Accéder au contenu principal

Cosmo

.. L'un des personnages les plus intéressants, et probablement l'un des plus originaux apparus ces dernières années chez l'éditeur américain Marvel est sans aucun doute Cosmo.
Non seulement ce personnages est singulier mais le lieu dans lequel nous le découvrons par l'entremise du centurion Nova vaut son pesant de super-cacahuètes.

Cosmo est découvert au centre de Nulle part, autrement dit "le dernier endroit de la création, le dernier habitat de l'univers, qui dérive lentement vers la fin de toute chose".

Mais pas n'importe où dans ce quadrant de l'univers : dans la tête d'un Céleste !!


Cette situation interpelle d'ailleurs Nova, décidément pas au bout de ses surprises "Qu'est-ce qui peut bien décapiter un Céleste ?"......

.... Car les Célestes sont des créatures cosmiques dotées de pouvoirs quasi illimités. Ce sont, littéralement des Dieux.

Pour qui connaît un tant soit peu l'Univers 616, c'est un choc.

Peut-être ami lecteur n'es-tu pas rompu aux voyages intersidérals et aux rencontres cosmiques, et te demandes-tu ce qu'est un Céleste ?

Laissons Ike Harris nous en faire une présentation exhaustive :

Impressionant, non !?

D'autant que Cosmo est un chien, un chien qui parle.

NOVA
Certes les animaux qui parlent dans le domaine de la bande dessinée ne sont par rares, cependant l'orientation réaliste, ou soi-disant telle, prise par les super-héros ces dernières années tend à en gommer les éléments les plus fantaisistes.
Ce qui est plutôt cocasse dans un monde où les hommes volants sont monnaie courante.

Les Gardiens de la Galaxie

Cependant Lanning & Abnett ne semble pas de cet avis puisqu'au sein de l'équipe des Gardiens de la Galaxie on rencontre un raton-laveur, un insecte et ....... un arbre, anthropomorphes.

Oui mais alors, où est l'originalité de Cosmo ?







Eh bien Cosmo est d'abord un "vrai" chien, il marche à quatre pattes, n'a pas de pattes préhensiles. Visuellement rien ne le distingue d'un autre chien (ou presque). Je dirais que ce qui en fait l'originalité c'est son allure .... de chien.


Cosmo est né de l'imagination de Dan Abnett & d'Andy Lanning, ces deux scénaristes travaillent actuellement sur les deux meilleurs séries de la Maison des Idées : Nova et Les Gardiens de la Galaxie.

.. Avec ces deux séries (que l'on peut qualifier de "cosmiques") ils montrent que l'on peut faire du neuf avec du vieux en respectant le travail de ceux qui vous ont précédé. Ce n'est pas tant un respect de la "continuité" - ce concept devenu extrêmement pesant dans le monde super-héroïque - bien qu'Abnett & Lanning fassent preuve de beaucoup de talent dans ce registre également, mais plutôt de filiation.

Les deux auteurs connu sous le sobriquet de DnA, connaissent les histoires qui ont été écrites avant qu'ils n'arrivent sur les personnages qu'ils mettent en scène. Le nouveau lecteur peut facilement prendre le train en marche et le lecteur qui connait déjà les protagonistes prend plaisir à voir ici ou là, telle ou telle référence.


.. Or donc Cosmo est à la fois un nouveau personnage tout en véhiculant avec lui plusieurs pans de la "culture grand public". Le lecteur un peu versé dans la BD pense certainement à Krypto le chien de Superman, et vraisemblablement à Laïka le premier animal à être envoyé dans l'espace. Il faudra attendre quatre ans avant que Gargarine ne la suive.

Car pour en revenir à Cosmo, quelque soit les projets du (ou des) scénariste pour un personnages, le lecteur est partie prenante du processus.
Ainsi la tapisserie d'un récit est-elle constituée d'une multitude de nœuds borroméens

Le nœud borroméen est constitué de trois cercles entrelacés de manière à ce que si l'on coupe l'un d'entre eux, cela libère les deux autres. En d'autres termes, la structure s'effondre.

