Accéder au contenu principal

Nightwing : Premiers pas à Blüdhaven


 …. Rien que de très culturel chez Chuck Dixon, que de faire de Blüdhaven (nom pas très éloigné de Bloodhaven), un ancien village de baleiniers. Lui qui déclara que sa principale influence est Marc Behms †, romancier américain, installé en France, dont les polars obéissent tous à un tempo au cordeau : pas une minute à perdre, pas de graisse, et ce dès l'entame. 
Chuck Dixon, co-créateur de Bane, est également un scénariste réputé pour son sens de l’action épuré. 
Scott McDaniel, Karl Story & Roberta Tewes savent aussi créer des ambiances

Réputé à droite de l’échiquier politique, il revendique cependant d’écrire des personnages qui ne font pas l’apologie de ses idéaux. Ainsi a-t-il scénarisé les aventures de Batman, lequel n’utilise pas d’arme à feu (et évite de tuer ses adversaires) ; quand bien même Dixon est-il lui-même encarté à la puissante NRA

Scott McDaniel quant à lui, est un dessinateur au trait résolument ruptile. Ses cases, à la construction parfois tuilées, et ses splash pages explosent sous la pression de leur propre énergie. Personnages grimaçants, gros plan, découpage agressif, parfois à la limite de la lisibilité, tout chez lui inspire l’essoufflement, la sueur et l’effort. 
L’artiste idéal pour un Nightwing (alias Dick Grayson, et anciennement Robin le « Boy Wonder ») pressé d’en découdre en solo, dans son nouveau fief, dans une ambiance qui doit parfois à Frank Miller.
Très rythmés, ces 8 numéros, regroupés dans un hors-série récit complet par Urban Comics pour moins de 6 €  (je salue le rapport quantité/prix) imposent avec une aisance déconcertante et un sens du cliffhanger décapant, une flopée de nouveaux personnages et une intrigue rythmée, sans jamais perdre son lecteur. Ça va très vite, c’est nouveau, mais Chuck Dixon écrit visiblement pour donner à ses lecteurs leur content d’aventure et d’action.

…. Récit organique et généreux, et traduit par Alex Nikolavitch, Premiers pas à Blüdhaven est un arc, venu tout droit des nineties, à découvrir ; surtout par les lecteurs qui se plaignent – comme moi – des histoires trop référencées (pour ne pas dire postmodernes), lentes (pour ne pas dire dilatées), et dont les scénarios tiennent tout entier, et largement, sur le culot d’une 9 mm Parabellum™. 

#kisskissbangbang
______________ 
J'ai dû, pour illustrer mon billet, utiliser d'autres sources que le recueil d'Urban Comics, pas facile à numériser, en si peu de temps.

Commentaires

  1. Merci pour ce conseil de lecture, je vais me laisser tenter même si je suis beaucoup moins kiosque qu'il y a quelques années.
    Quand on décroche, on décroche...

    J'aimais bien cette période chez DC, ainsi que ce titre et ces auteurs.

    Je n'ai jamais bien compris pourquoi Dixon avait claqué la porte de DC, alors que c'était parfois presque avoir un emploi à vie avec eux, de même que Mc Daniels demeure sous utilisé...

    J'espère aussi qu'Urban va continuer dans l'exhumation de perles de jadis comme ils l'ont fait avec Les héros de Charlton comics, la justice league de Matteis et Giffen, ou encore le Wonder Woman de Perez...

    Quelques petites sagas comme Eclipso, du moins les meilleurs morceaux, seraient par exemple les bienvenues...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans la série, exhumons les perles du passé, Urban kiosque a sorti il y a quelques mois la série de Goodwin et de Simonson : Manhunter. Je ne sais pas si tu l'as lue ?

      Pour Dixon, je crois qu'il a été pris en grippe à cause de ses convictions politiques, très à droite, et qu'il revendique malgré tout d'écrire en faisant abstraction de ses convictions. Alors que les "gauchistes" ne s'en privent pas.
      Quelque chose dans ce goût-là

      Supprimer
    2. Oui...J'ai vu que j'avais manqué le fameux Manhunter mais je devrais le rattraper.

      En ce moment, je suis sur Fables, ce qui n'est pas une mince collection eu égard aux 150 numéros US de la série.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes, relaunchs, reboots, voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ».
En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock, un personnage créé par Rich Buckler & Doug Moench pour Marvel [Pour en savoir +], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à Charlie Huston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight, qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. Huston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et particulièrement pour les u…

Blues pour Irontown [John Varley / Patrick Marcel]

Ça commençait plutôt mal. 
L'idée d'un détective privé du futur, fondu de ses lointains confrères des années 1930, avait tout d'un Polaroid™ bien trop souvent photocopié. Mais peut-être que cet amour des privés made in Underwood© allait-il être de la trempe du fusil de Tchekhov ?
Si la présence, dès les premières pages, d'une « femme fatale », semble donner le ton. Si l'ombre porté du Faucon maltais ne fera que se renforcer. La profession de détective privé semble aussi utile à l'intrigue du roman qu'un cataplasme à la moutarde sur une jambe de bois. 

       Une intrigue qui, nonobstant le titre du roman, tient plus de la berceuse que du blues.   

Fort heureusement, John Varley gratifie son roman d'une très belle idée ; au travers du personnage nommé Sherlock. Rien qui ne rattrape totalement l'ennui profond d'une enquête poussive, et  au final, sans grand intérêt. Mais les chapitres racontés par ledit Sherlock sont les plus intéressants, les plus ém…