lundi 27 septembre 2010

Le Fantôme, le film

Sorcier Touganda


Vous avez bien compris que la bague du fantôme relève du talisman, artefact dont on sait qu'il tire son pouvoir de ce qu'il représente. Au Moyen Âge le talisman est appelé imago (image), le terme se transformera au contact de la culture arabe (tilsma) puis/et (?) grecque (telesma). 
Au XIIième siècle Hermann de Carinthe évoque dans l'un de ses ouvrages les thelesmatici, autrement dit les faiseurs d'images magiques.

L'image en question, une tête de mort évoque bien entendu le symbole des pavillons pirates, partant du principe magique que le semblable attire et agit sur le semblable. Cérémonie chamanique (pour le film) ou création d'un ordre de chevalerie  (pour le strip) ; talisman, emblème ou encore sigil, la bague du Fantôme est  fortement chargée de symbolique, tout comme la lame de tarot qui lui correspond.


C'est dans les forêts que se trouve la jeunesse éternelle.
Ralph Waldo Emerson

... Malgré les légères libertés prises avec les origines de papier du Fantôme du Bengale (on remarquera toutefois que la concision a été maintenue), le film éponyme de 1996 est en tout point épatant. Grand film d'aventure,  superamalgamant avec beaucoup d'habileté l'action, l'inventivité, le charme, l'humour, la somptuosité des décors,  le film de Simon Wincer est de mon point de vue une très  belle réussite.


Billy Zane est un Fantôme extrêmement convaincant, à la plastique irréprochable (magnifique athlète) et au charisme indéniable. Séducteur, plein d'humour tout en sachant faire preuve de pugnacité et d'autorité ; il porte le costume de L'Ombre-qui-marche avec beaucoup de naturel, ce qui n'est pas l'attitude la plus facile à adopter : on sait combien le passage pour le costume, de la page à l'écran est souvent la pierre d'achoppement des héros  justement costumés.


Il est soutenu par une distribution de qualité, les acteurs donnent vie à leur personnage avec beaucoup de talent et de dynamisme ; on croise un capitaine d'industrie mégalomane, un magnat de la presse consciencieux, des gangsters hardboiled et calculateurs, des pirates cruels, des aventuriers de sac et de cordes, une héroïne alliant une tête bien faite et bien pleine (et un caractère bien trempé), une méchante aviatrice au charme indéniable, bref toute la panoplie archetypale que l'on s'attend à trouver dans ce genre de film mais sublimée par l'interprétation & la mise en scène.  Les Prouesses physiques  - combats ou cascades sont magistralement filmés. Ajoutez des décours magnifiques et voilà planté une bonne partie de la réussite du film.

Dans mon précédent billet j'évoquais la disparité des couleurs du costume du Fantôme du Bengale à travers le temps et l'espace. Il me semble néanmoins que la couleur rouge adoptée par la France est pour le moins pertinente. Du moins, à partir du moment où l'on sait que le pavillon pirate est appelé Jolly Roger chez les Anglais. Nom qui vient du français "joli rouge", couleur initiale de certains pavillons pirates français. Formidiable n'est-il pas !?

Kristy Swanson
... Le parachèvement de cette réussite cinématographique tient à l'histoire elle-même qui a la bonne idée de puiser aux origines de la dynastie des Fantômes, et de garder un rythme soutenu sans pour autant rendre nauséeux le spectateur, une gageure en regard des films d'aventures et d'action qui nous sont souvent proposés de nos jours.

Bref un excellent film pleins de péripéties et d'inventivité, que je range à côté des Mystery Men dans le rayon adaptation réussie.

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