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Mange tes morts [Jack Heath / Charles Bonnot]

On peut dire que la vogue des « consultants » est consubstantiel au roman policier, et à ses dérivés. Que l'on pense au chevalier Dupin, ou à l'avocat Everett Raymond, pour n'en citer que quelques-uns. Timothy Blake est désormais, grâce à Jack Heath, l'un d'entre eux. Et certainement pas l'un des moins originaux. 
            Le titre français du roman et sa couverture donnent un aperçu de ce qui nous attend, et que l'original dissimulait mieux. Ainsi  le titre anglais Hangman, ou « Le Pendu », est-il, apprendrons-nous, une référence au jeu de devinettes homonyme bien connu, car Timothy Blake utilise par goût, et nécessité, une combine à base de résolution d'énigme pour gagner sa vie. Et « Le Pendu » est son pseudonyme sur l'Internet™.
En effet si Timothy Blake est consultant pour l'antenne du F.B.I. de Houston (Tx), il vivote chichement d'arnaques, et partage une location avec un dealer. Rien de très reluisant chez cet individu, passé d'un foyer d'accueil à la rue, suite à un très mauvais départ : ses parents ont été abattus en sa présence alors qu'il n'était qu'un bébé.
Apax existentiel, cette tragédie a radicalement transformé Timothy Blake.
            L'affaire qui l'occupera durant tout le roman est celle d'un enlèvement aux multiples rebondissements, alors qu'en parallèle sa personnalité nous apparaitra à la manière d'un puzzle.  
Jack Heath prendra également soin d'étayer la raison qui pousse un agent du F.B.I. a faire un tel recrutement, sous la forme d'un très chouette tour de force.
« Mange tes morts » se conclut par une fin ouverte (sic), ce qui le rend tout à fait autonome, alors que deux suites ont paru, respectivement en 2019 et en 2020, en anglais.
            Roman particulièrement réussi, « Mange tes morts » captive autant grâce au suspense de l'enquête, qu'au travers la personnalité de son protagoniste principal. La galerie de personnages qui lui gravite autour est d'ailleurs tout aussi soignée.
Si Jack Heath a, semble-t-il, conquis un large lectorat adolescent avec ses autres romans, « Mange tes morts » ne leur est visiblement pas destiné. Ou alors aux plus téméraires.  

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