Accéder au contenu principal

The Mighty Avengers (#26 à 33) Dan Slott & Co.

.... S'il est possible de voir, comme je l'ai dit (Pour en savoir +), les différentes équipes d'Avengers comme des équipes de football évoluant dans un grand mercato, Slott en fait aussi - pour continuer à paraphraser Grant Morrison - une sorte de panthéon à la JLA.
Comme le scénariste écossais l'avait fait pour la Justice League of America Dan Slott imagine pour ses Vengeurs des menaces bien au-delà des contingences humaines.
Voyez plutôt : Cube cosmique, concept incarné, civilisation cachée, magie, mythologie, magie,etc.
.... Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie

.... Le scénariste profite de son run pour dresser aussi une taxonomie des scientifiques de l'univers Marvel : l'explorateur, l'ingénieur et le magicien.
Cette volonté de caractériser ses personnages on la retrouve aussi chez les Mighty Avengers et les Avengers de l'Initiative
Si Slott s'est occupé des deux équipes il a eu l'intelligence (et le talent) d'en faire deux équipes différentes.
Chez lui, pas de nivellement ; s'il s'inspire de formules (ce que je crois) il sait pour ainsi dire les "customiser" et les adapter aux "pitch" qu'il développe.
Les nouvelles recrues du camp Hammond ne sont pas les Puissants Vengeurs.

The Mighty Avengers montre aussi que le scénariste sait efficacement gérer ses enthousiasmes, et les intégrer intelligemment à ses desseins.

.... Docteur comment ?

.... Pour qui s'intéresse à la bande dessinée américaine, ce qui est un minimum lorsqu'on se propose de la commenter ou de la critiquer...
En effet il me semble juste de connaitre le sujet dont on parle - et pas seulement de façon superficielle : quels sont les auteurs importants du médium, qu'ont-ils écrit, dessiné ? Quels sont les modes de publication outre-Atlantique, quel est le travail des lettreurs, qui sont-ils ? Celui des traducteurs ? Quand sont apparus les comic books ? etc.

Bref de mon point de vue, commenter ©™ un ouvrage requière non pas un travail équivalent à ce qui a permis à celui-ci de paraître, mais au moins un travail de fond sérieux, toutes choses égales par ailleurs. 
Or donc, pour qui s'intéresse à la BD U.S. disais-je, il est notoire que Dan Slott est un fan de la série télévisée Doctor Who et, d'une certaine manière, son run sur The Mighty Avengers bénéficie de l'ombre portée amicale du célèbre extraterrestre.

Dan Slott fait du docteur Pym une sorte d'alter ego marvelien du héros de la BBC et les références sont suffisamment nombreuses et explicites pour ne pas être que des coïncidences.
Même l'idée du "scientifique suprême" qui fait sens dans l'univers 616 (l'univers Marvel de référence), ne me semble pas très éloignée de celle de "Seigneur du temps" (Time Lord).
Surtout de la manière dont cela est fait dans le numéro en question. 
On retrouve aussi sous une forme "customisée" le "tournevis sonique", et même le TARDIS trouve son équivalent dans la "Manoir Infini". Un rapprochement qui saute au yeux si on veut bien prendre en compte la place qu'occupe Jocaste dans sa conception, et la nature même du TARDIS. Ainsi bien sûr que leur finalité : QG et "moyen de transport". 
Doctor who ?
.... L'un des aspects les plus agréables de la série est la manière dont Slott soigne ses personnages, il leur donne toujours à un moment ou à un autre l'occasion de justifier leur présence grâce à des caractéristiques qui les rendent indispensables à l'histoire.
Il démontre qu'il est capable de donner de l'envergure à n'importe quel personnage, et valide l'idée que tous les personnages, si l'auteur veut s'en donner la peine, sont dignes d'intérêt.  
(Voilà pourquoi je suis en priorité des auteurs, et pas des personnages).

... Deux regrets toutefois, le passage de Dan Slott sur la série est très court (il me reste encore deux épisodes à lire et c'est tout), et il n'a pas eu de collaborateurs artistiques à mon goût.

(À suivre ...)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes, relaunchs, reboots, voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ».
En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock, un personnage créé par Rich Buckler & Doug Moench pour Marvel [Pour en savoir +], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à Charlie Huston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight, qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. Huston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et particulièrement pour les u…

Blues pour Irontown [John Varley / Patrick Marcel]

Ça commençait plutôt mal. 
L'idée d'un détective privé du futur, fondu de ses lointains confrères des années 1930, avait tout d'un Polaroid™ bien trop souvent photocopié. Mais peut-être que cet amour des privés made in Underwood© allait-il être de la trempe du fusil de Tchekhov ?
Si la présence, dès les premières pages, d'une « femme fatale », semble donner le ton. Si l'ombre porté du Faucon maltais ne fera que se renforcer. La profession de détective privé semble aussi utile à l'intrigue du roman qu'un cataplasme à la moutarde sur une jambe de bois. 

       Une intrigue qui, nonobstant le titre du roman, tient plus de la berceuse que du blues.   

Fort heureusement, John Varley gratifie son roman d'une très belle idée ; au travers du personnage nommé Sherlock. Rien qui ne rattrape totalement l'ennui profond d'une enquête poussive, et  au final, sans grand intérêt. Mais les chapitres racontés par ledit Sherlock sont les plus intéressants, les plus ém…