Ce que l'équipe, composée en partie d’ex-professionnels du grand écran, prend comme une promotion. Et surtout un moyen de survivre une saison supplémentaire.
Une seule condition, qu'un membre de la fondation qui les finance soit partie prenante de l’expédition dans le Grand Canyon sur les traces du chasseur et explorateur G.E. Kincaid.
Sur les traces de Lincoln Child et de Michael Crichton
            Avant d’aller plus loin, je voudrais tirer mon chapeau à la traductrice, Claire Kreutzberger, qui a eu la bonne idée de transformer le titre original de l’émission The Anomaly Files en un très explicite « Aux Frontières de l'Anomalie ».
En plus d'être terriblement évocateur, ce rappel avec la célèbre série télévisée de Chris Carter n'a rien de gratuit. Vous remarquerez d'ailleurs, que Michael Rutger tente de solliciter les mêmes méninges de son côté de l'Atlantique.
Mais ce que je salue c’est surtout, la volonté de traduire/adapter en française plutôt que de se contenter d’un The Anomaly Files, qui aurait été par ailleurs tout aussi compréhensible pour ceux à même de saisir l'allusion.
            En ce qui concerne ce qui attend les lecteurs et les lectrices potentiellement intéressées par ce roman, l’addition des indices que j’ai plantés (la revue Planète, l’allusion au duo Mulder & Scully, G.E. Kincaid, et en dernier lieu les noms de Lincoln Child et Michael Crichton) donnent une image certes encore un peu floue mais qui ne trompera pas les amateurs de littérature d'évasion.
            Pour les autres j'ajouterai que Michael Rutger est de ces écrivains qui savent injecter bien plus d’adrénaline littéraire qu’on ne peut généralement en supporter.
Ajoutez-y un ton parfois caustique , et un goût affirmer pour l’horreur  ; et le résultat ressemblera sûrement à « L'Anomalie ».
            Un roman disponible au prix de 9,99 euros dans sa version numérique, aux éditions Bragelonne©.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Dirty Harry ; critique d'une analyse politique partiale et idéologique

« Harry est un mal nécessaire, au même titre qu'un avocat ; lequel est prêt à tout pour arriver à ses fins, sans se soucier des conséquences de ses actes. Un avocat fait du droit sans se soucier de justice. Alors qu'Harry sert la justice sans ce soucier du droit. Ainsi son cœur est-il toujours du côté de la victime, alors qu'un avocat ajuste sa sympathie en fonction de ses intérêts. Un avocat peut être répugnant, mais on a besoin de lui. Et l'on peut penser la même chose d'Harry Callahan. ». ( J ohn M ilius.)             Au gré de recherches sur l'Internet © je suis tombé sur une vidéo [ Pour en savoir + ] dont le thème avait tout pour m'intéresser ; une analyse politique du cinéma dont le sujet est le film Dirty Harry 1971 . E astwood, S iegel, M ilius, le cinéma des années 1970, bref que du bon, et en plus dans un format ramassé (19'29").             D'entrée de jeu la vidéo s'attaque à une vieille lune : « À sa sortie en 1971, L’Inspect

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er