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Captain America vu par Rick Remender

Attention, ceci est un billet critique qui dévoile des éléments que certains lecteurs aimeraient peut-être découvrir lors de leur propre lecture, même si ici, ils ne sont que superficiellement abordés.

 …. Choix du scénariste ou volonté éditoriale ( ?), le Captain America de Rick Remender a la très bonne idée de couper radicalement les ponts avec ce qu’en avait fait Ed Brubaker, le scénariste précédent.
Remender imagine d’envoyer la création de Joe Simon & Jack Kirby dans un monde qu’on croirait inventé par ce dernier au cours d’une discussion avec J.R.R. Tolkien. L’emblématique super-héros américain y connaîtra les affres de la paternité, un aspect qui je crois n’avais jamais été abordé aussi franchement dans son déjà long parcours de personnage d’encre et de papier.
Rick Remender y développe dans ces 10 premiers numéros, conséquence de la situation dans laquelle se trouve son personnage principal, un discours sur l’éducation, tout en sacrifiant – bien évidement – une part notable de pages à des affrontements qui n’ont rien à envier à ceux qu’auraient, justement, pu imaginer Tolkien ou Kirby. Cela dit, la part d’introspection qu’autorise un écoulement du temps digne des meilleurs contes de fée, équilibre joliment cette aventure. 
Rien n’est à jeter dans cet arc intitulé« Perdu dans la Dimension Z ».

John Romita Jr., très en forme, laisse s’exprimer toute la puissance picturale dont il est coutumier, soutenu par une mise en récit (storytelling) dynamique, et surtout d’une belle efficacité. Secondé par des encreurs qui connaissent leur travail, la vraie plus-value – à mes yeux - vient des couleurs de Dean White, coloriste que j’apprécie beaucoup. Il donne à la « Dimension Z » tout ce qui lui faut d’ambiance, pour qu’on ait envie d’y croire.

…. Manifestement, le scénariste à quelque chose à dire sur ce personnage, ce qui ne l’empêche pas d’en créer de nouveaux pour y parvenir.

Si les deux tomes de « Perdu dans la Dimension Z » étaient très réussis, « Nuke se déchaîne », le suivant de l’ère Marvel Now, du nom de l’événement sensé à la fois servir de relance aux titres de l’éditeur et de nouveau point d’entrée dévolu à ses personnages, ouvre une très belle saga. Le Nuke en question s’y verra dépeint en soldat perdu – comme les U.S.A. savent les fabriquer - d’un impérialisme sans inhibition au point de dévorer ses propres enfants. Un droit d’ingérence dont le retour de balancier ne se fera pas attendre puisque c’est sans temps mort qu’on enchaînera sur « Clou de Fer ».
Un quatrième tome qui laissera rétrospectivement l’impression que « Perdu dans la Dimension Z » était une bien anodine promenade de santé pour Captain America. C’est dire si Remender joue sur du velours, celui qui d’ordinaire recouvre les mains de fer.

« Soldat de demain », démontre que Rick Remender a de la suite dans les idées, tout en réutilisant un ressort dramatique déjà usiné par Ed Brubaker, dont la proximité en amenuise un peu l’effet.
Même si l’idée à laquelle aboutira ce cinquième recueil est bonne, en plus de la redondance d’une nouvelle passation de pouvoir, celle-ci est relatée dans l’épisode le plus mal écrits que j’ai pu lire ; le scénariste avait vraisemblablement mangé un clown périmé le matin même.

…. Après vingt-cinq numéros, que l’éditeur Panini a donc divisés en cinq albums, Marvel Now tire sa révérence en même temps que l’ancien porteur de bouclier, pour laisser place à un nouveau Captain America sous un label tout aussi neuf « All-New », et ……… une nouvelle numérotation.
Rick Remender, et ses collaborateurs John Romita Jr., puis Carlos Pacheco et Nic Klein à tour de rôle, les encreurs Klaus Janson, Scott Hanna ou encore Tom Palmer ; les coloristes dont Dean White déjà cité ou encore Sonia Oback, Dave Stewart, et j’en oublie, tous auront donc participé à la belle réussite qu’aura été cette entreprise publiée mensuellement aux Etats-Unis entre janvier 2013 et décembre 2014. 

Un bilan plus que positif, marqué toutefois par un faux pas sur un épisode dont j’aurais aimé qu’il soit plus sérieux. Néanmoins même sur ce numéro, Remender donne au passage de relais entre Steve Rogers et Sam Wilson une évidence qui en dit long sur l’amitié des deux personnages. 

(À suivre …)

Commentaires

  1. Bonjour,

    je partage entièrement ton avis sur cette série, y compris les résurrections un peu facile et le final du tome 5 un peu expédié. Tu peux ajouter 2 tomes annexes également écrits par Rick Remender : Winter Soldier: The bitter march (avec l'origine d'Iron Nail) et Warzones: Hail Hydra avec Ian Rogers en Nomad.

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    1. Merci, je note tout ça, et je m'en vais me les procurer pour une lecture à venir.

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