jeudi 28 janvier 2010

Le Fulchibaritsu

J'ai envie aujourd'hui de vous parler du Fulchibar et plus précisément de l'un de ses aspects, le Fulchibaritsu.

... Le Fulchibaritsu trouve ses origines auprès d'Alexandre le Grand, pas du souverain lui-même mais plutôt de l'incidence de sa politique sur les affaires humaines.
Une politique faite de conquêtes qui a généré un syncrétisme culturel extrêmement vivace, notamment au sein de ses armées.

En 325 avant J-C lorsque le roi de Macédoine quitte la vallée de l'Indus dans les circonstances que l'on sait, une partie de son armée reste sur place, notamment un petit groupe qui nous intéresse particulièrement, et qui sera à l'origine du Fulchibaritsu.

Il est notoire que les hommes composants les régiments d'Alexandre étaient des pratiquants de Pancrace et de Pugilat, des arts de combat pratiqués quotidiennement par les soldats.
Ainsi donc au fil des campagnes ceux-ci purent améliorer leurs connaissances à la fois théoriques et pratiques du combat à mains nues grâce à l'apport d'un savoir nouveau du fait de l'enrôlement de "troupes indigènes", au fur et à mesure de l'avancée des différentes conquêtes.

Le groupe dont il est question va s'établir en une communauté ouverte et ainsi bénéficier de l'apport d'une nouvelle strate de connaissances dispensée par leur terre d'accueil l'Inde, véritable carrefour culturel.

La rencontre des soldats d'Alexandre et des gymnosophes indiens va introduire une notion fondamentale du Fulhibaritsu, certes connue et acceptée en grande part aujourd'hui (mais beaucoup moins à cette époque du moins en occident) celle de l'indivisibilité du corps et de l'esprit : "La méditation en action vaut dix, cent, mille fois mieux que la méditation au repos".

Cette approche globale, holistique dirais-je va permettre au Fulchibaritsu d'être en avance sur son temps. Jugez vous même.

Ainsi, penser et réfléchir sont appréhendés par le Fulchibaritsu comme opposés mais complémentaires :

- Penser c'est traiter de l'information, conceptualiser, créer des représentations abstraites.

- Alors que réfléchir, c'est renvoyer l'image de la réalité, c'est accéder à une information brute dont par exemple l'intuition - que certains décrivent comme "une découverte sans preuve" - est la manifestation la plus évidente.

Vous voyez les vastes perspectives qu'une telle conception permet.

Si le Fulchibar est considéré d'un œil dubitatif notamment à cause de l'aura "surnaturelle" qui l'entoure, il ne faut pas perdre de vue que pour un homme de XI° siècle par exemple tout ce qui nous semble naturel aujourd'hui lui apparaîtrait comme surnaturel.

Oublions donc nos préjugés et voyons quelques exemples concrets.

Je sens que je sens ; j'existe parce que je m'en aperçois
Maine de Biran

... Le Fulchibaritsu a mis l'accent dés ses débuts (300 avant J-C) sur le développement de notre sixième sens.

Celui que Charles Scott Sherrington mettra en évidence au début du XX° siècle en le définissant comme "un flux sensoriel continu, mais inconscient, qui traverse les parties mobiles de notre corps et grâce auquel, leur position, leur tonus et et leur mouvement sont en permanence contrôlés et adaptés d'une façon qui nous demeure cachée en raison de son caractère automatique et inconscient" : la proprioception (ou sens tactile interne).

Sentir la position de ses membres par rapport aux autres (statesthésie) ou en évaluer le déplacement (kinesthésie) est l'une des bases du Fulchibaritsu.

À tel point qu'un pratiquant avancé peut, lors d'un combat par exemple, appliquer la kinesthésie à son adversaire et ainsi donner l'impression d'anticiper ses mouvements.

Un autre exemple utilise l'idée de "mouvement ondulatoire".

Lors d'un coup de poing le mouvement "part" de la hanche qui pivote dans le sens du mouvement, "monte" jusqu'à l'épaule qui "engage" le bras (coude pointé vers le bas, poing pouce en haut) qui remonte vers la "cible". Le mouvement ondulatoire démultiplie l'onde de choc du coup sans pour autant demander plus d'énergie.

Cependant l'esprit n'est pas oublié.

Comme dit précédemment la perspective holistique, entraîne de facto le Fulchibaritsu à développer une "philosophie de la vie" (terme un peu pompeux, je vous l'accorde).

De fait, à l'instar du I Ching ou des "stratégies obliques" de Brian Eno le Fulchibaritsu s'est construit un arsenal de citations plus ou moins brèves utiles pour inspirer, relancer, ou orienter sur une nouvelle voie ce que l'on fait ou ce que l'on s'apprête à faire :

Par exemple le Fulchibaritsu préconise de se lever de bonheur, ce qui a l'énorme avantage pratique d'offrir de se lever de bonheur .... à toute heure.

Comme vous pouvez le voir le Fulchibaritsu offre un panorama des plus enrichissants. Il n'est alors pas étonnant que d'illustres personnalités l'aient intégré à leur pratique quotidienne. Sherlock Holmes n'est pas le moindre, même si le docteur Watson utilisa un subterfuge en parlant de Baritsu.

1 commentaire:

  1. Notons qu'à l'époque hellénistique, les manifestations de fulchibaritsu étaient placées sous le patronage conjoint des dieux Ptah (égyptien) et Gueulalarécré (kafiristanais), ce qui change tout, et qui a généré une salutation traditionnelle qui a encore cours aujourd'hui.

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