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Analog [Gerry Duggan / David O'Sullivan]

Situation : Dans un futur très proche du notre, 2024, le monde de la série « Analog© » a toutefois sévèrement changé. En effet, suite au « Great Doxxing », autrement dit la divulgation d'informations privées, à une échelle jamais vue, et pour cause ; plus personne ne fait confiance au World Wide Web™.
Et les informations confidentielles sont désormais acheminées, sous une forme essentiellement physique, via des transporteurs humains. 

Mission : « Analog© », série à suivre commercialisée par Image Comics™ outre-Atlantique, s'intéresse principalement à Jack McGinniss, l'un des ces transporteurs. 
Toutefois, McGuinniss a des secrets bien à lui, en plus de ceux qu'il transporte aux quatre coins du monde. Ce personnage principal est entouré d'un cercle restreint de proches, et de quelques individus moins proches, dont l'un est sans conteste sa Némésis.

Exécution : D'abord envisagée sous la forme d'un roman, « Analog© » sera finalement publiée sous la forme d'une série de bandes dessinées, permettant ainsi à son créateur, dixit Gerry Duggan himself, de contextualiser cette histoire gafaïenne au plus près de l’actualité. 
Créateur/propriétaire de son projet, il peut en effet faire à peu près ce qu'il veut. 
La plus belle (double) planche du recueil

Place de chacun : Duggan, scénariste connu notamment pour ses travaux de commande chez l'éditeur Marvel™, s'associe ici avec un nouveau venu à la planche à dessin ; David O'Sullivan. 
Embellis par les couleurs de Jordie Bellaire (sur le premier numéro), les dessins d'O'Sullivan restent toutefois très raides. Et son storytelling, plutôt timide, n'invite guère à la contemplation de ses planches (sauf sur la plus réussie d'entre elle supra). En un mot comme en 100, ce n'est pas pour les dessins qu'on en vient à lire « Analog© ». 
Ça ne sera pas pour le scénario non plus !
Sous-titrée, « a cyber-dystopian noir » la série promet en effet plus qu'elle ne tient. 

Passée la belle idée de départ, le discours critique de la société, promis par l'épithète « noir », est très mince (pour rester poli).  Et surtout très très convenu.

En outre, le premier tome de la série, qui regroupe les cinq premiers numéros, se lit très vite, une rapidité qui tient principalement à une absence criante de complexité. Un comble pour un sujet qui l'est justement. La minceur psychologique des personnages n'aide pas à ralentir la lecture non plus. 

C'est finalement assez triste de voir un scénariste qu'on apprécie, tenter sa chance du côté du « creator ownship », et de le voir accoucher d'une histoire moins intéressante que ce qu'il produit d'habitude sur commande, avec des personnages pourtant usés jusque la corde.
Sa « dystopie noir » n'aurait d'ailleurs pas dénoter si elle avait été publié dans un paperback de la grande époque. Et ce n'est pas Jack McGinnis qui me détrompera !
Rien de répréhensible à cela, mais quitte à vouloir coller à l'actualité gafaïenne, autant éviter de donner à lire une histoire qui semble si datée.

Commentaires

  1. Exactement le même ressenti que toi : pas beaucoup de noir et encore moins de réflexion sociologique, et des dessins sans panache ni beaucoup de personnalité. Du coup, je ne sais pas encore si je serai assez curieux pour essayer Dead Eyes son autre série Image Comics, dessinée par John McCrea. En termes d'anticipation sur la généralisation des réseaux sociaux couplée à l'überisation, j'ai de loin préféré le premier tome de Crowded, par Christopher Sebela & Ro Stein.

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    Réponses
    1. John McCrea c'est tout de même un autre registre.
      Il me semble que Dead Eyes est la refonte d'un titre commun avec Duggan, précédemment annulé par Image, intitulé Dead Rabbit ?
      Une histoire de copyright sur le nom, je crois.

      En tout cas merci de tes commentaires, d'autant que Crowed était passé sous mon radar. Si j'en ai l'occasion j'y regarderai de plus près.

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