Accéder au contenu principal

Lenny Zero [Andy Diggle/Jock] Judge Dredd Megazine

Biberonné depuis l'âge de 10 ans à « la plus grande bande dessinée de la galaxie », Andy Diggle se retrouve en l'an 2000 sur le siège de rédacteur en chef du Judge Dredd Megazine, né 13 ans après son prestigieux grand frère [Pour en savoir +]. Et c'est justement à cause d'un anniversaire que Lenny Zero y fit ses premières armes.

.... En l'an 2000 Rebellion Developments, entreprise de développement de jeux vidéo achète les magazines 2000AD et Judge Dredd Megazine à l'éditeur Fleetway, Andy Diggle est alors editor (rédacteur en chef) du second.
Cette année-là, le mensuel Judge Dredd Megazine fête son dixième anniversaire et, malgré le rachat par Rebellion Development, le budget est encore serré, mais Diggle veut néanmoins marquer le coup.
La couverture dessinée par Frank Miller destinée au Meg 173

Et ce sera au travers d'une couverture, commandée à une vedette du Neuvième art : Frank Miller.
Entre temps, Andy Diggle est devenu editor de l'hebdomadaire 2000AD, et David Bishop, dont il a été l'assistant-editor pour Judge Dredd Megazine, en est devenu l'editor. Et c'est Bishop qui recevra la couverture dessinée par Miller pour le magazine anniversaire (le n°173).

Bishop, et le scénariste John Wagner présent à ce moment-là, décideront de ne pas la publier (pour le dire de façon diplomatique, pour divergences artistiques) et feront appel à l'artiste Siku pour qu'il en dessine une autre (ci-contre). 

Mais quel rapport avec Lenny Zero, me direz-vous ?

.... Eh bien comme je l'ai dit, la trésorerie du mensuel ne permettait pas de faire de folies, et pour équilibrer son budget, suite à l'achat de la couverture à Miller, Diggle avait calculé qu'il devait écrire une histoire de 10 pages .... pour rien.
Extraits du carnet de croquis de Jock

Problème supplémentaire, à l'époque un règlement interne ne permettait pas à un editor de 2000AD ou de Judge Dredd Megazine, d'écrire pour le magazine qu'il supervisait. Mais Diggle, qui brûlait de devenir scénariste passa outre. 

Toutefois, peu sûr de lui, il demanda l'avis de Steve MacManus (ancien editor de 2000AD) et à John Wagner scénariste qu'on ne présente plus, en cachant l'identité du scénariste. Après que les deux professionnels aient dit tout le bien qu'ils pensaient de son scénario et de ses dialogues, Andy Diggle prit contact avec le dessinateur Eduardo Risso, dont le Jonny Double écrit par Brian Azzarello partage plus d'un point commun avec son propre scénario (en plus de la proximité onomastique : Jonny Double/Lenny Zero), qui refusa.

Son deuxième choix fut le bon.     

Jock, encore jeune dessinateur y livre ce qui est pour moi sa meilleure prestation. Rien dans toute sa formidable carrière n'égale à mon avis, pour l'instant, ses épisodes de Lenny Zero

Le transfert d'Andy Diggle au poste d'editor de l'hedbdomadaire 2000AD en juillet 2000, permit de publier dans le Judge Dredd Megazine 3.68 (août 2000) cette aventure, sans enfreindre le règlement intérieur alors en vigueur. 
Dix pages d'action qui sont aussi, au demeurant, un excellent point d'entrée dans l'univers du Judge Dredd et de Mega-City One ; comme nous le verrons dans le prochain épisode consacré à Lenny Zero


(À suivre ......)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes, relaunchs, reboots, voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ».
En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock, un personnage créé par Rich Buckler & Doug Moench pour Marvel [Pour en savoir +], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à Charlie Huston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight, qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. Huston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et particulièrement pour les u…

Blues pour Irontown [John Varley / Patrick Marcel]

Ça commençait plutôt mal. 
L'idée d'un détective privé du futur, fondu de ses lointains confrères des années 1930, avait tout d'un Polaroid™ bien trop souvent photocopié. Mais peut-être que cet amour des privés made in Underwood© allait-il être de la trempe du fusil de Tchekhov ?
Si la présence, dès les premières pages, d'une « femme fatale », semble donner le ton. Si l'ombre porté du Faucon maltais ne fera que se renforcer. La profession de détective privé semble aussi utile à l'intrigue du roman qu'un cataplasme à la moutarde sur une jambe de bois. 

       Une intrigue qui, nonobstant le titre du roman, tient plus de la berceuse que du blues.   

Fort heureusement, John Varley gratifie son roman d'une très belle idée ; au travers du personnage nommé Sherlock. Rien qui ne rattrape totalement l'ennui profond d'une enquête poussive, et  au final, sans grand intérêt. Mais les chapitres racontés par ledit Sherlock sont les plus intéressants, les plus ém…