Accéder au contenu principal

Le crime de Julian Wells [Thomas H. Cook / Philippe Loubat-Delranc]

« Le crime de Julian Wells », du prolifique Thomas H. Cook, est un roman policier astucieux qui subvertit avec beaucoup de brio les règles du genre. 
Comme parfois, ici le crime en question repose sur un malentendu, que l'enquête mettra au jour après un long voyage. Dans tous les sens du terme.
            Très référencé, avec au moins une annotation qui me semble ne pas correspondre à l'ironie d'un personnage, ce roman parcours l'espace et le temps.
            En effet donc, lors d'une rencontre à la frontière du Brésil et de l'Argentine, pays où tout a commencé alors que la junte militaire était au pouvoir, El Árabe, un tortionnaire au service de la dictature du temps d'avant, s'exclame, en voyant arriver Loretta Wells et Philip Anders à la recherche des réponses aux questions qui meuvent l'intrigue : « – Tiens ! L’aigle s’est posé, dit-il en s’esclaffant. ».
Et la note de bas de page de préciser : « Allusion au film de John Sturges adapté d’un roman de Jack Higgins, L’aigle s’est envolé. ».
Mais, compte tenu du contexte, je crois que Thomas H. Cook fait plutôt ici référence à la mission Apollo 11. [Sourire]  
Mais peu importe.
            « Le crime de Julian Wells » est un petit bijou, un whodunit où le crime n'est pas celui qu'on croit ; un roman plus tordu qu'un politicien en campagne.
Une histoire qui s'amuse ouvertement d'en être une avec des effets de lampshading* judicieux, bref un moment de lecture plus que recommandé.
C'est le premier livre de Cook que je lis, et ce ne sera pas le dernier.  
_________
Le « lampshading » est un artifice - contre-intuitif - qu'on utilise pour désamorcer une situation, souvent un stéréotype pour ne pas dire un cliché, ...... en attirant l'attention sur ce dernier.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

David Galula et la théorie de la contre-insurrection [Driss Ghali]

D avid G alula (1919-1967) est un stratégiste français, passé par Saint-Cyr , qui a participé à la seconde Guerre Mondiale, et à la guerre d'Algérie.             Attaché d'ambassade en C hine auprès du colonel J acques G uillermaz à partir de 1945, puis membre de la commission spéciale des Nations Unies dans les Balkans , il a l'occasion d'observer de très près la guerilla qu'y livre M ao T sè- T oung, ainsi que la guerre civile grecque. De 1951 à 1956 il est attaché militaire à H ong-Kong où il rencontre notamment des spécialistes américains et anglais de la contre-insurrection. Laquelle deviendra son champ d'expertise, fort de ce qu'il a appris en Chine et en Grèce .             De 1956 à 1958, il mettra en pratique ses théories en Algérie où il est affecté, et plus précisément dans le djebel Mimoun , en Grande Kabylie .          ...

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Interdit en Allemagne , ce qui lui a fait profiter de l’Effet Streisand™ (du moins sur X ® ) Citizen Vigilante est donc le dernier film en date du réalisateur allemand U we B oll - « le pire des meilleurs réalisateurs ou le meilleur des pires réalisateurs », a-t-on pu dire de lui.              L’argument du film est celui-ci : un riche Américain, Sanders ( A rmie H ammer, impeccable comme le reste de la distribution), ex-militaire, décide de palier l’incurie du système judiciaire d’un pays d’ Europe en appliquant une justice expéditive en dehors de tout cadre légal ( vigilantism ).              Compte tenu du courage politique d’ U we B oll, son film ne fera pas parler de lui. À l’instar cela dit, de ce qu'il montre.  Car B oll s’attaque à une « vache sacrée » des démocraties occidentales : la surreprésentation de l’immigration de masse dans les crimes et délits. Mais aussi et surtout, la protection dont bénéf...