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Un chœur d'enfants maudits [Tom Piccirilli / Michelle Charrier]

Proposé sous la forme d'un inédit, dans la collection « Folio SF », Un chœur d'enfants maudits ne ressortit pourtant pas de cette catégorie.
Le roman de Tom Piccirilli (1965-2015), si je devais le classer, prendrait place dans ce qu'on appelle plus communément le « réalisme magique ».
Autrement dit, un récit où le surgissement de l'irrationnel, ou de l'extraordinaire, n'y est pas appréhendé sous le mode du conflit frontal entre la réalité habituellement admise et quelque chose qui la nie. 
En d'autres termes, le « réalisme magique » propose une vision du réel élargie à des aspects habituellement récusés par la raison.  Sans pour autant être de la fantasy.

« En tout cas gamin, t'es plus cinglé qu'trois chats dans une essoreuse, ça c'est sûr. »

Mâtiné d'une enquête policière farfelue, mais considérée avec le plus grand sérieux, Un chœur d'enfants maudits est surtout un petit guide touristique de Kingdome Come, une ville du « Sud profond » et de ses tout aussi étonnants administrés. 300 pages d'un plaisir de lecture auquel Michelle Charrier, la traductrice, n'est sûrement pas pour rien. 

En effet, Tom Piccirilli montre beaucoup d'empathie pour ses personnages, même les pires, et cette tendresse transpire au travers d'un style envoutant et captivant. La quatrième de couverture cite Harry Crews, et je ne peux qu'abonder. 

Un choeur d'enfants maudits est un page-turner, dont le souvenirs ne manquera pas de vous laisser quelques réminiscences. Et une très belle entrée dans l'univers littéraire d'un auteur fort rare de ce côté-ci de l'Atlantique.
Je recommande, tout aussi chaleureusement, de Tom Piccirilli ; La rédemption du marchand de sable.           

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