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True Detective [Saison 3]

« Le Temps loge hors de l'horloge »
(E. Klein.)
Alors qu'on vient d'annoncer une quatrième saison, mais sans Nic Pizzolatto, le créateur de la série et principal scénariste des trois saisons précédentes, voire réalisateur de plusieurs épisodes ; je viens de terminer les huit épisodes de la dernière saison en date.          
            Une saison qui paradoxalement bat en brèche la lettre d'intention du format, puisqu'il est explicitement fait référence dans cette histoire à celle de la première saison.
Un univers fictionnel partagé donc, qui pour le coup en évoque un autre, du moins pour cette dernière ; celui de l'univers-bloc.
            Nonobstant une dernière image de l'ultime épisode plutôt équivoque. Elle semble en effet dire que l'enquête sur la disparition des enfants Purcell, et tout ce que raconte les huit épisodes de la saison sont le fruit de l'esprit de Wayne Hays (alias Mahershala Ali); à la manière de ce que vit Jacob Singer dans L'Échelle de Jacob1990 d'Adriane Lyne.
Que nenni !
Tous les indices inclinent avec conviction vers un univers-bloc. Une théorie cosmogonique & temporelle où l'univers tout entier déploie tous les événements (passés, présents et futurs) de tout ce qui y vit en même temps. Cette théorie explique mieux que n'importe quelle autre hypothèse certains événements que vit (et voit) Wayne Hays. Me semble-t-il.
Cependant, adhérer à cette théorie plutôt qu'à une autre n'est pas indispensable pour apprécier l'histoire la bromance de nos deux enquêteurs. Dont les interprètes, Stephen Dorff et Mahershala Ali donc, auraient fait deux excellents Hap & Leonard, les personnages inventés par Joe R. Lansdale.
Ceci étant dit, les huit épisodes de l'intrigue, dont on peut dire de manière générale qu'elle est un dispositif qui permet aux événements de ne pas tous arriver en même temps, et dans un ordre précis, repose sur la théorie (encore) dite du « conflit central ».
C'est à George Bernard Shaw qu'on la doit, et son principe est assez simple comme tout ce qui marche) : « quelqu'un veut quelque chose qu'un autre ne veut pas qu'il obtienne ».
Dans le cas présent, l'autre en question a pris ce qu'il voulait, entrainant une multitude d'aléas. Comme de juste, ce qui a fait le succès de la première saison est reconduit assez fidèlement, dont une ambiance à nulle autre pareille, amorcée par la magnifique chanson « Death Letter » interprétée par Cassandra Wilson pendant le générique d'ouverture.
            Tout n'est cependant pas parfait dans cette troisième saison.
Je trouve que Nic Pizzolatto a trop recourt aux scènes domestiques entre Wayne Hays et son épouse, Amelia Reardon (Carmen Ejogo). Un personnage dont j'aurais aimé qu'il s'émancipe de cette tutelle maritale. A contrario le personnage de Stephen Dorff, que la série dessine en creux, vole souvent la vedette à Mahershala Ali. 
Les deux enfants de Wayne & Amelia sont complétement superfétatoires.
Le dispositif documentaire, qui permet de récapituler de manière élégante les deux périodes du passé, tout en faisant le point au moment où il se tourne est un peu trop facilement « oublié » dès qu'il n'est plus franchement utile.
C'est d'autant plus regrettable qu'il devenait plus intéressant au fur et à mesure. J'aurais d'ailleurs bien vu la documentariste, Elisa Montgommery (alias Sarah Gadon) jouer une rôle beaucoup plus ambiguë. (Suivez mon regard).
Malgré ces reproches mineurs, cette série se situe en haut du panier. Comme les deux précédentes.
 
(À suivre ......)
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© L'affiche qui ouvre cette critique est l’œuvre de Nikos Bogris. 

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