mercredi 13 juillet 2016

The Mighty Avengers #21 à 25 (Dan Slott & Co.)

…. J’ai déjà mentionné lors d’un de mes commentaires ©™ précédents l’heureuse formule qu’avait eu Grant Morrison au sujet des Avengers lorsqu’il disait que cette équipe de l’écurie Marvel n’était ni plus ni moins, qu’une équipe de football (Pour en savoir +). 

Aujourd’hui je dirais que le scénariste écossais avait vu « petit » ! [-_ô] 

En effet, les Vengeurs c’est plutôt un immense mercato sans cesse de retour ; et les annonces de ces derniers jours : Occupy Avengers, Avengers par Mark Waid, Avengers 1.1, les Vengeurs de Bendis ou de Johnathan Hickman, etc. ; confirme facilement ma nouvelle perspective.

…. Du neuf avec du vieux 

…. Lorsque Dan Slott reprend The Mighty Avengers (au #21/Marvel Heroes n°24 chez Panini) il active comme il se doit un nouveau « marché des transferts » (ou mercato). 

Astucieusement, il s’appuie pour construire sa nouvelle équipe sur une formule qui a déjà fait ses preuves par le passé, tout en y ménageant une modalité originale du plus bel effet. 
Comme le dit la sagesse populaire, « rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme ». 

Et les trois premiers numéros du nouveau scénariste ont tout l’air d’un essai diablement bien transformé. 

L’épisode #24 quant à lui redistribue les cartes et consolide la place du leader de l’épique. 
Un personnage sur lequel Dan Slott s’était attardé lors de son run sur Avengers : The Initiative (Pour en savoir +). 
Un homme plein de ressources - dont une foultitude de concepts S-F comme je les aime - qui sont autant de promesses d’aventures, et un caractère volcanique dont les irruptions n’en doutons pas, seront tout aussi productives en rebondissements dramatiques que ses ressources technologiques. 

Le numéro suivant s’essaie à la géopolitique fiction, et s’invente - dans la grande tradition du genre - un ennemis. 
Vous le savez si vous me lisez déjà, que l’une de mes théories sur les super-héros, veut qu’ils s’inventent des ennemis – et non pas le contraire : ce n’est pas l’apparition d’une menace qui entraîne l’apparition d’une contre-mesure positive en la personne d’un super-héros, mais au contraire l’apparition d’un super-héros qui génère des « super-menaces ». 
Une manière, entre autres, de prolonger leur existence ad vitam æternam. Ou presque. 

Or donc les Mighty Avengers s’inventent donc un ennemi, et pas n’importe lequel !

En cela ils sont tout à fait dans l’air du temps où, au lieu de s’opposer à des super-vilains, les super-héros d’aujourd’hui combattent plus volontiers leurs homologues. 

 …. En tout état de cause, Dan Slott (avec une flopée d’artistes) donne un joli potentiel à son équipe, et une dynamique qui procure vraiment l’envie d’en savoir plus. 

À ce propos, écrire des épisodes qui suscitent à la fois suffisamment d’intérêt tout en excitant suffisamment la curiosité pour en poursuivre la lecture sur plusieurs numéros n’est certainement pas aussi simple que cela en à l’air. 
Et pourtant Slott s’en sort haut la main. 

 …. Je pense donc je suis 

 …. Dan Slott, en plus de faire du neuf avec du vieux de manière très élégante au niveau scénaristique, dote ses personnages d’une vielle astuce de siouxe largement tombée en désuétude : la bulle de pensée. 

Je me souviens avoir lu les propos d’un « professionnel de la profession » qui disait tout le mal qu’il pensait de ce type de phylactères en avançant l’argument suivant : si le scénariste utilise des bulles de pensées, il doit montrer toutes les pensées des personnages et pas seulement celles qui font sens avec la situation du moment. 
Certes, mais tout autant que les scénaristes sélectionnent si je puis dire les moments qu’ils montrent aux lecteurs, ainsi que tel ou tel dialogue et non pas la totalité de leurs actions ou tout ce que les personnages disent, les bulles de pensées peuvent n’apparaître que lors de certains moments. 
Et loin de n’être qu’un béquille pour scénaristes en mal d’idées, elles peuvent aussi être des artifices intéressants à utiliser. 
Une histoire ne tient debout pour ainsi dire, que grâce à une convention, un pacte que les auteurs passent avec les lecteurs. 
Et les bulles de pensées peuvent tout aussi bien que le reste faire partie de ce pacte.

Et pour le coup Slott fait un bel usage de ces phylactères. 

Or donc, cinq excellents numéros traduits par Jérémy Manesse et lettrés par Gianluca Pina disponibles dans la revue Marvel Heroes (n°24 à 28) 

(À suivre …)

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