Accéder au contenu principal

Présumé innocent [Scott Turow / Jean Clem]

            Lors de la campagne électorale pour sa réélection Ray Horgan, procureur du comté de Kindle se trouve devoir faire face à un ballotage contrariant et à la découverte d'un meurtre qui ne l'est pas moins puisqu'il implique Carolyn Polhemus, une adjointe de son bureau. 
Il charge Rusty Sabiche, son bras droit, de s'occuper de l'enquête.
Les noms, lieux, personnages et péripéties de ce roman sont purement fictifs ; toute ressemblance avec des événements réels, des personnes existantes ou ayant existé serait de pure coïncidence. Cela dit, le fonctionnement de la justice américaine est tel qu’il est décrit : on confie l’accusation à un prosecuting attorney, procureur élu, doté de pouvoirs étendus et souvent entouré de très nombreux adjoints. C’est aussi un homme public, soucieux des media et soumis aux alliances politiques.  
            « Présumé innocent » est un thriller judiciaire, un (mauvais) genre qui s'intéresse principalement à ce qui se déroule dans un prétoire. Si ce roman, qui a par ailleurs été adapté au cinéma, était un épisode de série télévisée ce serait sûrement celui de l'excellente New York Police Judiciaire.
            Or donc, la force de cette histoire est de donner au lecteur suffisamment d'éléments pour assez rapidement suspecter quelqu'un. Puis de lancer plusieurs pistes, qui ne se révéleront d'ailleurs pas toutes fausses.
Pour finalement revenir au premier suspect.
            Et alors que tout semble pourtant claire, le roman ce termine néanmoins sur un sentiment d'incertitude glaçant.
Un étourdissant tour de bonneteau littéraire.     
Du grand art ! Un roman passionnant de bout en bout.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Dirty Harry ; critique d'une analyse politique partiale et idéologique

« Harry est un mal nécessaire, au même titre qu'un avocat ; lequel est prêt à tout pour arriver à ses fins, sans se soucier des conséquences de ses actes. Un avocat fait du droit sans se soucier de justice. Alors qu'Harry sert la justice sans ce soucier du droit. Ainsi son cœur est-il toujours du côté de la victime, alors qu'un avocat ajuste sa sympathie en fonction de ses intérêts. Un avocat peut être répugnant, mais on a besoin de lui. Et l'on peut penser la même chose d'Harry Callahan. ». ( J ohn M ilius.)             Au gré de recherches sur l'Internet © je suis tombé sur une vidéo [ Pour en savoir + ] dont le thème avait tout pour m'intéresser ; une analyse politique du cinéma dont le sujet est le film Dirty Harry 1971 . E astwood, S iegel, M ilius, le cinéma des années 1970, bref que du bon, et en plus dans un format ramassé (19'29").             D'entrée de jeu la vidéo s'attaque à une vieille lune : « À sa sortie en 1971, L’Inspect

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er