« Black Bag » est un whodunit façon Cluedo©, et comme le jeu inventé par Anthony Pratt et sa femme, Elva Rosalie en 1943, il a ses propres règles.
Ce qui ne devient gênant que lorsque le film a fini de nous captiver.
Mais ne ne brûlons pas les étapes.
« Black Bag » donc, qui est dans le film de Steven Soderbergh, signé David Koepp, l'équivalent du « besoin d'en connaitre » du Bureau des légendes, s'intéresse à la recherche d'un traître au sein d'un « service secret » (?) britannique. Du moins est-ce ce que que veut nous faire croire Steven Soderbergh.
Le hic est que George Woodhouse (Michael Fassbender) - une sorte de super-limier dans le service en question, doit aussi enquêter sur sa propre femme, laquelle occupe un poste très important au sein du même service, mais pas dans le même secteur.
La mise en scène et l'interprétation sont telles, qu'elles dissimulent tous les trous du scénario encore mieux que Kathryn St. Jean (Kate Blanchett) ses sentiments, c'est dire !
Les décors, très classieux et la musique (même en sourdine) ajoutent au plaisir qu'on prend très rapidement à regarder « Black Bag ». C'est un cinéma léché fait pour les yeux ; une résurgence du « cinéma du look », théorisé par Raphaël Bassan en son temps. <rire>
Ce
jeu du chat et de la souris, entre un époux et sa femme - très atypiques
dans le milieu dans lequel ils travaillent ; en ce sens qu'ils sont fidèles et se soutiennent contre vents et
marées, est tout simplement brillant. Maniéré mais brillant.
Il
y a beaucoup de scènes muettes, où les protagonistes marchent dans des
rues, montent des escaliers, marquent un temps (toujours un poil plus
long que la politesse le voudrait), parcourent des couloirs ; sans parler des
dialogues, cyniques, laconiques, pleins de sous-entendus (souvent salaces) ; tout cela fait
mouche.
« Black Bag » !?
Ça n'est pas l'espionnage en tout cas. <sourire>
Steven Soderbergh & David Koepp nous font prendre des vessies pour des lanternes d'une manière certes élégante, mais très effrontément.
À la fin, comme il se doit, tous les suspects sont réunis dans une ultime confrontation.
Et comme je le disais, « Black Bag » fonctionne encore mieux qu'une montre Sturmanskie©.
Et comme je le disais, « Black Bag » fonctionne encore mieux qu'une montre Sturmanskie©.
Mais lorsque le rideau tombe, le scénario de Koepp apparait dans toute sa désinvolture. (En y repensant, l'un de ses romans m'avait donné la même impression [Pour en savoir +]).
Presque dommage.
Car si le scénario ne tient - après coup, pas très bien la route, le film, contre toute attente marche.
Ou plutôt il nous fait marcher.
Alors ne boudons pas notre plaisir.
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