samedi 17 juillet 2010

Hercule Poirot


[...]
.. Toute la littérature théorique sur le roman policier d'énigme est dominée par un principe de dissimulation qu'Agatha Christie semble avoir porté à la perfection, principe qui se décompose en deux règles. La première est que la vérité doit être cachée pendant l'ensemble du livre. Le roman policier n'a de sens que si la vérité n'est pas révélée avant la fin du texte et, si possible, avant les toutes dernières pages. Cette dimension ludique est essentielle à la constitution même de l'aveuglement, qui prend d'autant plus de force qu'il est tardivement dissipé.
.. Second aspect du même principe : tout en étant cachée, cette vérité doit être accessible au lecteur, et même placée en évidence. Il ne serait pas conforme au genre que la vérité soit liée à des éléments que le lecteur n'avait pas à sa disposition : personnage inconnu, indice caché, etc. Cette seconde règles distingue ce type de roman d'autres formes policières où l'essentiel est moins la solution d'une énigme que la description d'un milieu ou la peinture d'une atmosphère. [...]

Pierre Bayard
Qui a tué Roger Ackroyd ?

... La série télévisée consacrée à Hercule Poirot utilise avec succès le principe énoncé en exergue à ce billet. Principe que nous devons notamment d'avoir été théorisé dés 1928 par le critique et écrivain S.S. Van Dine, contemporain d'Agatha Christie.
Or donc, je me suis replongé dans les aventures télévisées du détective belge sans aucun a priori, n'ayant gardé que peu de souvenirs des épisodes que j'avais pu voir ultérieurement. 

Bien m'en a pris,  les trois épisodes de la 10iéme saison et les deux autres de la 11ième que j'ai regardés sont d'une rare qualité (mention particulière à Les indiscrétions d'Hercule Poirot).
Chaque enquête dans son déroulement et sa résolution est un modèle du genre, la reconstitution de l'époque et du milieu dans lesquels elles se déroulent est extrêmement soignée, et les acteurs sont tous de grand talent.

C'est tordu, sophistiqué, empreint d'une belle dose d'hypocrisie et  croyez-le ou non, d'une tension sexuelle exacerbée.

Si David Suchet est fantastique dans le rôle du célèbre dandy détective, le reste de la distribution, au gré des épisodes, n'est pas en reste loin s'en faut. Les seconds rôles sont très loin de certaines séries "aseptisées", ici tous les physiques ont droit de citer. 

Une bien belle série à la fois distrayante, reposante et attrayante ; dont la qualité du doublage doit être par ailleurs relevée, notamment en ce qui concerne Hercule Poirot dont la voix est celle de l'incomparable Roger Carel.

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