mardi 28 décembre 2010

Le Flingueur



... Le Flingueur débute in medias res et, durant 15 minutes aucune parole n'est échangée, aucune relation n'est tissée entre les personnages ; on suit les préparatifs méticuleux d'un assassinat. Si cette entrée en matière est un véritable tour de force elle est aussi l'incipit du film, et le portrait psychologique d'Arthur Bishop.

Entropie : Grandeur qui permet d'évaluer la dégradation d'un système. Désordre.

Le 2ième principe de la thermodynamique peut s'énoncer de la façon suivante : Toute transformation d'un système thermodynamique s'effectue avec une augmentation de l'entropie incluant l'entropie du système et celui du milieu extérieur.

Arthur Bishop est un homme qui évolue selon ses règles, détaché, hiératique, monolithique, ... en un mot mécanique. Arthur Bishop est un tueur à gages.
Deux séquences sont emblématiques du personnage : celle ou il va rendre visite à son "amie", et celle où il est sollicité par un ami de son père,  on y voit clairement la relation qu'il entretien avec son "biotope". Cependant cette belle mécanique va être grippée par l'arrivée d'un jeune trublion à sang froid lui aussi : Steve McKenna.     

L'inévitable toile euristique,  indispensable artefact psychogéographique à partir duquel né le plan, celui qui permet l'élimination de la cible
Son arrivée est par ailleurs placée sous le signe de l'argent, de la mort et de la perturbation, un triptyque qui va se révéler fractal à l'échelle macroscopique. Une perturbation d'abord légère comme celle d'un papillon, puis au cimetière un peu plus prononcée pour aboutir à une forme d'apothéose chaotique lors de la fête qu'il a organisée impulsée dans sa nouvelle maison, héritée à la mort de son père. Mais cette apothéose ludique est surtout un présage, comme l'on dit : "Pour connaître le futur, il suffit d'attendre !".

Mais comme chacun sait également, les contraires s'attirent et Bishop le prendra sous son aile comme jeune apprenti. Une polarité toute relative toutefois, puisque les deux hommes montrent la même froideur envers leurs contemporains.


Sec comme un coup de trique sur des fesses de bébé, Le Flingueur (The Mechanic) est un film à découvrir ou à revoir, l'interprétation de Charles Bronson y est magistrale et la construction du récit est  une belle architecture. La fin agissant comme un feedback  sur l'histoire en lui donnant une nouvelle valeur de sortie.

Probablement l'un des mes films favoris avec cet acteur, à égale position dans mon palmarès personnel avec Le passager de la pluie de René Clément.

5 commentaires:

  1. Bronson a été souvent critiqué pour son jeu monolithique. Cette économie sert le propos du film. (Avec une narration qui sollicite le spectateur - le genre de film difficile à apprécier pour le public de la télévision.

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  2. Comment ça "le public de la télévision" ?

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  3. Parce qu'il a tendance à zapper si l'histoire met du temps à déraper.
    (Et puis, comment apprécier l'atmosphère d'un film si on est dérangé par des pubs - sans parler des interférences extérieures.)

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  4. Je voulais dire "si l'histoire met du temps à démarrer".

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  5. Le Flingueur est un très bon film policier que j'ai eu l'occasion de revoir récemment en streaming : un grand rôle pour Charles Bronson et un grand film du réalisateur Michael Winner http://www.telecharger-film.eu/le-flingueur à ne manquer sous aucun prétexte et à télécharger rapidement : si quelqu'un à un lien pour le télécharger gratuitement (ou pas trop cher) je suis preneur ! ;-)

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