Accéder au contenu principal

La Paille dans l'Œil de Dieu [Niven & Pournelle / Cowen, Durastanti & Girard]

J'ai lu The Mote in God's Eye1974 dans le version qu'a éditée Le Bélial'™, publiée sous le titre de « La Paille dans l’œil de Dieu » en 2007. 
Un roman dit de 1er contact (extraterrestre), dont la réputation, ce récit a paru en 1981 en Super + fiction© aux éditions Albin Michel™, en faisait à ma connaissance, un space opera « militariste ». 
Un adjectif que je ne contesterai pas si on entend par-là que l'armée y joue un rôle prépondérant. Mais qui ne convient guère si on veut souligner que ce roman est une histoire de guerre des étoiles aux nombreuses batailles.
L'affrontement qui se déroule dans les 600 pages de sa traduction révisée est plutôt celui - très plausible - de la conduite à tenir face à une civilisation qui nous serait totalement étrangère. Et supérieure.
            Découpé en quatre parties et un épilogue,
« La Paille dans l’œil de Dieu » paraît étonnamment contemporain à la lecture. Peut-être que le travail de révision de la précédente traduction, par Pierre-Paul Durastanti & Olivier Girard, y est pour quelque chose. 
En tout état de cause, Larry Niven & Jerry Pournell m'ont rapidement captivé, quand bien même l'arrière-plan politique - un empire très old school -  accusait les années qui nous séparent aujourd'hui de la première publication de cette œuvre. Dont Serge Lehman - dans une préface dont il avait le secret - nous dit qu'elle mérite le statut de « classique mineur ».
Toutefois la sérénité qui accompagne la découverte d'un roman qui va me combler n'a guère tenu plus loin que les 250 premiers pages.
            En effet, dès qu'une ambassades est envoyée sur la planète des Pailleux, le plaisir de la lecture se change rapidement en une longue, très longue attente.
Comme de bien entendu lorsque la lecture se fait moins intéressante l'esprit vagabonde, et les points qui nous paraissent faibles deviennent ceux auxquels ont réfléchit le plus. Une attention qui devient vite superflue, tant les auteurs semblent décidés à dynamiter eux-même leur propre récit.
Là où les par exemple, deux romanciers donnaient précédemment le change en proposant différents points de vue, le récit se focalise uniquement sur un trio d'intrépides survivants perdus sur la planète Alpha de la Paille.
Sensée nous éclairer sur les motivations « cachées » des Pailleux, cet intermède (bien trop long à mon goût) accouche d'une explication bien bénigne en regard des conséquences qu'elle entraînera et des manœuvres qu'elle a nécessitées.
« Tout ça pour ça me disais-je en mon for intérieur ?! ».
            Si la visite touristique avait déjà bien entamé mon plaisir de lecture, l'attaque des « lutins » n'a rien fait pour l'endiguer, et je crois bien que je suis définitivement passé en pilotage automatique à ce moment là (avec de faibles états de conscience), assommé par l'une des nombreuses poutres de dialogues qui passait par-là.
Un état de semi-conscient donc qui ne me permet pas dire quoi que ce soit de définitif sur ce roman (sinon que je n'envisage pas de le relire).
Hormis donc les ± 250 premières pages, « La Paille dans l’œil de Dieu » ne m'a inspiré qu'un ennui que je qualifierait de poli, eu égard au travail de Larry Niven, Jerry Pournelle, Eric Cowen, Pierre-Paul Durastanti, Olivier Girard et Alain Brion.
Mention particulière à la préface de Serge Lehman.

Commentaires

  1. nospam@briat.org24 août 2021 à 17:35

    De mes lointains souvenirs, ce qui m'a le plus choqué (à part le coté très old school) c'est le manque total de prudence dont font preuve les militaires suite à la "contamination" de leur vaisseau. Admettons qu'Alien soit encore très frais dans les esprits, il est tout de même bizarre que la paranoïa de la guerre froide (ou de la seconde guerre mondiale) ne soit pas présente dans ce premier contact. Quand au postulat qu'un tout petit organisme soit capable de maitriser une technologie spatiale inconnue et soit doublé nativement d'un instinct de guerilleros me semble aussi un peu tiré par les cheveux (surtout qu'il aurait pu être bien plus sournois que cela : gaz, espionnage technologique, piratage "électronique", ...).
    Les soldats ont vraiment des réactions de marins du XVIIIème siècles.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. « Les soldats ont vraiment des réactions de marins du XVIIIème siècles. », c'est ça !
      Et j'ajouterais que les scientifiques de l'expédition ont le même millésime. [-_ô]

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Dirty Harry ; critique d'une analyse politique partiale et idéologique

« Harry est un mal nécessaire, au même titre qu'un avocat ; lequel est prêt à tout pour arriver à ses fins, sans se soucier des conséquences de ses actes. Un avocat fait du droit sans se soucier de justice. Alors qu'Harry sert la justice sans ce soucier du droit. Ainsi son cœur est-il toujours du côté de la victime, alors qu'un avocat ajuste sa sympathie en fonction de ses intérêts. Un avocat peut être répugnant, mais on a besoin de lui. Et l'on peut penser la même chose d'Harry Callahan. ». ( J ohn M ilius.)             Au gré de recherches sur l'Internet © je suis tombé sur une vidéo [ Pour en savoir + ] dont le thème avait tout pour m'intéresser ; une analyse politique du cinéma dont le sujet est le film Dirty Harry 1971 . E astwood, S iegel, M ilius, le cinéma des années 1970, bref que du bon, et en plus dans un format ramassé (19'29").             D'entrée de jeu la vidéo s'attaque à une vieille lune : « À sa sortie en 1971, L’Inspect

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er