Dans un nœud borroméen, l'auteur incarne un cercle, un personnage le second cercle (mais cela peut tout aussi bien être un lieu à la place d'un personnage, voir une situation) et enfin, le troisième cercle est le lecteur.

Si le scénariste insuffle l'Existence à son personnage, et si celui-ci vit de l'interaction avec ses semblables (de papier et d'encre), avec les lieux et les événements qui peuplent sa propre histoire, le lecteur n'est pas en reste quant à sa vitalité.

Il apporte, chaque lecteur lui apporte un supplément d'âme.
De chaque cercle dépend l'unité du nœud borroméen, de chaque nœud dépend la qualité de la tapisserie.

Un supplément d'âme donc, et dans le cas de Cosmo si j'ai déjà évoqué Laïka ou Krypto j'ai découvert récemment qu'au début des années 40 un personnage connu sous le nom de Sergeant Saturn tenait la rubrique des lecteurs du pulp Startling Stories.


Créé par Mort Weisinger, ce personnage n'était rien de moins qu'un old space dog. Un vieux chien de l'espace, et immédiatement je me suis imaginé Abnett & Lanning se dire :

- "Hé dis-moi, tu te souviens du vieux Sergent Saturne, ce cabot à la langue bien pendue de Mort Weisinger ?"

-"Et si on faisait d'un chien qui parle un personnage de notre équipe !"


.. En guise de conclusion, que Cosmo soit réellement un parent du Sergent Saturne ou pas n'a que peu d'importance, parce que de toute façon j'aime cette idée.
Et qu'en toute état de cause, il reste un excellent personnage, certainement l'un de mes favoris apparu ces dernières années.


La photo du noeud borroméen est l'oeuvre de Claude Lothier.

Commentaires

  1. ah, les guardians, une série vraiment géniale ! surtout pour Groot et Rocket ! et Jack Flag aussi, sauvé de son run sur les t-bolts du père Ellis !
    je suis plus dubitatif concernant Nova (que je lis depuis sa mini annihilation et qui, à mon avis, connait autant de hauts que de bas) mais Guardians of the Galaxy, c'est vraiment le pied. un titre de super héros cosmique en tout point parfait.
    j'espère par contre qu'il va survivre... les chiffres sont assez mauvais et quelques rumeurs circulent...

    RépondreSupprimer
  2. Je suis bien d'accord avec toi les Gardiens est une excellente série, DnA fait un travail remarquable.

    Pour la suite de la série je suis comme toi, dubitatif, compte tenu des rumeurs et propos qu'on entend ici ou là.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Doctor Strange Legacy [Cates / Hernández Walta / Duclos]

La curiosité m'avait poussé, il y a 4 ou 5 ans, à m'intéresser au travail d'un nouveau venu du nom de Donny Cates. Depuis il a fait son petit bonhomme de chemin et est devenu un scénariste en vue de la Maison des idées™.
Et c'est tout à fait mérité.

Donny Cates n'est pas le genre à vouloir réinventer la poudre, pour finalement accoucher d'un pétard mouillé (qui a dit Tom King ?). Son domaine c'est le divertissement, l'évasion, et très souvent un excellent moment de lecture. 

Cette reprise de la série « Doctor Strange », 5 numéros mensuels compilés dans ce premier tome, en est la carte de visite idéale. 

Si l'adaptation cinématographique du personnage, créé par Stan Lee & Steve Ditko en 1963, lui a permis de retrouver les têtes de gondole des comics shop, on est toutefois passé par un petit lifting façon Jason Aaron & Chris Bachalo [Pour en savoir +] pour la version bande dessinée.

Mais rassurez-vous, ne rien connaître du personnages et de ses pré…

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes, relaunchs, reboots, voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ».
En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock, un personnage créé par Rich Buckler & Doug Moench pour Marvel [Pour en savoir +], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à Charlie Huston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight, qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. Huston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et particulièrement pour les u…