dimanche 5 juin 2016

Empire T4 : Le sculpteur de chair (Igor Kordey, Jean-Pierre Pécau)

Le 30 décembre 1924 l’astronome Edwin Hubble annonce la découverte de nouvelles galaxies.
Douze ans plus tôt, en janvier 1912, dans les pages de The Century Magazine, Carolyn Wells provoque la réunion des plus brillants cerveaux occidentaux de l’époque : Sherlock Holmes, le chevalier Auguste Dupin,  le professeur S.F.X. Van Dusen, etc. ; et de fait agrandit, et modifie elle aussi l'idée que l'on se faisait de l’univers : celui de notre imaginaire collectif.

Cette rencontre conduira à la théorie dite du champ unifié de la fiction qui permet de réunir sur un même plan d’existence des personnages et des individus venus d’univers différents voire antinomiques.
Si l’année 1912 est à marquer d’une pierre blanche, deux autres dates toute aussi importantes me viennent à l’esprit :

1972 : Philip José Farmer révèle ce qui s’est déroulé en 1795 aux alentours de la bourgade de Wold Newton dans le Yorkshire (Angleterre) dans son ouvrage TARZAN ALIVE (TARZAN VOUS SALUE BIEN – éditions du Champ Libre/1978).

1999 : Alan Moore dévoile les agissements de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires.   
EMPIRE T 04
Depuis Carolyn Wells notre imaginaire collectif, que je compare volontiers à un multivers, a connu un développement exponentiel grâce à certains facteurs qui ont pérennisé, voire accéléré le mouvement.
Je vous cite les plus notables à mes yeux :
Notre entrée dans l’ère postmoderne, véritable miroir aux silhouettes, qui ajoute au plaisir de la lecture celui de l’analyse.
Une esthétique de la fusion (des genres) portée à un point d’incandescence qui semble ne plus connaître de limite.
Et enfin, un domaine public en constante expansion, dont la population s’accroît d’année en année.
« Les plus petites circonstances conduisent les plus grands événements. (...) j'aurais atteint Constantinople et les Indes : j'eusse changé la face du monde ! »
Napoléon Bonaparte, MÉMOIRES DE SAINT-HÉLÈNE.

Pour les besoin d’EMPIRE, Jean-Pierre Pécau et Igor Kordey convoquent romanciers, figures historiques et personnages de fiction (originaux ou apparaissant d’autres œuvres) pour une série d’aventures uchroniques, de celles où l’Histoire avec sa grande hache diverge de celle que l’on connaît, et donne un nouveau destin à ceux qui l’ont façonnée. 
Mais Empire ne s’arrête pas à  l’Histoire, elle envisage aussi que le progrès technologique est arrivé plus tôt que dans notre continuum temporel.
C’est ce que l’on nomme le steampunk, une succursale de la S-F qui s’efforce d’imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt.    
On dit parfois que la science-fiction est un imaginaire qui se construit par accumulation et enrichissements successifs, chaque nouvel auteur bâtit sur les acquis de ses prédécesseurs ; la série EMPIRE en est la preuve flagrante.

Plus encore, elle prouve (s'il en était besoin) qu’il est possible de produire une œuvre captivante de cette manière.

1 commentaire:

  1. Je viens de prendre ce tome chez mon libraire. J'attendais la suite de cette série depuis des années, je désespérais de l'avoir jamais.


    Jim

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